Récit reconstituté par Jean-Marie BESSON,
petit fils d'Abel BESSON

 

Le Front d’Orient du 2 février 1917 au  11 juin 1918

 

Le périple d’Abel est reconstitué en exploitant :

. La liste qu’il a dressée des localités traversées.

. Les souvenirs confiés oralement à son fils André.

. « Le journal de route » de Damien Chauvin,  camarade de régiment et avec lequel il avait passé le conseil de révision.

. L’historique du Régiment, étant précisé que le brevet de la décoration italienne décernée à Abel nous précise qu’il était affecté au 3e groupe du 19e RAC.

 Ici sont rassemblées des photographies (source « Base Mémoire », Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, Ministère de la culture), des cartes postales, une carte postale personnelle et des notes et cartes  illustrant ce périple.

Embarquement sur le «  Melbourne » le 02 février 1917

Le « Melbourne » (1)

(1) La carte postale ci-dessus précise que le « bateau est parti de Marseille le 2 février 1917, ayant à son bord…un détachement du 19e d’artillerie », et Abel avait confié à son fils André qu’il avait pris le Melbourne pour rejoindre le front d’Orient et que le commandant du navire, comme tous les autres commandants, redoutait la présence de sous-marins allemands en embuscade au passage du cap Matapan.

Le « Melbourne » 1881-1921, paquebot des Messageries Maritimes avait déjà été réquisitionné en Méditerranée, pour participer en 1916 avec 4 autres paquebots au transport de 50 000 soldats serbes de Corfou à Salonique. Le « Melbourne» était prévu pour accueillir 90 passagers en 1ère classe, 44 passagers en 2de classe, 75 passagers en 3° classe et 1200 hommes à l’entrepont. (NDE)

 

La Macédoine, théâtre des opérations
 

Carte ethnographique de la Macédoine, point de vue serbe

 

De Salonique à Monastir

Parmi les localités citées :

Salonique

Salonique du haut du Minaret de Atcha Mitchi Djami

Salonique « vers la victoire ! »

Salonique 19 avril 1917

Poilu français et habitants de Salonique

 

Salonique, le campement français

Salonique, musique dans le campement français

Route de Salonique à Monastir, convoi de ravitaillement

Route de Salonique à Monastir, convoi de ravitaillement

Zeitenlic

Zeitenlik (anciennement) ; Stavroupoli (actuellement)

Dans les Balkans, le camp de Zeitenlic 

Après le débarquement, on nous dirigea sur le camp de Zetinlik à plusieurs kilomètres de la ville. Ce camp se trouvait dans la plaine de Vardar. Pas un arbre, pas une ferme, la voie de chemin de fer à proximité et nous étions couchés sous des toiles de tente.  

Nous avons subi un mois de mauvais temps, pluie, vent. Les tentes étaient arrachées, le fourrage des chevaux enlevés, enfin, un vrai désastre.  

En février 1917, nous nous mettons en marche le long de la plaine de Vardar, traversant les rivières, marais à guet, ou pullulaient les sangsues qui collaient aux pattes des chevaux ou à leurs naseaux quand ils buvaient (NDE, in « Le journal de route » de Damien Chauvin).

 

Vatiluk  

Vatiluk (anciennement) ; Vathilakos (actuellement)

 

 La ligne de chemin de fer du Decauville(1), les mulets. (7-9 juin 1916) 

                                                      

  La ligne de chemin de fer Decauville Narès-Inglis-Topçin-Vatiluk ravin de Vatiluk, (décembre 1916)                    

  

Dans le secteur de Verketop – Vodena  

Verketop (anciennement) ;  Skidra (actuellement)  

Vodena(anciennement) ; Edhessa (actuellement)

 

La plaine inondée de la Moglenica et le massif du Moglena  (février 1917) 

(1) Decauville : Nom du constructeur français de matériel ferroviaire,  fournisseur du chemin de fer à voie de 60 cm utilisé par l’Armée,
sa grande facilité de transport permettait de reconstuire des voies ferrées sur le front.(NDE)   
 
                                                                   

Troupes et convois dans le brouillard (avril 1917)                                                  

 

Vue générale du camp aux environs de Vodena (mars 1917)

 

Un dépôt d’automobiles aux environs de Vodena (avril 1917)

 La boucle de la Cerna

 

La boucle de la Cerna avec les environs de Florina et de Monastir 
Les localités citées par Abel

 

La boucle de la Cerna

 

Le front en 1917, l’unité d’Abel est en appui des troupes italiennes

 

 

Florina

 

Florina, le marché central

 A Florina, Abel rencontrera Elie Charbonnier natif lui aussi de La Javie, lequel deviendra plus tard maire de la Javie. Ce dernier évoquera, à l’occasion des obsèques d’Abel en 1967, leur rencontre à Florina en 1917 :  

 « …comme moi, enfant du pays il s’est dépensé sans compter pour ses compatriotes auprès desquels il a rempli avec dévouement maintes fonctions locales avec seules récompenses, la satisfaction du devoir accompli. Je n’oublierai jamais les quelques moments heureux que nous passions ensemble à Florina (Macédoine) où notre cher village fut l’objet de toute notre attention… » (NDE, Carte de condoléances adressée à la famille, par Elie Charbonnier).

 

Match de football sur la grande place de Florina 1918

 

L’hôpital temporaire de Florina

Abel  vient rendre visite à son camarade Damien Chauvin. 

 « Le 10 mai (1917)  au soir (jour de mon anniversaire)  nous fumes bombardés par obus à gaz jusqu’à 4 heures du matin. Toute la nuit j’ai fermé la culasse du canon et tiré le cordon de mise à feu car en position, j’étais soit chargeur, soit tireur. 
Au cessez le feu j’avais tellement respiré des gaz, malgré le masque protecteur, que je tombais derrière l’affût du canon. Le lieutenant commandant la section fit monter tous les hommes sur un balcon de la maison où nous étions cantonnés afin d’être au-dessus de la nappe de gaz. S’apercevant de mon absence, il fit redescendre plusieurs collègues pour voir où j’étais. Ce fut un nommé Charles Dauphin, maître pointeur qui me trouva et me remonta sur ses épaules Je n’étais pas le seul à être atteint … On nous conduisit à l’infirmerie. Là le major, nous garda quelques jours en observation pour se rendre compte si vraiment nous étions malades. Il couchait dans la même pièce que nous.

On nous évacua au bout de quelques jours à l’hôpital temporaire de Florina en Grèce, proche de la frontière albanaise, où je fus bien soigné pendant 4 mois. Je reçus la visite d’Abel Besson de La Javie. » (NDE, in « Le journal de route » de Damien Chauvin).  http://lesmidi.canalblog.com/archives/2007/03/02/4186496.html

L’hôpital temporaire de Florina, vue générale

L’entrée de l’hôpital de Florina

 

 

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