Sur les traces des "Midis" du XVe Corps - guerre 1914-1918

19 septembre 2017

Mémoires de guerre d'Alfred BESSON-1 - 111 R.I.

Edité par la famille BESSON à l'occasion du centenaire de la Grande Guerre,
ce carnet ne peut pas être reproduit sans son autorisation

Il nous a été confié par Jean-Marie BESSON, que nous remerçions.  

Alfred BESSON,
Père Jean Damascène de La Javie o.f.m.cap.
(Ordo Fratrum Minorum Capuccinorum)

Mémoires de la Grande Guerre 1914-1918

BESSON Alfred Bienvenu

Photographie prise en 1919 ou 1920,
Alfred est alors affecté au 1er Régiment de Tirailleurs Marocains

Préface

Alfred, Bienvenu BESSON,  notre grand–oncle capucin

Alfred est né le 27 novembre 1898 et a été baptisé le 3 décembre 1898 à La Javie, (Basses-Alpes), Alpes de Haute Provence ; il est décédé le 7 septembre 1979 à Besançon, Doubs.

Alfred BESSON portrait capucin

 Du « tonton capucin », nous, ses petits neveux et nièce, connaissions la jovialité, la finesse d’esprit et l’impressionnante barbe…mais de sa vie militaire, presque rien. 

Le premier témoignage fut ce texte, écrit par le Frère Philibert de Saint Didier, ofm.cap; lors du décès d'Alfred :
« Il est incorporé le 20 mars 1917 au 111ème Régiment d'Infanterie d'Antibes, versé au 289ème de ligne en janvier 1918, monte à l'assaut le 18 août, un groupe de mitrailleurs allemands se rend, il poursuit sa progression, blessé peu après, les deux cuisses traversées par une balle.

Guéri, il rejoint le 47ème Régiment d'Infanterie à Strasbourg puis Saint-Malo. L'inactivité lui pèse, il demande à partir pour le Maroc, s'embarque à Bordeaux le 20 novembre 1919, sert au 1er Régiment de Tirailleurs Marocains ("les hirondelles de la mort", ndr), participe à plusieurs accrochages notamment le 20 janvier 1920 dans le secteur de Knifra. Rapatrié à Marseille le 13 avril 1920. Rejoint le Noviciat des Capucins à Lyon; il refait sa prise d'habit le 13 juillet et redevient, Frère Jean Damascène de La Javie, et n'en bronchera plus jusqu'à sa mort. Au noviciat on lui confie quelque temps la charge de frère majeur qu'il exerce avec quelques réflexes militaires… »

Bien des années plus tard nous découvrirons plusieurs feuillets dactylographiés en 1966, ce sont ces documents, remis en forme et complétés de quelques photographies issues des archives familiales, de copies de pièces militaires et de diverses documentations, qui constituent ce livre édité à l’occasion du centenaire de la Grande Guerre 1914-1918.

En hommage respectueux à notre grand-oncle.

 

Louis_Amable_BESSON_et_toute_sa_famille 001 - Copie recadrée 

Alfred BESSON enfant à côté de son père Louis Amable.

La famille BESSON, à La Javie, devant sa maison (probablement avant 1910).
Louis Amable, son épouse Eliza et leurs enfants.

Au premier rang et de gauche à droite : Aimée, les parents, et Alfred
Au second rang : Norbert, Aline, Berthe, et Abel (en noeud papillon clair).

Engagé volontaire et appelé

Le 2 août 1914, quand la guerre éclata, j'avais un peu plus de 15 ans et demi (je suis né le 27 novembre 1898), je venais d'achever mes études secondaires. Quelques jours plus tard j'entrai au noviciat des capucins de la Province de Lyon, d’où, après Pâques 1915, je revins dans ma famille.

En août 1915, je travaillais depuis 2 mois à Marseille, mais je brûlais du désir d'aller me battre pour la France. J'étais grand, robuste et je pouvais bien paraître avoir 18 ans. Je me présentai donc au Bureau de recrutement pour m'engager pour la durée de la guerre. Peu de jours après je passai le "conseil de révision" et fus déclaré "bon pour le service ". Quand on me demanda : « Dans quelle arme voulez-vous servir ? Je répondis : au 3ème Zouaves. Vous l'aurez sans difficulté, me répondit-on, vous n'avez pas beaucoup de concurrents pour ce régiment ».

J'avais demandé ce régiment parce que c’était un régiment d’élite, parce que son dépôt était à Constantine et que j'aimais Constantine (sans y être jamais allé, bien sûr, mais j'espérais y aller), parce que, enfin, DEROULEDE, poète et héros de la "revanche", avait lui-même servi dans ce régiment en 1870.

Hélas ! Quand mes parents apprirent ce que j'avais fait, ils s'opposèrent à mon départ; ils avaient déjà un fils au front, un deuxième ne devait pas tarder à être appelé sous les drapeaux et, bien malgré moi, je dus attendre d'être appelé avec ma classe.

Je n'ai donc commencé ma vie de soldat que le 20 mars 1917, date à laquelle je fus incorporé au 111ème régiment d'infanterie de ligne, caserne Gazan à Antibes. 

Alfred BESSON portrait guerre 14 - 18

 

  

antibes-entrée caserne-gazan

La caserne Gazan à Antibes

 

antibes-interieur caserne gazan

 

Antibes : 111e R.I. mars - décembre 1917

Aut Caesar, aut nihil : ni élève officier, ni élève caporal.

Quelques jours après qu’on nous eut équipés, on nous fit faire une marche d'épreuve. Au cours de cette marche, l’adjudant de compagnie, un parisien du nom de LANDRU, demanda quels étaient ceux qui voulaient se faire inscrire comme candidats-aspirants (élèves officiers).

Quand il arriva à mon rang, je demandai à être inscrit mais il me répondit : « Il y a déjà trop de demandes, vous serez élève-caporal. Ce n’est pas d’être élève-caporal que je demande, c’est d’être élève-officier. Vous n’avez pas à discuter ce que je vous dis, vous serez élève - caporal. Je n’en veux pas ».

Quelques jours après on vint me chercher pour aller au peloton des élèves-caporaux, je répondis que je n'étais pas élève caporal, et celui qui était venu me chercher s’en retourna sans moi mais il revint bientôt : « Ordre du Capitaine, vous devez venir au peloton », j’y allai donc, mais je m’y conduisis en si parfait imbécile que je fus renvoyé avant la fin de la réunion. Depuis lors mon avenir militaire fut stoppé…

Dans la suite, bien des années plus tard, quand des curieux me demandaient pourquoi je n’avais jamais eu de grade je répondais très sérieusement : « Que voulez- vous, il aurait fallu que je commence par être caporal et j’ai toujours eu peur d'aller finir Ste- Hélène comme un certain "petit caporal" » et l’on ne m’en demandait pas plus.

Camaraderie

J’étais assez bien vu des officiers et autres gradés intelligents (bien que j'aie eu de nombreux jours de consigne et de salle de police) mais par contre j’étais mal vu des caporaux et des sous- officiers qui ne faisaient pas leur travail et que je remettais publiquement à leur place, ce pour quoi ils n'osaient pas me punir car s'ils m’avaient puni, j’aurais dit pourquoi ils me punissaient et ils auraient été punis eux- mêmes.

De plus, j’étais grand et fort, j’avais la répartie facile (et piquante quand je le voulais) alors dans la Compagnie (surtout dans les premières semaines de caserne) ceux qui étaient brimés pour leur vie chrétienne avaient recours à moi pour être défendus ou vengés et ça ne tardait pas en sorte que j’avais assez d'amis un peu dans toute la caserne.

Dans la suite avec quelques étudiants sans le sou nous avions formé une association de … loisirs … culturels. Plusieurs académiciens à qui nous avions écrit (nous avions pris leur adresse dans le bottin) nous envoyèrent leurs oeuvres, quelques-unes même, dont E. ROSTAND, avec une belle dédicace. Nous nous entendions et entraidions parfaitement bien.

Nous pouvions ainsi manquer aux "appels", "faire le mur", aller à Nice voir à l’Eldorado quelque belle représentation, etc.

Un de ces bons camarades fut Paul MARTIN-BRET de Manosque qui mourut victime des allemands sous l’occupation en 1944 et que les P. T. T. ont glorifié en éditant un timbre-poste à son effigie.

 

MARTIN-BRET

 Epreuves et performances

Peu de jours après l’incorporation eurent lieu les "épreuves" pour nous répartir dans les groupes de gymnastique. En donnant mon maximum à la course (de 100, 400, 800 m) au saut (en longueur, en hauteur), au grimper (bigue, corde lisse, corde à noeuds, échelle de corde), au lancer, etc. je réussis à me classer parmi les "moyens" alors que de par ma taille, j'étais parmi les grands.

Quelques mois plus tard, du simple fait des exercices quotidiens de gymnastique, mes performances à de nouvelles épreuves me classaient parmi les "forts" et même parmi les premiers de cette catégorie. Chaque semaine la "progression" (série d'exercices de gymnastique pour la semaine) était affichée près du bureau de la compagnie et je me rappelle que je voulais la copier tant je la trouvais bien faite pour développer le corps, former, je ne dis pas des athlètes, mais au moins des corps aptes à bien servir l'âme.

Discipline force des armées ?

J'ai toujours admiré la sagesse des règlements militaires pour définir et employer les moyens les meilleurs pour la fin désirée. Par contre j’ai toujours professé (après mon service militaire) que le 1er principe de la "théorie" : "la discipline est la force des armées" tel du moins que le comprennent, l’expliquent et l'appliquent le commun des caporaux et des sous-officiers, qui professent en même temps : "pas vu, pas pris", "qu'ils haïssent mais qu'ils craignent" est absolument faux, ce qui est fort ou donne la force c'est l'amour, la crainte seule ne peut être un vrai principe de cohésion, de force.
Au sujet de la discipline, je dois dire que les mutineries militaires consécutives à l'échec de l'offensive du Chemin des Dames en mai de cette année 1917 n'eurent pas grande influence sur nous, pas plus que sur les autres troupes de l'intérieur. Sans doute (en l'absence des officiers, bien sûr !) nous chantions les chansons « défaitistes » mais sans leur attribuer plus d'importance qu'à des chansons et après avoir chanté :


"C'est à Craonne, sur le plateau
Qu'il faut laisser sa peau …
Nous sommes tous condamnés,
Nous sommes des sacrifiés …
Ceux qui ont le pognon
Ceux-là reviendront
Car c'est pour eux qu'on se crève !
Mais c'est bien fini car les troufions
Vont tous se mettre en grève.
A votre tour, messieurs les gros,
Montez sur le plateau,
Si vous voulez la guerre, payez-la de votre peau".

Nous "poussions" avec autant de coeur :

"Flotte, petit drapeau !
Flotte, flotte bien haut
Image de la France
Symbole d'espérance !
Tu réunis dans ta simplicité
La famille, le sol, la liberté !"

Au sujet encore de la discipline, le code militaire dont nous avions des extraits dans notre "livret individuel" était d'une rigueur excessive en ce qui concerne par exemple les injures, voies de fait envers les supérieurs, les refus d'obéissance… mais depuis lors on est passé presque à l'extrême opposé, ce qui ne vaut pas mieux.

Volontaire pour le front

La vie de caserne ne me plaisait guère et je ne sais combien de fois j'ai demandé à partir au front ou dans d'autres corps plus employés au front que l'infanterie de ligne mais je n'obtins jamais que cette réponse : "indispensable pour le besoin du service" et comme j'étais des plus jeunes de ma classe et que l'on ne partait d'Antibes pour les Armées que selon l'ordre de la date de naissance, je ne pus quitter Antibes qu'avec le dernier convoi de renfort, les tous premiers jours de janvier 1918.

                                                            A suivre ......

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01 septembre 2017

Un livre : Les cigales dans la mêlée

LES CIGALES DANS LA MELEE

Charles TERRIN
A.Gomès, Editeur
Nîmes, 1924
Prix Montyon en 1925 (500F.)

réédité en 2012 par les éditions LACOUR à Nîmes

les cigales recto

les cigales verso

 

L'auteur, d'après Henry BORDEAUX qui a signé la préface, est  "un pur Provençal, dont les ancêtres, agriculteurs attachés au sol, sont originaires des Maures : à Solliès-Pont..."

Né le 28 octobre 1887 à La Ciotat (BdR),  Charles TERRIN, une fois bachelier, obtient une bourse en 1906 qui lui permet de s'inscrire au lycée Louis-le-Grand  à Paris, pour y préparer l'Ecole Normale où il est admis en 1908.
Il passe cependant toutes ses vacances en Provence, chez ses parents dans sa ville natale.

L'ordre de mobilisation survient alors qu'il est  sous-lieutenant au 40e R.I. à Nîmes, mais c'est avec le régiment de réserve, le 240e,  qu'il rejoint le front,  au sud de Verdun.

DE NIMES A LA BATAILLE DE LA MARNE

 Dans cet ouvrage, le jeune officier s'applique à raconter au jour le jour et dans un très beau style, les évènements, le départ du 40e R.I., celui du 240e, l'arrivée au front, les combats, la retraite, la bataille de la Marne... mais aussi  les réactions  de ses hommes, ses impressions et ses propres interrogations...

Le récit est malheureusement trop court, car blessé grièvement au combat près d'Ippécourt, le 8 septembre 1914, il ne regagnera pas son régiment.

Il est nommé chevalier de la Légion d'Honneur (J.O. du 28 décembre 1915).

De retour à la vie civile, il devient professeur au Lycée de Nîmes.

 

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16 août 2017

LE MONUMENT DE BIDESTROFF (Moselle)

Merci à
Jacques Didier,
José Bourguignon, Michel Benoit et Olivier Gaget
pour les photos et les renseignements

16 août 1936

"Au noum doù Felibrige, nous clinan davans lou monumen que Bidestroff a auboura à la mémori doù XVe Cors d'Armado. E aven tengu à vous dire nosto recouneissenço dins nosto vieio lengo prouvençalo que parlavon lis fieù de Prouvenço que soun toumba eici, en avoust 1914, per lou sauvamen de la Lourreno, de la Prouvenço, de la Franço et per la pas doù mounde."

C'est avec ces paroles, en langue provençale, que Roger Rebstock ancien du 112e R.I. a remercié la population et les autorités, le 16 août 1936, lors de l'inauguration du monument dédié aux soldats de la 29e division, morts au cours des combats des 19 et 20 août 1914.

1204 corps
d'officiers, de sous-officiers et de soldats
 
mis en terre, sur le "Pâquis", par les villageois
qui ont veillé sur eux de 1914 à 1925,
avant qu'ils ne soient transférés 
à la nécropole nationale de RICHE, à quelques kilomètres.

Devenu curé de Bidestroff en 1931, l'abbé Paul FRIANG n'a de cesse que de réunir des fonds afin de montrer la reconnaissance des habitants et perpétuer la mémoire de ces Poilus du Midi tombés pour la libération de la Lorraine.

Un comité du Monument est formé :

Cahiers_d'histoi-b


Les 180 Bidestroffois versent leur obole, mais la somme réunie n'est pas suffisante. Des appels aux dons paraissent dans plusieurs journaux locaux et nationaux.

Le_Matin-12jan1936-bis 

 

L'abbé FRIANG  dessine les plans de cet impressionant monument.
L'exécution en est confiée au sculpteur alsacien Valentin JAEG qui a réalisé de nombreuses oeuvres dans la contrée.

 

 LE SACRIFICE DU XVe CORPS OFFERT A DIEU PAR ST MICHEL

Monument Bidestroff photo maquette (1)

MAQUETTE A L'ORIGINE DU MONUMENT

lorsqu'on le voit pour la première fois, ce monument, situé à l'ouest de Bidestroff, surprend beaucoup.
Isolé, en bordure de la route et dominant les champs où les Provençaux ont combattu et ont été inhumés, il représente Saint-Michel, patron du village, visage fervent,  implorant le ciel  les bras dressés et la tête cerclée d'une auréole.
D'une hauteur de 12,50m. cette statue blanche, d'un style épuré est très émouvante.
Sur les quatre faces de la base des croix de tailles différentes,  portant le chiffre des unités du 15e corps ayant participé au combat.

Sur le socle avant, une inscription est gravée : 
            AU XVe CORPS 19-20 AOUT 1914 

Bidestroff-auXVCA


Sur le socle gauche on peut lire :
AUX 1204 MORTS DU CIMETIERE MILITAIRE DE BIDESTROFFF 1914-1925

aux 1204


Sur le socle droit  :
            AUX LORRAINS VICTIMES DE LA GUERRE

bidestroff-aux lorrains


Sur le socle arrière : 
            un plan du théâtre de la bataille

Bidestroff-plaque 

 

                                                                                

PETIT NICOIS 14 AOUT 1936

PN14AOUT1936

 

 

Bidestroff-inauguration-enfants-b - Copie
INAUGURATION - les enfants de Bidestroff

 

 Le jour de l'inauguration une foule immense se presse et de nombreuses personnalités du monde politique et militaire sont venus du Midi afin de partager cet évènement avec les Lorrains. Des chants, de la musique par l'Harmonie de Dieuze, beaucoup de drapeaux et de nombreux discours rappelant le sacrifice de nos méridionaux ...
C'est une journée mémorable qui récompense l'abbé FRIANG,  le maire, M. Bourcy, et les membres du Comité, de leurs efforts.

Extrait du discours de M. Bouquet, délégué de l'Amicale du Midi de Metz :

"...Vous avez voulu remplir vos yeux des paysages où ils avaient peiné, souffert, saigné. Dans les sillons où ils avaient bondi ou rampé sous la mitraille, vous avez cherché les traces de leurs corps meurtris, de leurs sueurs, de leur sang. Puissiez-vous, pour le plus grand bien de la France, y avoir ravivé le sentiment patriotique puissant qui les guidait, la volonté, l'esprit de discipline et d'union qui les animaient, nos valeureux compatriotes, car ces vertus sont dans la paix un gage de force et de progrès comme elles étaient pendant la guerre le gage de la victoire...."

 La délégation marseillaise dépose un coffret en bois d'olivier rempli de terre de Provence.

Bidestroff-16aout1936

 

 Suite aux intempéries et à l'usure du temps, le Mémorial est aujourd'hui légèrement différent, Saint-Michel a perdu son auréole... mais il est toujours aussi majestueux.

Bidestroff-stMichel

 Déposée en 1954 par la ville de Nice :

 Bidestroff st+¿le Nice

Honneur aux Lorrains, qui malgré
l'opprobe jeté sur nos régiments du XVe Corps,
ont su montrer et montrent encore
leur reconnaissance.

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

http://www.sambre-marne-yser.be/article.php3?id_article=12 
http://jadier.canalblog.com/archives/2009/08/27/14870290.html
http://www.francememoire.fr/1000-sonnets-pour-le-centenaire/france-lorraine/sonnet-pour-le-centenaire-n-0267-le-monument-de-bidestroff-57/

 

 

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14 mai 2017

A CARCES (83), FUT UNE PLACE DU XVe CORPS...

Le 10 mars 1920,
voulant montrer la reconnaissance que les habitants de Carcès éprouvent pour les poilus du Midi,  la Municipalité
donne le nom de Place du XVe corps à la place de la Capelette.

carces-placeXVeCA - Copie

Débaptisée en 1935, puis encore en 1938 et après 1945, elle s'appelle aujourd'hui Place Gabriel Péri
(né à Toulon en 1902, sénateur, journaliste, otage,  fusillé en décembre 1941)

 

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01 mai 2017

LE 15e CORPS SE RACONTE A CARCES (83) LE 13 MAI

 

Comme un prophète en son pays, Maurice MISTRE
proposera
ses dernières conclusions sur
"L'AFFAIRE DU 15e CORPS"
 
à Carcès, sa ville natale, le samedi 13 mai à 18h.

 

numérisation0001

 

 Maurice MISTRE-RIMBAUD : 
-Des républicains diffamés pour l'exemple, 2004
-La légende noire du 15e corps, 2008 
 

 

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04 avril 2017

1927, 4 septembre, réparation d'une injustice à Carcès (83)

Ce texte est la propriété de son auteur-La reproduction n'est pas autorisée 

De Maurice MISTRE-RIMBAUD
Sources : Le Petit Var

CarcesplaqMM



 Deux mois après l’arrêt de la Cour de Cassation, répondant à l'appel du Petit Var des 29 aout et 1er septembre, de nombreux varois vont se réunir à Carcès, pour rendre hommage à un des leurs, Marius Marcel, fusillé pour l'exemple.

Dimanche 4 septembre 1927, Carcès.

Dès 4h, un cortège se forme devant la mairie, en première ligne, les drapeaux, la municipalité, la famille dont le père et le fils de Marius Marcel, les associations des mutilés, la Ligue des Droits de l'Homme, la population suit. Le défilé descend vers le monument aux morts. Le maire y dépose une gerbe, l'association des mutilés, une palme.

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 Après une minute de recueillement, Léon Germino, employé à la Préfecture, secrétaire des mutilés évoque les événements tragiques des 28 et 29 mai 1915 à Maffrecourt et explique comment son association et la Ligue se sont battues pour casser le jugement du conseil de guerre.

"Honneur à toi, en ce jour, camarade Marcel, nous sommes venus, nous tes frères d'armes, pour proclamer ton innocence, pour réhabiliter ta mémoire et la laver de la souillure injuste dont on l'avait couverte, pour rendre en ton nom l'honneur qu'à nos yeux il n'avait jamais perdu, pour crier dans ton pays natal, bien haut et à la face de tous, que ton nom est digne de figurer en lettres d'or, à la suite de ceux trop nombreux, hélas, qui sont morts en héros, comme toi, sont inscrits sur cette pierre et pour dire enfin que nous sommes fiers de te saluer comme un martyr de la patrie."

Il remercie l'avocat Bosviel de Paris et réclame la paix qui doit être poursuivie par la Société des Nations, terminant en criant bien haut "A bas la guerre ! Vive la France, pacifique et républicaine !"

Ernest Maunier, président de la Ligue et conseiller général de Draguignan, rappelle en termes émouvants "à la pensée de cette atroce torture, notre raison se révolte et notre cœur se déchire. Et alors, à cette vision, notre pensée, involontairement, allait aux siens, à ceux qui allaient souffrir de son absence, à sa malheureuse épouse qui ne devait pas survivre longtemps à son malheur, à son jeune fils qui ne devrait plus vivre qu'avec une affreuse vision devant les yeux. Enfin justice était rendue, la conscience publique était soulagée, sinon satisfaite, son fils pourrait désormais, le cœur endolori, mais l'âme tranquille et le front haut, passer partout et dire, je suis le fils d'une pitoyable victime de la guerre et des conseils de guerre" et appelle tous ceux qui veulent travailler à la paix intérieure et internationale faite de justice et de travail.

 

Carces-MAM2

 

 
 Georges Gazan, maire de Carcès prend la parole :
"Sur ce socle [du monument aux morts] sont gravés en lettres d'or, les noms de ceux qui ont sacrifié leur vie pour le défense du sol sacré de la patrie. Carcès a élevé ce mausolée à la mémoire de ses enfants, mais un point noir restait à l'horizon et un nom, celui d'un brave, manquait à la liste hélas trop longue, gravée sur cette pierre, celui de Marcel, qui fut et ses camarades de combat l'ont attesté, par un concours de circonstances étranges, condamné et fusillé".


Paul Pascal, rédacteur à la préfecture de Draguignan, remercie au nom de la famille tous ceux qui de loin ou de près ont été les artisans de l'œuvre de réparation. Il s'incline "avec respect et émotion devant la mémoire de l'épouse héroïque, qui avec un courage stoïque, a poursuivi la recherche de la vérité et pour elle hélas, le destin implacable ne lui aura pas permis de voir sa conviction confirmée... mais son fils peut, sans rougir, lever haut la tête et porter fièrement le nom de son noble père, victime d'une abominable erreur aujourd'hui redressée."

Ces discours empreints d'émotion laissent dans la population carçoise, une profonde impression.

Pour en savoir plus :
Marius MARCEL 1 
Marius MARCEL 2

 

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14 décembre 2016

Auguste Caremil du 111e R.I. (4/4)

suite et fin

voir Carémil 1/4
voir Carémil 2/4
voir Carémil 3/4
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caremil-a

 

 

 

 

 

 



Lundi 26/10
: Départ pour la ligne de feu.



Mardi 27/10 : On vient nous avertir que le 5e corps vient nous relever. Où irons-nous ? Nous devions rester quatre jours ici. Nous partons à DOMBASLE où nous arrivons à 23h30.


Mercredi 28/10 : Journée passée à DOMBASLE, en repartons à 07h30 du matin, traversons MONTZEVILLE – ESNES et restons sous bois jusqu'à 09h00. Le combat commence, l'artillerie forte de plus de cent pièces commence à donner. Nous sommes en réserve de la 30e division qui a attaqué. Nous occupons le village d'HAUCOURT et montons ensuite à MALANCOURT. Ces deux villages sont bombardés et incendiés. Nous sommes entre des murs bralants. A la nuit dans une cave sur le sol humide. La toile imperméable, les gants et le passe-montagne me sont d'une grande utilité.

 

esnes

 

 Vendredi 30/10 : Partons à 03h00 du matin pour aller occuper un bosquet à 800 mètres en arrière du village. Nous y passons la journée, il est 16h00  et nous sommes toujours là. Départ à 18h00 pour MARRE où nous cantonnons. Je crois que je vais être nommé adjudant.


Samedi 31/10 : Repos à MARRE, suis de service.


Dimanche 1er novembre : La Toussaint, ai mis les galons d'adjudant. Départ de MARRE à 17h30 arrivée à CHATTANCOURT à 18h30. Avons passé une bonne nuit. Attendons l'ordre de départ.


Lundi 2/11 : Retournons à MARRE où nous passons encore une bonne nuit.


Mardi 3/11 : Partons de MARRE à 17h30 pour les avant-postes au dessus et au nord de BETHINCOURT.

bethincourt

Bethincourt


Mercredi 4/11 : Pluie toute la journée. Fusillade espacée, beaucoup de cadavres nous séparent des Allemands. Nous ne pouvons les enterrer. A la nuit les Prussiens viennent pour les dévaliser. Nous faisons feu dessus et en blessons un.


Jeudi 5/11 : Après avoir travaillé la nuit aux tranchées, nous nous reposons un peu. De temps en temps quelques coups de fusils. Matinée tranquille. Je pense que nous serons relevés ce soir. Avons été relevés et nous partons pour VIGNEVILLE.


Vendredi 6/11 : Repos à VIGNEVILLE.


Samedi 7/11 : Départ de VIGNEVILLE à 05h00 pour MONTZEVILLE. Arrivons à 08h00 à MONTZEVILLE. Nous n'avons pas de chance, nous croyons coucher à MONTZEVILLE et nous en repartons à 17h00, en route pour PAROIS où nous arrivons à 23h30.


Dimanche 8/11 : Messe à PAROIS. Ne peut y aller, empêché que je suis par le service. Irai après-midi à vêpres pour nos morts. L'aumônier n'a pas fait un service pour les morts. On a seulement récité des prières et nous avons chanté des cantiques en Français et en Provençal.

messe-front


Lundi 9/11 : Départ à midi de PAROIS pour les tranchées. Sommes au sud-ouest de MONTFAUCON, avec VAUQUOIS sur notre gauche et AVOCOURT sur notre droite. Nous trouvons des tranchées bien aménagées. Au bout de ma section une cahute fermée par une porte en jonc tressé m'est réservée. J'y trouve un matelas de plumes pris à AVOCOURT qui est abandonné à l'entrée de ma cahute. Un caporal du 112e a fait une petite crèche avec le petite Jésus. Les cierges sont en feuille d'étain qui sert à envelopper le chocolat, le fond est tapissé de même. Une petite porte en jonc ferme le tout. Au dessus l'inscription "petit Jésus de 1914" et le nom du caporal PELAT, le tout entouré de cartouches enfoncées dans la glaise. Je trouve cela très bien et très ingénieux.


Mardi 10/11 : Commandé avec ma section pour aller continuer un travail commencé bien en avant, nous partons à 01h00 par une nuit noire. On n'y voyait pas à trois pas. Le vent soufflait d'une telle violence que plusieurs arbres de la forêt étaient déracinés. Bien des fois nous nous trouvons nez à nez avec des sentinelles qui ne nous avaient pas entendus venir. Enfin après avoir perdu et retrouvé la moitié de ma section, j'arrive au rendez-vous. (Je trouve que ce que l'on me fait faire est inutile car nous ne pourrons jamais travailler). Là un caporal qui est au petit poste, doit me conduire au lieur désigné. J'ouvre la marche et nous faisons à peu près 800 mètres sur la route, sans pouvoir trouver l'endroit. La pluie commence à se mêler de la partie, le vent fait rage et je me vois obligé de retourner. Nous revenons, mais quel travail ! Nous nous heurtons aux fils de fer barbelés. Les sentinelles nous arrêtent à deux pas et souvent nous les dépassons sans qu'elles s'en aperçoivent. L'orage bat son plein, de tous côtés des fusées éclairantes sont lancées, et nous sommes obligés de nous coucher pour ne pas nous montrer aux Allemands qui sont tout près de nous. Enfin à 23h30 nous regagnons notre poste où l'officier approuve ma conduite. J'avais une mission, je l'ai accomplie sans pouvoir la terminer, mais j'avais fait tout mon possible.


Jeudi 12/11 : Ai passé une bonne nuit sous ma capote trempée. A 11h00 les obus éclatent autour de nous. Maintenant la rafale a cessée et j'attends l'heure de la soupe.


Vendredi 13/11 : Obus comme hier. La relève du 112e arrive à la nuit pour nous relever. Il fait un temps épouvantable. La pluie tombe à torrent. Nous partons sous bois, on n'y voit goutte et nous nous égarons nous avons de la boue jusqu'aux jambes et nous marchons très difficilement. Nous sommes trempés. Nous arrivons à BRABANT à 23h00 après avoir marché sept heures sous la pluie, sans quitter le sac. A BRABANT un bon lit m'attend, j'ai un matelas de plumes. J'en suis très heureux. Je suis logé avec les officiers.


Samedi 14/11 : Repos à BRABANT. Ai reçu trois lettres depuis hier soir.


Dimanche 15/11 : Exercice de 08h00 à 10h00. Au retour je vais à la messe avec les deux lieutenants. L'après-midi concert dans le cantonnement.


Lundi 16/11 : Cantonnement


Mardi 17/11 : Départ pour les tranchées, il fait très froid. Glace partout.


Mercredi 18/11 : Travail aux tranchées. Il fait très froid. Calme parfait. Soir, légère canonnade.


Jeudi 19/11 : Il fait très froid. Je reçois une bonne lettre de Louise.


Vendredi 20/11 : Forte canonnade.


Samedi 21/11 : Relève normale. Arrivée à BRABANT même cantonnement.

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Dimanche 22/11 : Repos. Messe à 08h00. Reçois photo de Louise et de Lisette avec Jean.


Lundi 23 – Mardi 24/11 : Neige. Repos.


Mercredi 25/11 : Nous comptions partir. Un ordre de rester nous fait goûter une nuit de repos en plus. Nous ne savons pas ce que l'on veut faire de nous.


Jeudi 26/11 : Départ pour les tranchées. Lettre de Rose et de Maman. Vive attaque sur notre gauche.


Vendredi 27/11 : Temps sombre. Travaillons toute la journée. Soir, beau clair de ligne, fusillade ininterrompue toute la nuit.


Samedi 28/11 : Calme, légère pluie. Dimanche 29/11 : Beau temps.


Lundi 30/11 : Beau. Relève.


Mardi 1er décembre : Repos.


Mercredi 02/12 : Repos.


Jeudi 03/12 : Repos


Vendredi 04/12 : Départ aux tranchées.


Samedi 5 – Dimanche 06/12 : Grand combat d'artillerie. Engagements sur notre gauche et à droite à VAUQUOIS et AVOCOURT.


Lundi 07/12 : Devions être relevés aujourd'hui.


Mardi 08/12 : Pluie pendant deux jours. On nous annonce l'attaque de VAUQUOIS à 10h00. A 11h00 nous sommes prêts. L'artillerie entre en danse. Je suis avec ma section dans la tranchée. Grand combat d'artillerie?


Mercredi 09/12 : Recevons ordre de partir et contrordre ensuite. Restons en place. Partirons-nous le soir ? Partons comme d'habitude. Arrivons à PAROIS. Sommes moins bien logés qu'à BRABANT.

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Parois



Jeudi 10/12 : Repos.


Vendredi 11/12 : Bon déjeuner, crème au café.


Samedi 12/12 : Recevons l'ordre de partir. Devions préparer une belle fête pour dimanche à l'église. Nous ne pourrons malheureusement pas y donner suite. Partons à 12h30. Après neuf heures de marche, nous arrivons à ESNES et de là nous faisons cinq kilomètres en plus pour aller occuper nos nouvelles tranchées. Il pleut. Nous recevons plusieurs obus, avant de prendre place pendant la relève. Ma section passe la nuit dans une tranchée couverte. Toute la nuit fusillade. Je couche avec le lieutenant et je goûte un repos que je n'aurai plus de deux jours.


Dimanche 13/12 : vais remplacer la quatrième section. Nous occupons une tranchée découverte. L'argile mouillée nous arrive aux chevilles. Nous passons pour y arriver par un long et étroit boyau où la boue et l'eau nous arrivent aux genoux. Impossible de passer à côté car les balles ne nous rateraient pas.


Lundi 14/12 : Venons de prendre le café. Espérons encore. Une mauvaise nuit. Il fait froid et la pluie tombe par intermittence.

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Les notes se terminent le lundi 14 décembre 1914. La dernière page du carnet est remplie. Il n'y a plus de place disponible.

Après quatre mois d'une guerre qui devait durer encore quatre années, Auguste CAREMIL a été tué sous un bombardement, dans les bois de MALANCOURT à côté d'HAUCOURT et du lieu dénommé "LE MORT-HOMME". Sa tombe n'a jamais été retrouvée.

Son nom est gravé sur le monument aux morts de la ville de GRASSE. Il restera je l'espère, au coeur qui liront ces quelques lignes.
Jean-Luc Caremil

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Télégramme en date du 22 janvier 1915
(archives de la mairie de GRASSE)


OFF ANTIBES 213 32 22 15/50 = - CDT DEPOT 111 – 0 A MAIRIE DE GRASSE PRIERE INFORMER FAMILLE AVEC TOUS MENAGEMENTS QUE ADJUDANT CAREMIL DU 111 – 0 INFANTERIE A ETE TUE A L'ENNEMI LE VINGT ET UN DECEMBREMILNEUFCENTQUATORZE

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caremil auguste-MDH



Citation à l'ordre de l'Armée J.O. du 7 février 1915 :

J

PRESSE LOCALE :

PETIT NICOIS du 30 DECEMBRE 1914

 

PN30DEC1914 - Copie

 

 

PETIT NICOIS du 23 JANVIER 1915:

PN23JAN1915 - Copie

 Il avait 33 ans !!!!

 









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30 novembre 2016

Le "Russenbrücke" (pont des Russes) était français !

  de Michel BENOIT 
Ce texte est la propriété de son auteur-La reproduction n'est pas autorisée

 

Le « Russenbrücke » (pont des russes) était français !

Morhange-Dieuze 20 août 1914 

Le 2 aout 1914, les trois frères ALAUZEN de St-CHRISTOL-LES-ALES sont mobilisés à la 9e compagnie du 61e R.I. de PRIVAT (15e corps d’armée). Cette dernière grande unité du sud est immédiatement dirigée sur l’est de la France pour participer, au sein de la 2e armée du général de CASTELNAU, à la bataille des frontières.                            

Les 19 et 20 août, l’engagement hasardeux de nos forces dans la plaine de DIEUZE voit une hécatombe de tués, blessés et prisonniers. Les trois frères ALAUZEN n’échappent pas à la tragédie.

Emile Alauzen 20

 

 

 

 

 

 

Emile est tué,

Fernand Alauzen prisonnier - Copie

 

 

 

 

Fernand est blessé et prisonnier,

Alauzen Marcel S Lieutenant au 61e RI - Copie - Copie

 

 

 

 

 

 

seul Marcel parvient à quitter le champ de bataille non sans avoir échappé plusieurs fois à la mort. Il terminera la guerre lieutenant sur le front d’Orient. 

 

- le camp de DILLINGEN (Bavière)

Nous allons suivre les pas de Fernand, car c’est lui qui sera par la suite l’objet de cet article.
Quand je dis les pas, ils sont plutôt claudicants car il a reçu un éclat d’obus dans un genou.
Déposé dans un premier temps dans la gare de VERGAVILLE, il est dirigé sur une ambulance française du 15e corps capturée par les troupes bavaroises. C’est un officier de santé allemand qui permettra de sauver sa jambe que les médecins français, dans l’urgence allaient certainement amputer.

Interné au Lazaret du camp de DILLINGEN, Fernand ALAUZEN se remet rapidement de sa blessure.
Au cours de l’année 1915, il est affecté à une annexe du camp à ESCHENHOF dans la banlieue de MUNICH, à la croisée de quatre communes qui donneront plus tard naissance à la petite ville de GRÖBENZELL. 

Les prisonniers français construisent trois ponts  

Les prisonniers, sur la base du volontariat, mais surtout pour améliorer leur ordinaire, participent à des travaux d’intérêt civil.
Ceux d’ESCHENHOF, sont affectés à la construction de trois ponts sur les canaux de la proche région du camp. En effet, le secteur est très humide, l’exploitation de la tourbe fait partie de l’économie locale.

Eschenhof Janvier 1916 construction d'un pont - Copie


Malgré les restrictions de la captivité, les prisonniers français bénéficient de quelques aménagements pour tromper leur ennui, un labo photo (important pour la suite), un théâtre avec sa troupe, des jeux de boules, etc.
Mais la vie au camp n’a rien à voir avec un VVF…

 

Les charpentiers du pont - Copie

 

En hiver 1916, les trois ponts sont terminés et donnent lieu à des prises de vues « souvenir ».

Eschenhof janvier 1916 le pont construit - Copie


Les soldats français transmettent à leurs familles ces témoignages qui vont sommeiller des décennies, au fond des tiroirs des commodes.

Mais….

Le Centenaire de la première guerre mondiale 

Le centenaire de cette inoubliable tragédie, fait émerger dans cette période du souvenir des histoires oubliées, un temps perdues et retrouvées au hasard des vides greniers, des ventes de maisons, ou de recherches généalogiques familiales.
Des passionnés tentent de reconstituer le cheminement de ces histoires le plus fidèlement possible pour témoigner de la souffrance des individus qui ont vécu cette guerre. Michel BENOIT est de ceux là,  passionné par les déboires du 15e corps, les troupes du sud si vilipendées par JOFFRE et son état-major. Contacté par Jean-Claude MARTIN, un Bagnolais, descendant du prisonnier d’ESCHENHOF, Fernand ALAUZEN, son grand père, qui lui confie une quinzaine de photographies d’époque réalisées pendant la construction des ponts.
Il y a 5 ans environ, notre passionné, Michel BENOIT dépose les photographies  sur un site internet consultable par tous « LE CHTIMISTE »  qui seront par la suite une preuve irréfutable de la construction des ponts par des prisonniers français.  

Les recherches de nos amis allemands    

 Le « centenaire » ne se manifeste pas qu’en France, nos amis Allemands eux aussi ont eu à souffrir de cette période, ils s’y intéressent également, surtout ceux de la ville de GRÖBENZELL.
En effet, sur le territoire de la commune se dresse encore, très beau et fier, un petit pont de béton désigné
« Russenbrücke» ou en français « Le pont des Russes ».

L’association du patrimoine local et la municipalité participent à sa restauration, organisent une exposition, et une inauguration, mais subsiste un point d’interrogation, qui a construit le pont ? Les Russes prisonniers ? Une enquête est ouverte pour trouver la vérité. 

Parmi les chercheurs, Walter ENSINGER, ingénieur du génie civil ayant souvent travaillé sur le territoire français, membre d’une association Franco-Allemande. Il trouve rapidement les photos déposées par Michel BENOIT, un contact internet est établi, très cordial et constructif.
La preuve est établie que ce sont bien des prisonniers français qui ont construit les trois ponts. Alors pourquoi le Pont des Russes ? Pour la simple raison que la route qui aboutit au « Russenbrücke » a été réalisée par des prisonniers Russes du camp tout proche, la population locale n’a pas fait la distinction, tous étaient prisonniers. Ces échanges empreints de sincère coopération et de cordialité ont abouti à l’invitation de MM. MARTIN et BENOIT à la visite du fameux pont et de l’exposition par l’association du patrimoine,  de l’association Franco-Allemande ainsi que de la municipalité de GRÖBENZELL.   

Réception à GRÖBENZELL 

 

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Jean-Claude MARTIN et Michel BENOIT ont été reçus avec convivialité par M. Le maire et  leur hôtes de GRÖBENZELL les 14 et 15 juin 2016.

Une réception protocolaire sur le « Russenbrücke » a donné lieu à quelques beaux discours de nos amis allemands des associations, avec réponses des invités français. Beaucoup d’humour mais également de recueillement pour les souffrances de ceux qui cent ans avant ont œuvré pour la construction de cet ouvrage remarquable dans sa conception art-déco.

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Mais qu’est-il advenu des deux autres ponts ?
Les éléments du second ont été retrouvés dans une propriété privée, un club de golf. Les garde-corps ouvragés ont été renversés pour laisser le passage à des engins de chantiers, mais les culés, piles et tablier sont toujours en place.
Quant au troisième mystère ! L’association de sauvegarde du patrimoine a organisé une exposition à partir des photographies d’époque, également sur les différentes phases de la restauration du pont.
Celui-ci est maintenant l’objet de toutes les attentions, reparti pour cent années de plus !  

Mais, ce n’était pas fini…   

Fernand ALAUZEN, qui était charpentier sur le pont, est affecté début 1917 dans une ferme du village de DENKLINGEN à une cinquantaine de kilomètres, toujours en Bavière.

Gardien camp Eschenhof

Lorenz Waibl
Gardien du Camp d'ESCHENHOF
Maire de Denklingen


Il y travaillera un an, jusqu’à sa libération en novembre 1918. Plusieurs photos le représentent au milieu de la famille de Lorenz WAIBL, le maire de la commune. 

 

 

ALAUZEN Fernand 1916 1917 avec famille fermiers allemands - Copie

Il semble qu’il ait été accueilli plus comme un ami qu’un prisonnier, en témoigne une dédicace au dos de sa photo qu’il remettra à son départ « A mon bon patron, Fernand ALAUZEN ».

2016 - Treffen b 

Ce témoignage figure toujours dans les archives de la famille WAIBL que Jean-Claude MARTIN et Michel BENOIT ont rencontré grâce aux recherches de Walter ENSINGER.

Une histoire bâtie sur un fait de guerre qui se termine cent ans après par de chaleureuses rencontres et des amitiés, malheureusement ce ne fut pas toujours le cas, retenons celle-ci.  

 

2016 - Treffen b

 

      

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13 novembre 2016

15e corps - Soldats du Var

Draguignan-Chabran

Très beau diaporama, créé par Michel Delannoy, sur les casernes et les hommes du Var, 1914-1918

https://www.youtube.com/watch?v=wDVsFMBD-y0&feature=em-upload_owner

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12 novembre 2016

Toujours en hommage au 15e corps...

2016:
Deux Ronds-Points au nom du 15e corps.

Dans les Bouches du Rhône : la 21ème ville en France

Istres-inaug

Istres - 19 mai 2016

 

Dans les Alpes de Haute-Provence : la 22ème ville

les m+®es inaug rond point

Les Mées - le 11 novembre 2016

 

DSCN5427

A qui le tour en 2017 ???

 

 

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