Sur les traces des "Midis" du XVe Corps - guerre 1914-1918

04 avril 2017

1927, 4 septembre, réparation d'une injustice à Carcès (83)

Ce texte est la propriété de son auteur-La reproduction n'est pas autorisée 

De Maurice MISTRE-RIMBAUD
Sources : Le Petit Var

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 Deux mois après l’arrêt de la Cour de Cassation, répondant à l'appel du Petit Var des 29 aout et 1er septembre, de nombreux varois vont se réunir à Carcès, pour rendre hommage à un des leurs, Marius Marcel, fusillé pour l'exemple.

Dimanche 4 septembre 1927, Carcès.

Dès 4h, un cortège se forme devant la mairie, en première ligne, les drapeaux, la municipalité, la famille dont le père et le fils de Marius Marcel, les associations des mutilés, la Ligue des Droits de l'Homme, la population suit. Le défilé descend vers le monument aux morts. Le maire y dépose une gerbe, l'association des mutilés, une palme.

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 Après une minute de recueillement, Léon Germino, employé à la Préfecture, secrétaire des mutilés évoque les événements tragiques des 28 et 29 mai 1915 à Maffrecourt et explique comment son association et la Ligue se sont battues pour casser le jugement du conseil de guerre.

"Honneur à toi, en ce jour, camarade Marcel, nous sommes venus, nous tes frères d'armes, pour proclamer ton innocence, pour réhabiliter ta mémoire et la laver de la souillure injuste dont on l'avait couverte, pour rendre en ton nom l'honneur qu'à nos yeux il n'avait jamais perdu, pour crier dans ton pays natal, bien haut et à la face de tous, que ton nom est digne de figurer en lettres d'or, à la suite de ceux trop nombreux, hélas, qui sont morts en héros, comme toi, sont inscrits sur cette pierre et pour dire enfin que nous sommes fiers de te saluer comme un martyr de la patrie."

Il remercie l'avocat Bosviel de Paris et réclame la paix qui doit être poursuivie par la Société des Nations, terminant en criant bien haut "A bas la guerre ! Vive la France, pacifique et républicaine !"

Ernest Maunier, président de la Ligue et conseiller général de Draguignan, rappelle en termes émouvants "à la pensée de cette atroce torture, notre raison se révolte et notre cœur se déchire. Et alors, à cette vision, notre pensée, involontairement, allait aux siens, à ceux qui allaient souffrir de son absence, à sa malheureuse épouse qui ne devait pas survivre longtemps à son malheur, à son jeune fils qui ne devrait plus vivre qu'avec une affreuse vision devant les yeux. Enfin justice était rendue, la conscience publique était soulagée, sinon satisfaite, son fils pourrait désormais, le cœur endolori, mais l'âme tranquille et le front haut, passer partout et dire, je suis le fils d'une pitoyable victime de la guerre et des conseils de guerre" et appelle tous ceux qui veulent travailler à la paix intérieure et internationale faite de justice et de travail.

 

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 Georges Gazan, maire de Carcès prend la parole :
"Sur ce socle [du monument aux morts] sont gravés en lettres d'or, les noms de ceux qui ont sacrifié leur vie pour le défense du sol sacré de la patrie. Carcès a élevé ce mausolée à la mémoire de ses enfants, mais un point noir restait à l'horizon et un nom, celui d'un brave, manquait à la liste hélas trop longue, gravée sur cette pierre, celui de Marcel, qui fut et ses camarades de combat l'ont attesté, par un concours de circonstances étranges, condamné et fusillé".


Paul Pascal, rédacteur à la préfecture de Draguignan, remercie au nom de la famille tous ceux qui de loin ou de près ont été les artisans de l'œuvre de réparation. Il s'incline "avec respect et émotion devant la mémoire de l'épouse héroïque, qui avec un courage stoïque, a poursuivi la recherche de la vérité et pour elle hélas, le destin implacable ne lui aura pas permis de voir sa conviction confirmée... mais son fils peut, sans rougir, lever haut la tête et porter fièrement le nom de son noble père, victime d'une abominable erreur aujourd'hui redressée."

Ces discours empreints d'émotion laissent dans la population carçoise, une profonde impression.

Pour en savoir plus :
Marius MARCEL 1 
Marius MARCEL 2

 

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14 décembre 2016

Auguste Caremil du 111e R.I. (4/4)

suite et fin

voir Carémil 1/4
voir Carémil 2/4
voir Carémil 3/4
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Lundi 26/10
: Départ pour la ligne de feu.



Mardi 27/10 : On vient nous avertir que le 5e corps vient nous relever. Où irons-nous ? Nous devions rester quatre jours ici. Nous partons à DOMBASLE où nous arrivons à 23h30.


Mercredi 28/10 : Journée passée à DOMBASLE, en repartons à 07h30 du matin, traversons MONTZEVILLE – ESNES et restons sous bois jusqu'à 09h00. Le combat commence, l'artillerie forte de plus de cent pièces commence à donner. Nous sommes en réserve de la 30e division qui a attaqué. Nous occupons le village d'HAUCOURT et montons ensuite à MALANCOURT. Ces deux villages sont bombardés et incendiés. Nous sommes entre des murs bralants. A la nuit dans une cave sur le sol humide. La toile imperméable, les gants et le passe-montagne me sont d'une grande utilité.

 

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 Vendredi 30/10 : Partons à 03h00 du matin pour aller occuper un bosquet à 800 mètres en arrière du village. Nous y passons la journée, il est 16h00  et nous sommes toujours là. Départ à 18h00 pour MARRE où nous cantonnons. Je crois que je vais être nommé adjudant.


Samedi 31/10 : Repos à MARRE, suis de service.


Dimanche 1er novembre : La Toussaint, ai mis les galons d'adjudant. Départ de MARRE à 17h30 arrivée à CHATTANCOURT à 18h30. Avons passé une bonne nuit. Attendons l'ordre de départ.


Lundi 2/11 : Retournons à MARRE où nous passons encore une bonne nuit.


Mardi 3/11 : Partons de MARRE à 17h30 pour les avant-postes au dessus et au nord de BETHINCOURT.

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Bethincourt


Mercredi 4/11 : Pluie toute la journée. Fusillade espacée, beaucoup de cadavres nous séparent des Allemands. Nous ne pouvons les enterrer. A la nuit les Prussiens viennent pour les dévaliser. Nous faisons feu dessus et en blessons un.


Jeudi 5/11 : Après avoir travaillé la nuit aux tranchées, nous nous reposons un peu. De temps en temps quelques coups de fusils. Matinée tranquille. Je pense que nous serons relevés ce soir. Avons été relevés et nous partons pour VIGNEVILLE.


Vendredi 6/11 : Repos à VIGNEVILLE.


Samedi 7/11 : Départ de VIGNEVILLE à 05h00 pour MONTZEVILLE. Arrivons à 08h00 à MONTZEVILLE. Nous n'avons pas de chance, nous croyons coucher à MONTZEVILLE et nous en repartons à 17h00, en route pour PAROIS où nous arrivons à 23h30.


Dimanche 8/11 : Messe à PAROIS. Ne peut y aller, empêché que je suis par le service. Irai après-midi à vêpres pour nos morts. L'aumônier n'a pas fait un service pour les morts. On a seulement récité des prières et nous avons chanté des cantiques en Français et en Provençal.

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Lundi 9/11 : Départ à midi de PAROIS pour les tranchées. Sommes au sud-ouest de MONTFAUCON, avec VAUQUOIS sur notre gauche et AVOCOURT sur notre droite. Nous trouvons des tranchées bien aménagées. Au bout de ma section une cahute fermée par une porte en jonc tressé m'est réservée. J'y trouve un matelas de plumes pris à AVOCOURT qui est abandonné à l'entrée de ma cahute. Un caporal du 112e a fait une petite crèche avec le petite Jésus. Les cierges sont en feuille d'étain qui sert à envelopper le chocolat, le fond est tapissé de même. Une petite porte en jonc ferme le tout. Au dessus l'inscription "petit Jésus de 1914" et le nom du caporal PELAT, le tout entouré de cartouches enfoncées dans la glaise. Je trouve cela très bien et très ingénieux.


Mardi 10/11 : Commandé avec ma section pour aller continuer un travail commencé bien en avant, nous partons à 01h00 par une nuit noire. On n'y voyait pas à trois pas. Le vent soufflait d'une telle violence que plusieurs arbres de la forêt étaient déracinés. Bien des fois nous nous trouvons nez à nez avec des sentinelles qui ne nous avaient pas entendus venir. Enfin après avoir perdu et retrouvé la moitié de ma section, j'arrive au rendez-vous. (Je trouve que ce que l'on me fait faire est inutile car nous ne pourrons jamais travailler). Là un caporal qui est au petit poste, doit me conduire au lieur désigné. J'ouvre la marche et nous faisons à peu près 800 mètres sur la route, sans pouvoir trouver l'endroit. La pluie commence à se mêler de la partie, le vent fait rage et je me vois obligé de retourner. Nous revenons, mais quel travail ! Nous nous heurtons aux fils de fer barbelés. Les sentinelles nous arrêtent à deux pas et souvent nous les dépassons sans qu'elles s'en aperçoivent. L'orage bat son plein, de tous côtés des fusées éclairantes sont lancées, et nous sommes obligés de nous coucher pour ne pas nous montrer aux Allemands qui sont tout près de nous. Enfin à 23h30 nous regagnons notre poste où l'officier approuve ma conduite. J'avais une mission, je l'ai accomplie sans pouvoir la terminer, mais j'avais fait tout mon possible.


Jeudi 12/11 : Ai passé une bonne nuit sous ma capote trempée. A 11h00 les obus éclatent autour de nous. Maintenant la rafale a cessée et j'attends l'heure de la soupe.


Vendredi 13/11 : Obus comme hier. La relève du 112e arrive à la nuit pour nous relever. Il fait un temps épouvantable. La pluie tombe à torrent. Nous partons sous bois, on n'y voit goutte et nous nous égarons nous avons de la boue jusqu'aux jambes et nous marchons très difficilement. Nous sommes trempés. Nous arrivons à BRABANT à 23h00 après avoir marché sept heures sous la pluie, sans quitter le sac. A BRABANT un bon lit m'attend, j'ai un matelas de plumes. J'en suis très heureux. Je suis logé avec les officiers.


Samedi 14/11 : Repos à BRABANT. Ai reçu trois lettres depuis hier soir.


Dimanche 15/11 : Exercice de 08h00 à 10h00. Au retour je vais à la messe avec les deux lieutenants. L'après-midi concert dans le cantonnement.


Lundi 16/11 : Cantonnement


Mardi 17/11 : Départ pour les tranchées, il fait très froid. Glace partout.


Mercredi 18/11 : Travail aux tranchées. Il fait très froid. Calme parfait. Soir, légère canonnade.


Jeudi 19/11 : Il fait très froid. Je reçois une bonne lettre de Louise.


Vendredi 20/11 : Forte canonnade.


Samedi 21/11 : Relève normale. Arrivée à BRABANT même cantonnement.

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Dimanche 22/11 : Repos. Messe à 08h00. Reçois photo de Louise et de Lisette avec Jean.


Lundi 23 – Mardi 24/11 : Neige. Repos.


Mercredi 25/11 : Nous comptions partir. Un ordre de rester nous fait goûter une nuit de repos en plus. Nous ne savons pas ce que l'on veut faire de nous.


Jeudi 26/11 : Départ pour les tranchées. Lettre de Rose et de Maman. Vive attaque sur notre gauche.


Vendredi 27/11 : Temps sombre. Travaillons toute la journée. Soir, beau clair de ligne, fusillade ininterrompue toute la nuit.


Samedi 28/11 : Calme, légère pluie. Dimanche 29/11 : Beau temps.


Lundi 30/11 : Beau. Relève.


Mardi 1er décembre : Repos.


Mercredi 02/12 : Repos.


Jeudi 03/12 : Repos


Vendredi 04/12 : Départ aux tranchées.


Samedi 5 – Dimanche 06/12 : Grand combat d'artillerie. Engagements sur notre gauche et à droite à VAUQUOIS et AVOCOURT.


Lundi 07/12 : Devions être relevés aujourd'hui.


Mardi 08/12 : Pluie pendant deux jours. On nous annonce l'attaque de VAUQUOIS à 10h00. A 11h00 nous sommes prêts. L'artillerie entre en danse. Je suis avec ma section dans la tranchée. Grand combat d'artillerie?


Mercredi 09/12 : Recevons ordre de partir et contrordre ensuite. Restons en place. Partirons-nous le soir ? Partons comme d'habitude. Arrivons à PAROIS. Sommes moins bien logés qu'à BRABANT.

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Parois



Jeudi 10/12 : Repos.


Vendredi 11/12 : Bon déjeuner, crème au café.


Samedi 12/12 : Recevons l'ordre de partir. Devions préparer une belle fête pour dimanche à l'église. Nous ne pourrons malheureusement pas y donner suite. Partons à 12h30. Après neuf heures de marche, nous arrivons à ESNES et de là nous faisons cinq kilomètres en plus pour aller occuper nos nouvelles tranchées. Il pleut. Nous recevons plusieurs obus, avant de prendre place pendant la relève. Ma section passe la nuit dans une tranchée couverte. Toute la nuit fusillade. Je couche avec le lieutenant et je goûte un repos que je n'aurai plus de deux jours.


Dimanche 13/12 : vais remplacer la quatrième section. Nous occupons une tranchée découverte. L'argile mouillée nous arrive aux chevilles. Nous passons pour y arriver par un long et étroit boyau où la boue et l'eau nous arrivent aux genoux. Impossible de passer à côté car les balles ne nous rateraient pas.


Lundi 14/12 : Venons de prendre le café. Espérons encore. Une mauvaise nuit. Il fait froid et la pluie tombe par intermittence.

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Les notes se terminent le lundi 14 décembre 1914. La dernière page du carnet est remplie. Il n'y a plus de place disponible.

Après quatre mois d'une guerre qui devait durer encore quatre années, Auguste CAREMIL a été tué sous un bombardement, dans les bois de MALANCOURT à côté d'HAUCOURT et du lieu dénommé "LE MORT-HOMME". Sa tombe n'a jamais été retrouvée.

Son nom est gravé sur le monument aux morts de la ville de GRASSE. Il restera je l'espère, au coeur qui liront ces quelques lignes.
Jean-Luc Caremil

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Télégramme en date du 22 janvier 1915
(archives de la mairie de GRASSE)


OFF ANTIBES 213 32 22 15/50 = - CDT DEPOT 111 – 0 A MAIRIE DE GRASSE PRIERE INFORMER FAMILLE AVEC TOUS MENAGEMENTS QUE ADJUDANT CAREMIL DU 111 – 0 INFANTERIE A ETE TUE A L'ENNEMI LE VINGT ET UN DECEMBREMILNEUFCENTQUATORZE

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caremil auguste-MDH



Citation à l'ordre de l'Armée J.O. du 7 février 1915 :

J

PRESSE LOCALE :

PETIT NICOIS du 30 DECEMBRE 1914

 

PN30DEC1914 - Copie

 

 

PETIT NICOIS du 23 JANVIER 1915:

PN23JAN1915 - Copie

 Il avait 33 ans !!!!

 









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30 novembre 2016

Le "Russenbrücke" (pont des Russes) était français !

  de Michel BENOIT 
Ce texte est la propriété de son auteur-La reproduction n'est pas autorisée

 

Le « Russenbrücke » (pont des russes) était français !

Morhange-Dieuze 20 août 1914 

Le 2 aout 1914, les trois frères ALAUZEN de St-CHRISTOL-LES-ALES sont mobilisés à la 9e compagnie du 61e R.I. de PRIVAT (15e corps d’armée). Cette dernière grande unité du sud est immédiatement dirigée sur l’est de la France pour participer, au sein de la 2e armée du général de CASTELNAU, à la bataille des frontières.                            

Les 19 et 20 août, l’engagement hasardeux de nos forces dans la plaine de DIEUZE voit une hécatombe de tués, blessés et prisonniers. Les trois frères ALAUZEN n’échappent pas à la tragédie.

Emile Alauzen 20

 

 

 

 

 

 

Emile est tué,

Fernand Alauzen prisonnier - Copie

 

 

 

 

Fernand est blessé et prisonnier,

Alauzen Marcel S Lieutenant au 61e RI - Copie - Copie

 

 

 

 

 

 

seul Marcel parvient à quitter le champ de bataille non sans avoir échappé plusieurs fois à la mort. Il terminera la guerre lieutenant sur le front d’Orient. 

 

- le camp de DILLINGEN (Bavière)

Nous allons suivre les pas de Fernand, car c’est lui qui sera par la suite l’objet de cet article.
Quand je dis les pas, ils sont plutôt claudicants car il a reçu un éclat d’obus dans un genou.
Déposé dans un premier temps dans la gare de VERGAVILLE, il est dirigé sur une ambulance française du 15e corps capturée par les troupes bavaroises. C’est un officier de santé allemand qui permettra de sauver sa jambe que les médecins français, dans l’urgence allaient certainement amputer.

Interné au Lazaret du camp de DILLINGEN, Fernand ALAUZEN se remet rapidement de sa blessure.
Au cours de l’année 1915, il est affecté à une annexe du camp à ESCHENHOF dans la banlieue de MUNICH, à la croisée de quatre communes qui donneront plus tard naissance à la petite ville de GRÖBENZELL. 

Les prisonniers français construisent trois ponts  

Les prisonniers, sur la base du volontariat, mais surtout pour améliorer leur ordinaire, participent à des travaux d’intérêt civil.
Ceux d’ESCHENHOF, sont affectés à la construction de trois ponts sur les canaux de la proche région du camp. En effet, le secteur est très humide, l’exploitation de la tourbe fait partie de l’économie locale.

Eschenhof Janvier 1916 construction d'un pont - Copie


Malgré les restrictions de la captivité, les prisonniers français bénéficient de quelques aménagements pour tromper leur ennui, un labo photo (important pour la suite), un théâtre avec sa troupe, des jeux de boules, etc.
Mais la vie au camp n’a rien à voir avec un VVF…

 

Les charpentiers du pont - Copie

 

En hiver 1916, les trois ponts sont terminés et donnent lieu à des prises de vues « souvenir ».

Eschenhof janvier 1916 le pont construit - Copie


Les soldats français transmettent à leurs familles ces témoignages qui vont sommeiller des décennies, au fond des tiroirs des commodes.

Mais….

Le Centenaire de la première guerre mondiale 

Le centenaire de cette inoubliable tragédie, fait émerger dans cette période du souvenir des histoires oubliées, un temps perdues et retrouvées au hasard des vides greniers, des ventes de maisons, ou de recherches généalogiques familiales.
Des passionnés tentent de reconstituer le cheminement de ces histoires le plus fidèlement possible pour témoigner de la souffrance des individus qui ont vécu cette guerre. Michel BENOIT est de ceux là,  passionné par les déboires du 15e corps, les troupes du sud si vilipendées par JOFFRE et son état-major. Contacté par Jean-Claude MARTIN, un Bagnolais, descendant du prisonnier d’ESCHENHOF, Fernand ALAUZEN, son grand père, qui lui confie une quinzaine de photographies d’époque réalisées pendant la construction des ponts.
Il y a 5 ans environ, notre passionné, Michel BENOIT dépose les photographies  sur un site internet consultable par tous « LE CHTIMISTE »  qui seront par la suite une preuve irréfutable de la construction des ponts par des prisonniers français.  

Les recherches de nos amis allemands    

 Le « centenaire » ne se manifeste pas qu’en France, nos amis Allemands eux aussi ont eu à souffrir de cette période, ils s’y intéressent également, surtout ceux de la ville de GRÖBENZELL.
En effet, sur le territoire de la commune se dresse encore, très beau et fier, un petit pont de béton désigné
« Russenbrücke» ou en français « Le pont des Russes ».

L’association du patrimoine local et la municipalité participent à sa restauration, organisent une exposition, et une inauguration, mais subsiste un point d’interrogation, qui a construit le pont ? Les Russes prisonniers ? Une enquête est ouverte pour trouver la vérité. 

Parmi les chercheurs, Walter ENSINGER, ingénieur du génie civil ayant souvent travaillé sur le territoire français, membre d’une association Franco-Allemande. Il trouve rapidement les photos déposées par Michel BENOIT, un contact internet est établi, très cordial et constructif.
La preuve est établie que ce sont bien des prisonniers français qui ont construit les trois ponts. Alors pourquoi le Pont des Russes ? Pour la simple raison que la route qui aboutit au « Russenbrücke » a été réalisée par des prisonniers Russes du camp tout proche, la population locale n’a pas fait la distinction, tous étaient prisonniers. Ces échanges empreints de sincère coopération et de cordialité ont abouti à l’invitation de MM. MARTIN et BENOIT à la visite du fameux pont et de l’exposition par l’association du patrimoine,  de l’association Franco-Allemande ainsi que de la municipalité de GRÖBENZELL.   

Réception à GRÖBENZELL 

 

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Jean-Claude MARTIN et Michel BENOIT ont été reçus avec convivialité par M. Le maire et  leur hôtes de GRÖBENZELL les 14 et 15 juin 2016.

Une réception protocolaire sur le « Russenbrücke » a donné lieu à quelques beaux discours de nos amis allemands des associations, avec réponses des invités français. Beaucoup d’humour mais également de recueillement pour les souffrances de ceux qui cent ans avant ont œuvré pour la construction de cet ouvrage remarquable dans sa conception art-déco.

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Mais qu’est-il advenu des deux autres ponts ?
Les éléments du second ont été retrouvés dans une propriété privée, un club de golf. Les garde-corps ouvragés ont été renversés pour laisser le passage à des engins de chantiers, mais les culés, piles et tablier sont toujours en place.
Quant au troisième mystère ! L’association de sauvegarde du patrimoine a organisé une exposition à partir des photographies d’époque, également sur les différentes phases de la restauration du pont.
Celui-ci est maintenant l’objet de toutes les attentions, reparti pour cent années de plus !  

Mais, ce n’était pas fini…   

Fernand ALAUZEN, qui était charpentier sur le pont, est affecté début 1917 dans une ferme du village de DENKLINGEN à une cinquantaine de kilomètres, toujours en Bavière.

Gardien camp Eschenhof

Lorenz Waibl
Gardien du Camp d'ESCHENHOF
Maire de Denklingen


Il y travaillera un an, jusqu’à sa libération en novembre 1918. Plusieurs photos le représentent au milieu de la famille de Lorenz WAIBL, le maire de la commune. 

 

 

ALAUZEN Fernand 1916 1917 avec famille fermiers allemands - Copie

Il semble qu’il ait été accueilli plus comme un ami qu’un prisonnier, en témoigne une dédicace au dos de sa photo qu’il remettra à son départ « A mon bon patron, Fernand ALAUZEN ».

2016 - Treffen b 

Ce témoignage figure toujours dans les archives de la famille WAIBL que Jean-Claude MARTIN et Michel BENOIT ont rencontré grâce aux recherches de Walter ENSINGER.

Une histoire bâtie sur un fait de guerre qui se termine cent ans après par de chaleureuses rencontres et des amitiés, malheureusement ce ne fut pas toujours le cas, retenons celle-ci.  

 

2016 - Treffen b

 

      

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13 novembre 2016

15e corps - Soldats du Var

Draguignan-Chabran

Très beau diaporama, créé par Michel Delannoy, sur les casernes et les hommes du Var, 1914-1918

https://www.youtube.com/watch?v=wDVsFMBD-y0&feature=em-upload_owner

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12 novembre 2016

Toujours en hommage au 15e corps...

2016:
Deux Ronds-Points au nom du 15e corps.

Dans les Bouches du Rhône : la 21ème ville en France

Istres-inaug

Istres - 19 mai 2016

 

Dans les Alpes de Haute-Provence : la 22ème ville

les m+®es inaug rond point

Les Mées - le 11 novembre 2016

 

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A qui le tour en 2017 ???

 

 

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11 novembre 2016

Poème : LA FRANCE AUX MORTS

de Mathilde MAYEN

 

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LA FRANCE AUX MORTS

Vous êtes morts pour que mon jour de gloire arrive
Et soit l'aube d'un temps nouveau ;
Pour que, toujours plus grande et plus belle, je vive
Levant plus haut toujours mon immortel flambeau.

Votre sang a sauvé l'avenir d'une race...
Dormez sans nuls trésaillements,
Sous mes ceps champenois et mes sapins d'Alsace,
Et sous l'or onduleux de mes grands blés flamands !

O mes sacrifiés, dormez dans l'assurance
Que les vôtres seront heureux.
Vous êtes morts pour moi, je m'appelle la France,
Je suis deux fois leur mère et veillerai sur eux !

Dormez ! Pour vos petits j'aurai des nids encore.
Je les y réchaufferai tous,
Et tous retrouveront des sourires d'aurore
En sentant sur leurs fronts mes longs baisers très doux !

Dormez ! Ils grandiront, vos fils, sous mon égide,
Bercés par votre souvenir !
Je serai leur tendresse et je serai leur guide,
Comme ils sont, je le sais, eux tous, mon avenir !

Dormez ! Je soutiendrai toutes les pauvres femmes
Que vous laissez sur le chemin,
La France en fait serment, ô fières grandes âmes,
Celles que vous aimiez ne tendront pas la main !

O martyrs ! Ouvriers de cette délivrance
Qu'appelaient les peuples unis.
Dormez, mes fils ! Je suis votre mère la France,
J'étends sur vous mon aile immense et vous bénis.

*

 

 

 

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01 novembre 2016

Poème : LA COURONNE

de Marcel ANDRE dit ANDRE-BELLOT
(poète aveugle et sourd)
auteur de Fleurs de sang - Nîmes 1921

 

couronne-3 - Copie

 

LA COURONNE

Là-bas, au champ d'honneur, il avait dû tomber,

Blessé grièvement, il vient de succomber,

Le major, bien souvent, examinant ce brave,

En secouant la tête, il répétait : C'est grave !

Déjà, dans le jardin, le char funèbre attend

Ce sublime héros, cet ardent combattant,

 

Aux abords de l'hospice et jusques à la grille,

La foule au fantassin, lui tient lieu de famille,

Ah ! quel recueillement ! chacun verse des pleurs !

Sur le char, on a mis le drap aux trois couleurs.

Dans cette foule émue, où chaque âme frissonne,

Une d'elles aperçoit le char nu, sans couronne.

 

Vos aïeules, jadis, livrèrent des combats,

Devant vous, je m'incline et je dis : « Chapeau bas !

Dans votre dévouement, vous bravâtes la peste,

Femme de Marseille, humble et toujours modeste

Et, celle que je chante au cœur noble ignoré,

Surgit subitement, dans un groupe éploré.

 

Son regard ne pouvait voir ce char sans couronne ;

Ce luxe, à cet enfant, il faut qu'on le lui donne !

Et soudain, relevant les coins du tablier,

Sans penser au refus, qui peut l'humilier,

D'un pas ferme, elle part, avec cette sébille,

Quêtant dans tous les rangs de la foule immobile !

 

« Donnez, mes bons amis ! donnez un petit sou,

« C'est pour une couronne à ce brave pioupiou !

Tandis qu'à ce héros, on présente les armes,

La foule émue a peine à retenir ses larmes, 

 

Cette couronne, avec son ruban violet,

Donne, à cette heure triste, encore un gai reflet,

Sur cet emblème, on lit : “Aux morts pour la Patrie” !

Derrière le convoi, la foule pleure et prie.

 

 A Marseille, 3 Novembre 1914.

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23 octobre 2016

Auguste Caremil du 111e R.I. (3/4)

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suite 3/4

voir Carémil 1/4
Voir Carémil 2/4

 

 

 

 


        Auguste Caremil

Mardi 29/09 : Voilà exactement un mois que nous avons pris contact avec l'ennemi. Hier une patrouille française opérait devant nous et s'est rapproché des Prussiens. Nous avons suivi tous les mouvements et nous pensions pouvoir marcher en avant. Nous sommes toujours à notre poste et voilà la sixième nuit passée au grand air. Il fait très froid et la pluie a commencé à nous arriver. La nuit dernière nous recevons une grêle de balles à la tombée de la nuit, les Prussiens nous tâtent mais nous ne répondons presque pas, on leur laisse ignorer le nombre des troupes qui sont devant eux. Nous allons encore coucher à la tranchée cela fait la septième nuit.


Mercredi 30/09 : Jamais je n'avais eu aussi froid que cette nuit ci. Enfin à 07h00 on vient nous donner l'ordre de partir. Nous voici au quartier général où nous sommes ensemble, qu'allons nous y faire? Après marche et contremarche nous nous installons à la nuit tombante à la lisière d'un bois pour dormir. A peine installés on nous donne l'ordre de partir et nous faisons quatre kilomètres sous bois pour nous rendre à MONTZEVILLE où nous cantonnons.

 

montzeville

 


Jeudi 1er octobre : Bonne nuit passée à MONTZEVILLE. Départ à 14h00 et nous venons à PAROIS, où nous avons séjourné trois jours il y a une semaine. Nous arrivons à 18h00. Je suis chef du poste de police. A PAROIS nous trouvons du changement. Bien que l'ennemi ait reculé, les arbres sont coupés, les habitants partis et tout le village entouré de barrages et de tranchées. Je me demande quelle manoeœuvre nous faisons. Nous tournons toujours autour de MONTFAUCON, Tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. Nous prépare-t-on une campagne d'hiver ?


Vendredi 2/10 : Réveil à 05h00 et prêts à partir, comme toujours on attend des ordres. Nous demeurons à PAROIS et sur ma demande je reste au poste de police. Nous sommes très bien logés et les hommes sont très heureux que j'ai obtenu de rester là.


Samedi 3/10 : PAROIS encore, et poste de police pour ma demi-section. Demain à 6h00 j'irai à la messe pour mes pauvres camarades morts depuis le début de la guerre.


Dimanche 4/10 : Ce matin à 6h00 je suis allé à la messe. J'en sors tout impressionné et ému. En voyant le prêtre monter à l'autel, les larmes me sont venues aux yeux et je me suis retenu pour ne pas pleurer à chaudes larmes. Je voyais ma mère, ma femme, mon grand-père et tous les miens agenouillés à l'église de mon cher pays priant pour ceux qui sont loin d'eux. Ce soir nous repartons aux tranchées en première ligne face à l'ennemi. Nous allons à la forêt de HESSE.

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Lundi 5/10 : Nous avons quitté PAROIS à 16h45 et nous arrivons aux tranchées à 19h00. Nuit tranquille. On nous a apporté de la paille pour mettre dans les tranchées sur nos jambes. Nous avons moins froid.


Mardi 6/10 : Journée tranquille aux tranchées.


Mercredi 7/10 : Attaque par notre artillerie à 08h00. J'ai passé une partie de la soirée d'hier à faire des barrages en fil de fer devant l'ennemi. A 09h00 notre artillerie attaque le bois de CHEPPY et le bombardement continue jusqu'à 14h00. Sur notre droite une compagnie du 112e monte prudemment par section jusqu'à 100 mètres du bois. Arrivée là et protégée par le feu de nos mitrailleuses et par l'artillerie elle monte à l'assaut en essuyant le feu de l'ennemi. Elle est arrêtée à la lisière du bois par les fils de fer allemands et est obligée de se replier en arrière. Je crois qu'il n'y a pas eu beaucoup de morts. Cette attaque ayant manqué, nous passons encore la nuit en haleine car on ne vient pas nous relever.


Jeudi 8/10 : Nous avons reçu hier des obus toute la journée. La nuit a été très froide. Ce matin tout était blanc autour de nous. Les Allemands commencent le feu avec leur artillerie, il est 08h00. Les nôtres ne répondent pas. A 17h00 ils commencent et à 19h00 le 3e de ligne vient après avoir mangé nous nous couchons et le matin à 5h00 nous allons faire des tranchées. La journée se passe bien et nous nous reposons.


Vendredi 9/10 : PAROIS et repos.

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Samedi 10/10 : Repos


Dimanche 11/10 : Repos, je crois que nous partirons ce soir. J'ai quitté PAROIS à midi pour aller avec les sous-officiers du régiment pour reconnaître les emplacements occupés par le 3e de ligne que nous allons relever. Au moment où nous avions terminé la reconnaissance les obus sont tombés en quantité et les balles des shrapnels sifflaient à nos oreilles. Cinq ou six hommes sont blessés à côté de moi et un autre pauvre malheureux décapité. A 07h00 nous allons rejoindre le régiment pour l'emmener à sa place. Nuit assez tranquille.


Lundi 12/10 : Journée peu mouvementée. Le soir nous plaçons des fils de fer devant les tranchées pour nous protéger des attaques. Fusillade de nuit très courte.


Mardi 13/10 : Grêle d'obus dans l'après-midi. Nos tranchées sont couvertes de terre et les éclats tombent à côté. Personne n'est blessé à la compagnie. Le soir, vive canonnade, fusillade sur la gauche.

Mercredi 14/10 : Journée mouvementée. Les obus tombent à côté de nous et tuent quatre artilleurs et en blessent cinq autres à 10 mètres de la tranchée de notre capitaine. On doit venir nous relever ce soir. A 13h00 on nous annonce que l'infanterie allemande va nous attaquer. Nous sommes prêts à la recevoir. Passerons nous pour cela une nuit et un jour de plus aux tranchées ? A 17h00 une grêle d'obus encadre notre tranchée. Nous n'avons qu'un blessé, c'est vraiment miracle. Le 3e de ligne peut nous relever. Nous partons et arrivons à BRABANT EN ARGONNE à 09h00 du matin.


Jeudi 15/10 : Repos à BRABANT.


Vendredi 16/10 : Repos.


Samedi 17/10 : Repos. Nous comptions partir ce soir mais nous restons une nuit de plus.


Dimanche 18/10 : Départ à midi pour les tranchées. Nous arrivons à 7h00 du soir pour relever le 3e de ligne. Je suis avec ma section aux avant-postes. Nous sommes à 60 mètres de l'ennemi et nous n'avons qu'un petit ruisseau qui nous sépare. Nous sommes au "pont des quatre enfants" au pied des forêts de HESSE et de CHEPPY.


Lundi 19/10 : Réveil par les coups de fusil. Journée tranquille, mais impossible de faire un mouvement, si nous nous montrions on ne manquerait pas de nous tirer dessus. A la nuit on nous apporte les vivres et nous mangeons tout froid.


Mardi 20 et mercredi 21/10 : Toujours même position.


Jeudi 22/10 : On a reçu hier à la nuit un paquet de lettres. Il y en a quatre pour moi. Avec quelle impatience j'ai attendu le petit jour pour les lire ! J'en suis tout heureux. Maintenant nous allons prendre le café froid que l'on nous a apporté hier. Ce soir nous serons relevés. Sommes relevés à 7h00. Nous recommandons la vigilance à nos remplaçants car le poste que nous venons d'occuper est des plus dangereux. La relève nous prend un temps infini en raison de la clarté. Nous arrivons à PAROIS à 01h00 du matin. Notre brave capitaine nous avait fait préparer un repas chaud et en route il nous avait laissé des cuisiniers qui nous attendaient avec du thé chaud ; délicate attention dont nous lui serons tous, moi en particulier, très reconnaissants.


Vendredi 23/10 : Bonne nuit passée dans un lit avec le sergent major. C'est la première fois depuis deux mois que je me déshabille pour dormir. Nous apprenons avec peine au réveil que le petit poste que nous venions de quitter hier, a été enlevé pendant la nuit. Les hommes et gradés du 3e n'avaient sûrement pas écouté nos recommandations et devaient s'être endormis. Il y a eu plusieurs morts et des prisonniers. Le jour même que nous étions venus l'occuper il y avait eu également quatre hommes du 3e qui avaient été tués.


Samedi 24/10 : Repos. Avons travaillé aux tranchées ce matin.


Dimanche 25/10 : Repos.

                                                 à suivre---------------------------------

 

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07 octobre 2016

Le monument de Vassincourt dans la Meuse

de MoniqueB

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Situé à l'entrée ouest du village, cet imposant monument, 
à la Gloire des combattants de Vassincourt,
6 - 11 septembre 1914
peut surprendre. Il a une histoire...
 

 

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A son origine, un habitant de Fréjus, Pierre BRAVO, du 6e hussards, qui avait participé à la Bataille de la Marne en qualité d'agent de liaison du 111e R.I.  et de la 57e Brigade commandée par le général Tocanne.

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Revenu en pèlerinage sur les lieux en 1936,  il ne trouve plus aucune trace de ses nombreux compagnons inhumés sur place, à Vassincourt, les corps ayant été regroupés depuis 1922 dans la nécropole nationale de Révigny-sur-Ornain.
Plus rien ne rappelle le sacrifice des  troupes venant du Midi qui, pour empêcher l'ennemi d'atteindre Bar-le-Duc, ont mené, en septembre 1914, des combats acharnés pendant 4 jours et 4 nuits, déplorant plus de 750 morts.

De retour dans le Var,  au cours du XIVe congrès départemental des Anciens Combattants et Victimes de la guerre, le 20 mars 1937  à Saint-Raphaël, il lance l'idée d'édifier un monument  à Vassincourt en Lorraine, où s'illustrèrent les soldats du 15e corps.

 

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"Varois, que vous soyez riches ou pauvres, apportez tous votre modeste obole à la mémoire des enfants de Provence tombés face à l'ennemi, à Vassincourt en septembre 1914"

Les souscriptions sont lancées par le Comité d'érection, présidé par Pierre BRAVO.
Un autre comité se forme également dans la Meuse, sous l'autorité du Chanoine  Lucien POLIMANN, député et du maire de Vassincourt, Jules NOEL.
Le projet suscite partout un très grand intérêt.  Les Associations des A.C. du Front, le
Souvenir Français, les Mutilés, les Orphelins de guerre participent. 
La commune de Vassincourt vote une somme de 500 fr. 
pour le monument ; Antibes 1.000 fr. D'autres communes et des particuliers suivent ce geste. 

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Le 23 avril 1938, le président de la République autorise l'érection du monument.

Louis Pétetin, architecte à Toulon, ancien du 15e corps, se voit confier la conception du Monument. 

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L'inauguration a lieu le 6 août 1939, en présence de nombreuses personnalités : 

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"... C'est en présence d'une grande affluence que s'est déroulée la cérémonie d'inauguration.
Un bataillon du 94. R.I., avec musique et drapeau, sous les ordres du colonel Conquet, rendait les honneurs, et, outre les drapeaux des associations patriotiques de Provence et de la Meuse, on remarquait les drapeaux des régiments dissous du XVe corps d'armée, drapeaux provenant des Invalides..."

Journal Le Var 28 août 1939 

 

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PN7AOUT1939 - Copie

"...La guerre d'hier a meurtri durement le sol de nos frontières du Nord et de l'Est. Si tous les Français des autres provinces n'ont pas été éprouvés dans leurs foyers même, tous ont combattu, souffert, ou se sont sacrifiés pour la défense de ce même lambeau de notre pays.

Ceux du Midi, qui se sont battus loin de leurs villes, de leurs villages, n'ont pas voulu que leur effort, parfois méconnu ou oublié, ne fût glorifié qu'auprès de leurs demeures. Ils ont désiré qu'un témoignage de leur effort s'élevât sur la terre même où ils l'avaient donné, réalisant un hommage à leurs souffrances, montrant en même temps le lien qui, sous l'égide de la Patrie, unit tous les Français.

C'est le sens de ce monument élevé sur la terre meusienne, à la gloire des combattants de Vassincourt, par les anciens du 15e corps..."

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"... La charnière entre la IVe et la IIIe armée, est à Vassincourt ; elle est tenue par le 5e corps de la IIIe armée qui, en butte à l'effort de percée allemand, est à bout de souffle. S'il succombe, la IIIe armée est en danger.
C'est le 15e corps qui est appelé à sauvegarder la liaison entre les deux armées. Est-ce une troupe fraîche, ce 15e corps ? Non ! il arrive, à marches forcées de l'armée de Lorraine, où il a déjà pris part à de nombreux combats. Le 11 août, deux de ses bataillons et un de ses groupes ont été anéantis à Lagarde. Les 14 et 15, engagé à Moncourt, à Eidentroff (??), il a eu de beaux succès, mais à quel prix ? Pendant la retraite générale qui a suivi, deux des ses B.C.A., les 23e et 27e, se sont sacrifiés. Au 20 août, le bilan de ses pertes est de 200 officiers et 10 000 hommes de troupes. Et ce n'est pas fini. Il a repris l'offensive dans la région de Lunéville, du 25 août au 2 septembre, laissant là encore une partie de son sang,  y gagnant les honneurs du communiqué.

C'est à cette troupe épuisée qu'il doit être fait appel. Elle arrive ici après une marche de quatre jours, succédant à ses rudes combats, hâve, affamée parfois, exténuée toujours, mais avec un moral intact.
Il était temps. La 19e brigade du 5e corps n'a plus que 600 hommes et vient d'être rejetée de Vassincourt. La 58e brigade de la 29e division l'étaie. La 57e brigade de la même division et la 30e division à sa gauche, s'engagent en face et à l'ouest de Vassincourt.
Ici même, ce sont les 6e et 24e B.C.A., avec le 112e R.I.,  plus tard le 111e, qui mènent le combat." ......

Extraits du discours du Général Olry

******

Mme Mistral, veuve du célèbre Félibre a fait parvenir un message pour les fils de Provence tombés à Vassincourt :

"Soldats alertes et courageux, vous avez gardé dans nos âmes ce qui provoque l'amour de la patrie ; vous  vous êtes battus pour elle et votre héroïsme l'a sauvée ! Vos vaillants chefs tressaillent de joie : c'est l'heure de la victoire.

Salut ! salut ! Glorieux enfants de la Provence qui  sur l'ordre de Joffre, avez préféré la mort à la défaite !  Que Dieu vous tienne compte d'un tel sacrifice !

C'est pour vous que Mistral a écrit :
Coupe sainte, et débordante - Verse à pleins bords - verse à flots - les enthousiasmes - et l'énergie des forts"


LE MONUMENT :

Sur un terrain mis à disposition par la commune de Vassincourt, le monument consiste en un monolithe quadrangulaire à la base, puis hexagonal vers le haut, surmonté d’une urne de porphyre contenant  de la terre du Midi ornée d'une plaque de cuivre gravée :


"Terre de Provence - Hommage à ses fils tombés pour la Patrie -
septembre 1914"

Le socle est prolongé à l'arrière par un demi-cercle bordé de  6 bornes symbolisant les 6 jours de combat.

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Fixée sur la base de la colonne, une plaque en bronze, fondue à Fréjus, rappelle les unités présentes lors des combats de Vassincourt

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D'autres plaques :
L’une rappelle l’ordre de Joffre, le 6 août 1914 – « se faire tuer sur place plutôt que de reculer » 
 

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et une autre celui de Sarrail au général Carbillet, commandant la 29e division :

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Chaque année la commune de Vassincourt organise une Cérémonie du Souvenir, rassemblant les autorités et la population meusiennes ainsi que des délégations du Midi.

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La délégation de Pont-St-Esprit (Gard) en 2014

 A LIRE ET ECOUTER :
Sonnet pour le Centenaire composé par  Pascal Lefèvre
http://www.francememoire.fr/1000-sonnets-pour-le-centenaire/france-lorraine/sonnet-pour-le-centenaire-n-0075-le-monument-du-15e-corps-a-vassincourt-55/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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28 septembre 2016

Auguste Caremil du 111e R.I. (2/4)

SUITE 2/4

Voir Carémil 1/4

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Résumé:
Dimanche 13/09 : BAR-LE-DUC à VASSINCOURT, nous poursuivons l'armée allemande que nous avons mise en déroute à VASSINCOURT, REMBERCOURT 15h30 BLANZEE nous marchons depuis le matin et nous continuons toujours. Enfin après avoir traversé maints villages complètement brûlés et pillés (c'est un spectacle lamentable) nous croyons toucher au but et nous reposer, il est 18h00. Nous recevons l'ordre de revenir en arrière pour cantonner dans un autre pays, c'est 5 km de plus à faire, nous les faisons très lentement à cause des troupes qui viennent en sens inverse. Nous finissons par passer la nuit en plein champ sous la pluie, je suis éreinté.

     Auguste Caremil
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Lundi 14/09 : Réveil à 03h00 et départ. Nous croyons marcher sur VERDUN et nous changeons de route. Enfin après huit heures de marche nous arrivons à BLERCOURT. Trempés, nous avons de la paille et du foin dans une grange. En profiterons-nous ?


Mardi 15/09 : Nous avons couché à BLERCOURT. Nous quittons notre cantonnement à 06h00 et nous marchons à travers champ jusqu'à GERMONVILLE, nous sommes depuis trois quarts d'heure au repos devant le village sans pouvoir y aller. Il y a avec nous presque un corps d'armée, nous attendons les ordres. Nous partons et nous venons coucher à MARRE.

marre


Mercredi 16/09: nous devions coucher hier mardi dans les champs, heureusement pour nous, l'ennemi a été arrêté par les autres armées qui devaient le rabattre sur nous. Nous sommes en ce moment sous les forts de VERDUN. Entre MALANCOURT et CUMIERES, il est 16h00 et nous n'avons pas encore bougé bien que les obus fassent rage autour de nous. Un capitaine d'artillerie et trois artilleurs sont l'un tué et les autres blessés. Le 112e a été atteint sérieusement et il n'est pas éloigné de nous. Il paraît que nous devons cette grêle d'obus à un espion qui a été pris à CHATTANCOURT entrain de faire des signaux à l'ennemi.


Jeudi 17/09 : Nous avons passé la nuit en plein air, il faisait vraiment très froid. Ce matin la compagnie reçoit l'ordre d'aller occuper une ferme appelée "le Moulin", voisine de BETHINCOURT. A l'approche de la ferme les obus pleuvent et nous sommes obligés de rentrer sous bois, ensuite nous allons occuper notre poste un par un. Là, je reçois une mission spéciale, il faut que j'aille avec quatre hommes dire au capitaine de la deuxième compagnie qui occupe BETHINCOURT que nous sommes ses voisins. Le village est en flamme, comme nous arrivons à sa hauteur une vive fusillade nous arrête, les mitrailleuses donnent et nous sommes obligés de nous coucher sur le chemin. Les canons allemands partent devant nous à faible distance et leurs obus éclatent à 20 m derrière nous. Enfin notre artillerie s'en mêle et après un long quart d'heure de canonnade nous pouvons en rampant atteindre le village. Tout brûle ici, nous passons dans les rues au milieu des flammes. Poulets, cochons, vaches courent pêle-mêle et nous ne trouveront qu'un bon pauvre vieux qui n'a pas pu abandonner le pays. Je n'ai pas encore trouvé le capitaine et je ne le trouverai pas puisque j'apprends qu'il a battu en retraite de 1500 mètres. Je retourne au Moulin de BETHINCOURT, mauvaise nuit passée sous les obus, trois qui tombent à côté de notre grange n'éclatent heureusement pas car nous aurions sauté. je me recommande à Dieu et à la Vierge et je pense plus que jamais à ma famille.

 

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                            situation du Moulin de Raffecourt, souvent appelé Moulin de Bethincourt


Vendredi 18/09 : Nous procédons à une bien triste cérémonie. Un caporal du 112e qui a été tué la veille est enterré par quatre hommes. Quatre autres présentent les armes et toute la compagnie ensuite salue militairement ce pauvre camarade mort pour la patrie. Je n'avais jamais entendu comme oraison funèbre le bruit sourd du canon et le crépitement des obus qui éclatent. Que c'est triste ! Nous venons de quitter le Moulin de BETHINCOURT ; ma section est restée la dernière pour attendre la compagnie qui doit nous remplacer. Je suis étonné de voir arriver le restant du dépôt que nous avons laissé à ANTIBES. Je vois Martin et n'ai pas le temps de lui demander des nouvelles. Demain je l'espère nous nous reverrons, nous aurons le temps de causer. Nous voici dans les champs, une batterie allemande nous repère et nous envoie deux volées d'obus qui ne nous atteignent pas. La compagnie qui nous précédait de peu, a eu huit blessés, ce qui nous fait onze depuis hier matin. Maintenant nous sommes en arrière dans des tranchées et près de CHATTANCOURT, je crois que nous cantonnerons au village.


Samedi 19/09 : Nous avons cantonné au village, nous avons enfin mangé convenablement. Il y avait plus de deux jours que nous vivions de pain, biscuits et viande de conserve. Nous attendons et faisons pendant ce temps un bon pot au feu. Le soir nous partons pour aller coucher à MARRE.


Dimanche 20/09 : On nous réveille à 02h00 du matin et nous partons. Les Allemands nous ont attaqués. La 30e division est devant nous et la fusillade est très vive. Nous sommes en réserve et attendons les ordres dans un pré, nous avons les pieds trempés et il fait froid. Nous passons la journée en plein champ sous une pluie torrentielle. A la nuit nous faisons 25 km pour aller cantonner à FROMEREVILLE, nous nous couchons à 01h00 le matin et repartons à 05h00.


Lundi 21/09 : Nous passons à DOMBASLE en ARGONNE, nous nous arrêtons à RECICOURT et après la pause nous allons à PAROIS où nous cantonnons.

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Mardi 22/09 : Avons pris une bonne nuit coupée par une fausse alerte. Il est midi et nous sommes prêts à partir. Le départ a lieu à 14h00. Nous faisons 6 km et nous voilà à NEUVILLY et nous faisons la pause tout en reprenant contact avec l'ennemi.


Mercredi 23/09 : Nous sommes revenus à PAROIS, j'en suis à me demander ce que l'on veut faire de nous. Nous y passons la journée et le soir à 18h00 nous venons protéger l'état-major et nous couchons en plein air.


Jeudi 24/09 : Nous venons à AUBREVILLE et nous le quittons immédiatement pour venir sur la ligne de feu. Nous sommes en face de l'ennemi à 800 m. Nous creusons des tranchées dans un terrain argileux très difficile à travailler. De temps en temps quelques coups de feu. Enfin les tranchées sont prêtes, les petits postes en place et comme je suis sergent depuis hier je reste avec ma demi-section. Mauvaise nuit. Nous avons dissimulé les tranchées sous des branches, mais le froid se fait sentir et comme la nuit précédente, j'en souffre beaucoup. Nous n'avons rien mangé depuis 36 heures ; En arrivant nous faisons une bonne soupe avec du riz et un potage de conserve. Nous faisons bouillir quelques pommes de terre et c'est tout notre repas. A la nuit on distribue le pain (…) que nous mordons à belles dents et nous essayons de dormir ensuite.

Vendredi 25/09 : Nous sommes debout depuis 04h00 du matin, nous faisons le café et nous cuisons la viande que nous mangerons dans un instant, les fusils et cartouches près de nous qui sommes attentifs à ce qui se passe dans le bois en face. A 16h00 la fusillade commence les Allemands nous tirent dessus. Pour cacher notre effectif nous ne répondons pas à leur feu. Personne n'est blessé car les tranchées nous abritent bien. On devait nous relever, mais devant cette attaque, pour ne pas faire de mouvement de troupes, on nous laisse, ce qui fait trois nuits à masser à la belle étoile.


Samedi 26/09 : La nuit a été très froide, mais exempte de faits. Je souffre beaucoup du froid. Ce matin et cet après-midi nous supportons une vive fusillade et les obus tombent dru. Nous gardons nos positions. Je crois que l'ennemi se retire vers notre gauche. Réussira-t-on à le déloger de MONTFAUCON où ils sont fortement retranchés ? Nous attendons la relève. La relève ne vient pas et nous restons. Je suis placé en petit poste avec trois escouades devant l'ennemi. Nous les entendons toute la nuit aller et venir, mais ils ne nous attaquent pas.


Dimanche 27/09 : Au réveil on relève mon poste. Je retourne avec mes hommes à ma tranchée. Nous apprenons que nous resterons encore ici plusieurs jours. Nous allons attaquer l'ennemi. L'artillerie prépare le terrain et nous attendons le moment favorable. Deux armées ont livré un grand combat sur notre gauche, de ce combat le sort de la victoire dépendra. Nous devons tenir une armée ennemie, celle qui est devant nous, c'est notre rôle, nous tacherons de le remplir de notre mieux et Dieu fasse que la paix soit prochaine.

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Lundi 28/09 : La nuit de dimanche à lundi a été assez tranquille. Fin d'après-midi après un duel d'artillerie, nous avons commencé l'attaque. La fusillade est vive de part et d'autre. Je crois que nous n'avons aucun blessé, les chasseurs ont avancé sur la gauche pour pousser l'ennemi vers nous. Nous sommes toujours dans les tranchées en expectative. De temps à autre la fusillade éclate ce qui ne nous empêche pas de faire la soupe et le café et de manger assez tranquillement. Voilà cinq nuits que nous passons à la belle étoile et il fait rudement froid. Je crains fort qu'on ne vienne pas nous relever aujourd'hui et ce soir nous dormirons probablement ici. Nous sommes au nord d'AUBREVILLE et nous avons AVOCOURT à l'ouest.

                                                                 à suivre----------------------

 

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