Sur les traces des "Midis" du XVe Corps - guerre 1914-1918

25 septembre 2016

Général TOCANNE - EXPOSITION A CESSON (77)

CESSON (77) Galerie Guy Michel Boix
Jusqu'au 1er octobre 2016

 

Il ne reste plus que quelques jours pour visiter l'exposition consacrée au Général TOCANNE,  commandant la 57e brigade d'infanterie du XVe corps d'Armée en août 1914.

Général TOCANNE - PARCOURS D'UN ENFANT DE CESSON

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POUR EN SAVOIR PLUS :
- Exposition à Cesson 
- Hommage au Général Tocanne

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11 septembre 2016

Auguste Caremil du 111e R.I. (1/4)

Par MoniqueB

En 2005, le carnet d'Auguste CAREMIL a été présenté sur le forum du 15e corps et a été publié dans diverses revues.

Il m'a semblé intéressant, à l'approche de l'anniversaire de la bataille de la Marne et des combats de Vassincourt, de le mettre en ligne sur ce site dédié aux héros du Midi.

Et d'abord pour en savoir plus sur le personnage : 

 

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Auguste Jules CAREMIL est né à Grasse (06) le 30 novembre 1881,
fils de Nicolas Joseph et d'Antoinette Clara SICARD, qui habitent rue Porte Neuve.

Cuisinier de métier il travaille dans des palaces de la Côte d'Azur et à l'étranger.

De la classe 1901, il effectue son service militaire au 99e R.I. 
Il est nommé caporal le 24 mai 1903.

En 1911 il épouse Marie-Louise RICORD.
Un fils naît en 1912, une fillette en 1913 et un autre fils en juillet 1914.

A la mobilisation, il rejoint le dépôt du 111e R.I. à Antibes.
Le 25 août, un renfort de 847 hommes (dont CAREMIL) + 13 officiers et sous-officiers,  rejoint le régiment particulièrement décimé après le combat de Dieuze.

CAREMIL est un bon soldat. Sa bravoure lui vaut d'être nommé sergent le 23 septembre 1914, puis adjudant le 9 novembre 1914.

Il meurt au combat le 21 décembre 1914.

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Le carnet a été retrouvé et transcrit en 2002 par son petit-fils Jean-Luc, qui en fait la description :


"C'est un petit carnet à couverture de toile noire d'une quarantaine de pages, de dimensions 8x11 cm.
A l'intérieur de la couverture il est écrit au crayon : "29e Cie – 13e escouade – Carnet de Prêt".
En première page quelques notes, un plan de coupe d'une tranchée avec les cotes, au verso est inscrit : "8e escouade – caporal CAREMIL" et une liste en deux colonnes d'une vingtaine de noms.
Les quatre dernières pages ainsi que la deuxième couverture sont occupées par des notes, listes de noms et plusieurs autres plans de tranchées. Tout le reste du carnet est parcouru d'une écriture serrée au crayon, de couleur violette. Ce sont des notes au jour le jour, datées du 25 août au 14 décembre 1914.

Le 111e R.I. d'ANTIBES (régiment d'infanterie où était incorporé Auguste CAREMIL) avec le 40e de NIMES, le 58e d'AVIGNON, le 112e de TOULON, le 141e de MARSEILLE et le 173e de la CORSE, composaient le 15e C.A. (corps d'armée) au sein de la 2e ARMEE du général CASTELNAU. La mobilisation générale venait d'être décrétée le dimanche 2 août 1914.
Toute l'action de ce journal s'inscrit dans ce qui est historiquement connu sous le nom de "Bataille des Frontières" et qui va durer de très longues années.

Je voudrais dire l'émotion que j'ai ressentie à la découverte de ce manuscrit qui n'avait jamais été lu depuis 1914. On y trouve des mentions laconiques sur le quotidien du soldat, mais aussi un récit détaillé de la situation, avec de la compassion et une profonde foi chrétienne, l'espoir d'une guerre rapide et la volonté de comprendre le sens de l'action, des interrogations sans que jamais perce le désespoir.

En voici la transcription, intégrale à un ou deux détails près, que je n'ai pu déchiffrer, et qui sont alors entre parenthèses. J'ai dû rétablir, en reconstituant le calendrier de 1914, les dates et les jours qui étaient en pleine confusion au tout début de ce journal.
J'ai rectifié la toponymie en m'aidant de la carte Michelin "n° 307 LOCAL" (Meurthe et Moselle, Meuse, Moselle).
Cette carte permet de suivre l'itinéraire en arc de cercle, dans le sens sud / sud-ouest / ouest jusqu'à VERDUN.
Pour la compréhension de ceux qui ne sont pas de la famille proche je précise que LOUISE est ma grand-mère, femme d'AUGUSTE, mon grand-père (auteur et acteur de ce récit). Né en 1881 à GRASSE Auguste CAREMIL était chef de cuisine, en 1914, à l'Hôtel de Grande Bretagne" au CANNET, qui existe encore aujourd'hui, mais en moins important, après reconstruction.
Lisette, ma tante née en 1913 et Jean, mon père qui venait de naître le 4 juillet 1914, sont les deux enfants.



Jean-Luc CAREMIL

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1914

Départ d'ANTIBES mardi 25 août.

Arrivée mercredi 26 à 02h00 du matin VEZELISE et à 06h00 TANTONVILLE, départ TANTONVILLE pour St MARD, arrivée après 30 km de marche.

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Jeudi 27 : départ St MARD à 02h00, après-midi arrivée à MEHONCOURT à 17h15, vu Germain CARLAVAN et première sépulture de soldat.


Vendredi 28 : constitution du régiment actif, premiers obus dirigés sur nous pendant la soupe. Tout le jour canonnade, travail aux tranchées. Soir : départ des positions, nuit passée à LAMATH.


Samedi 29/08 : la canonnade reprend, levés depuis 3h00, attendons le départ et faisons le café. Matin : exercices école de bataillon et école de section. A 14h00 départ pour les avant-postes, nous passerons la nuit en sentinelle devant l'ennemi. Nous voilà dans les tranchées. A la nuit tombante un avion nous signale aux Prussiens qui sont à 500 mètres de nous. Une grêle d'obus éclatent sur nos têtes, j'ai caché la mienne sous mon sac et à chaque explosion je suis heureux de me retrouver entier, trois hommes sont éventrés, un quatrième blessé.


Lundi 31/08 : nous passons la journée dans le bois. A 18h00 je prends le commandement d'un petit poste et nous voilà en sentinelle devant les Prussiens, nous passons la nuit sac au dos, les obus nous épargnent.


Mercredi 2 septembre : 03h00 la fusillade crépite, personne n'est touché. A 15h00, un obus à mélinite tombe à côté de ma section, un homme est blessé. Le soir nous couchons sur la terre, en plein air.


Jeudi 3/09 : au réveil les obus font rage autour de nous, j'écris sous la mitraille et nous attendons les ordres. 07h00 départ pour LAMATH poursuivis par les obus. Passons la journée entre XERMAMENIL et LAMATH. Déception, la compagnie assure la garde d'un pont, nous logerons encore en plein air sous les obus allemands. A 23h00 alerte, nous partons à 24h00 et après trois heures de marche, faisons le café à BAYON 15 km de LAMATH en arrière de la frontière. Je pense que nous serons dirigés sur la Belgique.

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Vendredi 4/09 : arrivés à BAYON à 03h00 repos toute la journée, attendons des ordres. Les ordres sont arrivés nous quittons le pays à 20h00 pour HAMMEVILLE, encore 22 km à ajouter à ceux faits ce matin, la moitié du bataillon reste et nous nous retrouvons difficilement samedi 5 septembre à 03h00 du matin à l'arrivée. Nous devons partir pour VAUCOULEURS à 19h00, 35 km en perspective.


Samedi 5/09 : avons passé la nuit à …HAMMEVILLE. Partis à 5h00 passons à GOVILLER-CREPEY-COLOMBEY ; avons passé la nuit à HOUSSELMONT.


Dimanche 6/09 : départ d'HOUSSELPONT à 03h00, PAGNY LA BLANCHE COTE, CHAMPOUGNY, MAXEY SUR VAISE, arrivés à GERAUVILLIERS à 12h00, départ à 15h00 pour MAUVAGES 7 km de plus, total 33 dans la journée. Avons embarqué à 18h00, attendons le départ du train, débarqués à NANCOIS, TRONVILLE à 23h20, 3 km en plus et nous arrivons à SILMONT où nous ne pouvons nous coucher qu'à 1h00 du matin.


Lundi 7/09 : départ à 03h00 LONGEVILLE à 06h30, BAR-LE-DUC à 09h30, réception enthousiaste des habitants, recevons du vin des confitures, du pain qui tombent à pic car il y a 36 heures que nous n'avons pas mangé. Départ de BAR-LE-DUC pour les positions. L'ennemi est à quelques kilomètres, l'attaquerons probablement demain. Total des kilomètres en 24 heures, sans avoir dormi : 50. Les positions occupées par la 29e division sont les bosses de VEEL. Départ des bosses de VEEL à 19h30, campement en plein champ. Désigné avec 4 hommes dévoués pour former un petit poste. Fusillade et canonnade de nuit.


Mardi 8/09 : La compagnie garde la ferme à proximité de la route de GOULOT  
(note 1) où nous avons l'artillerie qui s'apprête au combat. Le combat est acharné, je pense que c'est aujourd'hui la Notre Dame. Les obus font rage autour de nous, nous maintenons notre position, nous partons ensuite en éclaireur sur BEURREY. Nous y voilà. Je garde avec 4 hommes la route. Le sergent de ma section garde un pont avec le restant de la section. Les obus ne cessent de tomber. Je me recommande à Notre Dame. Nous passons l'après-midi ici. Les Ulhans approchent, nous ne pouvons y tirer dessus. Le soir à 19h00 nous revenons sur nos pas pour rejoindre le bataillon qui nous avait perdus. C'est une chance pour nous que notre capitaine ait mal compris les ordres, car le régiment a perdu plus de 400 hommes pendant la nuit. Nous avons couché dans la ferme que nous gardions le matin, nous ne sommes pas très rassurés, car quelques instants avant notre arrivée un obus est tombé dessus et a tué 3 blessés parmi tous ceux qui y étaient couchés.

note 1- la ferme du Goulot se trouve entre Couvonges et Veel, au croisement de la D146 et de la D2.


Mercredi 9/09 : Le capitaine fait prévenir la section afin qu'elle aille rejoindre les trois autres. Nous nous mettons en route sous bois et sous la mitraille. MOUTET de Grasse vient nous donner la direction, mais le capitaine a encore oublié de laisser un homme de liaison pour nous indiquer la route à suivre ce qui fait que nous sommes encore seuls. La fusillade bat son plein, la route est jalonnée de blessés qui attendent des soins, c'est un spectacle épouvantable à voir. Dans l'après-midi nous rencontrons un capitaine qui après l'assaut du matin s'était égaré, nous faisons route ensemble et après maints détours dans les bois nous pouvons rejoindre notre régiment. Nous passons l'après-midi et la nuit dans la tranchée sous une grêle d'obus, un soldat du 220 qui nous avait rejoints a été tué à côté de nous. Les éclats tombent de toute part, c'est miracle que de n'être pas atteint.


Jeudi 10/09 : Nous sommes toujours dans les tranchées, nos canons tonnent depuis ce matin. Les Prussiens ne répondent pas, je me demande ce qu'ils comptent faire. Nous avons fait le café ce matin, il y avait cinq jours que nous n'avions rien mangé de chaud. Maintenant nous venons de manger la soupe et des pommes de terre frites, nous allons reprendre le café. J'oublié de dire que hier au soir vers 06h00 il nous est arrivé 150 hommes (note 2) du dépôt d'ANTIBES. Notre capitaine a été tué mardi soir d'une balle au front, on l'a enterré hier matin. Nous avons repoussé l'ennemi et avons avancé de 1500 mètres. Nous passons la nuit dans d'autres tranchées ne avant, sous la pluie.

note 2 - le renfort comprenait 113 hommes de troupe + 1 officier + 11 sous-officiers.


Vendredi 11/09 (Annotation en marge "bataille de VASSINCOURT") : Le soleil se montre enfin, il est 07h00, nous sommes trempés et plein de boue, aurons-nous le temps de nous sécher ? La canonnade commence mais très irrégulièrement. Nos tranchées sont à la droite du village de VASSINCOURT que les Allemands occupaient il y a trois jours. Il ne reste que les murs, les meubles sont éventrés, tout a été incendié, c'est un spectacle lamentable à voir. Nous quittons les tranchées ce matin pour faire une marche en avant. Nous voilà arrivés à MUSSEY. Les Allemands ont abandonné le village hier au soir. Les habitants qui ne tarderont pas à revenir ne seront pas si malheureux que ceux de VASSINCOURT, les dégâts sont insignifiants. Nous quittons MUSSEY à 14h00 et nous venons cantonner à FAINS, arrivée à 18h30. (Marie VANOLA à FAINS. Meuse. Rue du château n°10)


Dimanche 13/09 : BAR-LE-DUC à VASSINCOURT, nous poursuivons l'armée allemande que nous avons mise en déroute à VASSINCOURT, REMBERCOURT 15h30 BLANZEE nous marchons depuis le matin et nous continuons toujours. Enfin après avoir traversé maints villages complètement brûlés et pillés (c'est un spectacle lamentable) nous croyons toucher au but et nous reposer, il est 18h00. Nous recevons l'ordre de revenir en arrière pour cantonner dans un autre pays, c'est 5 km de plus à faire, nous les faisons très lentement à cause des troupes qui viennent en sens inverse. Nous finissons par passer la nuit en plein champ sous la pluie, je suis éreinté.

                                                                                                   à suivre -------------------

Pour en savoir plus sur la Bataille de Vassincourt :
https://vassincourt.wordpress.com/2014/03/02/la-bataille-de-vassincourt/
http://badaboo.pagesperso-orange.fr/Residences/Vassincourt/VAS_ART001.htm
http://memoires52.blogspot.fr/2011/01/coup-darret-dans-le-triangle-6-11.html
http://1914ancien.free.fr/palat_16.htm
http://1914ancien.free.fr/hanot111.htm


 

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20 août 2016

PAS DE FLEURS POUR LES SOLDATS DU XVe CORPS

En ce jour de l'anniversaire de la bataille de Dieuze qui a coûté tant de vies à nos soldats du Midi...

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La Provence 20 août 2016

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27 juillet 2016

« De Forcalquier à Metzeral ». Carnet et lettres d'un chasseur alpin (1914-1915)

 


NOTE DE L'EDITEUR POUR CEUX QUI ONT COMMANDE L'OUVRAGE :
http://lesmidi.canalblog.com/archives/2016/03/15/33519134.html
Vous avez souscrit au livre « De Forcalquier à Metzeral ». Carnet et lettres d'un chasseur alpin (1914-1915) et nous vous en remercions.
Vous devez vous étonner à juste titre de ne pas avoir encore reçu l'ouvrage et nous vous devons quelques précisions.
Entre le projet de départ (édition critique de la correspondance de Joseph Barjavel) et l'état actuel du futur livre, bien des découvertes archivistiques imprévues se sont produites. Nous n'allons pas les décrire ici (vous les découvrirez livre en main), mais elles ont nécessité un travail rédactionnel beaucoup plus conséquent, avec en particulier une postface qui développe précisément (tout en restant grand public) des thèmes qui sous-tendent les lettres de Joseph Barjavel.
C'est donc un livre un peu plus ambitieux qui vous sera proposé et nous vous demandons donc encore un peu de patience (jusque début septembre) pour le découvrir. Nous sommes convaincus que ce témoignage sur la Grande Guerre méritait ce surplus de recherche historique.
Nous nous excusons d'avance pour tous ceux qui auraient aimé l'avoir dans leur valise de vacances…
Nous vous rappelons que les chèques de souscription ne seront encaissés qu'à la parution du livre.
N'hésitez pas à diffuser le bulletin de souscription ci-joint afin d'enrichir le nombre (encore trop réduit) des souscripteurs
Nous vous remercions d'avance pour votre compréhension.
Bien cordialement,
Emmanuel JEANTET
Éditions C'est-à-dire
Maison des métiers du livre
4, avenue de l'Observatoire
04300 Forcalquier
Tél 04 92 74 87 11

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20 mars 2016

20 mars 1916 - 111e R.I. au bois de Malancourt

Ce texte est la propriété de son auteur- La reproduction n'est pas autorisée
De Maurice MISTRE-RIMBAUD -Des républicains diffamés pour l'exemple, 2004 -La légende noire du 15e corps, 2008 

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Il y a cent ans, le 20 mars 1916, les Allemands attaquent le bois de Malancourt-Avocourt, au N.O. de Verdun, rive gauche de la Meuse qui est tenu par le 7e Génie d'Avignon, le 111e régiment d'infanterie d'Antibes, le 258e R.I. d'Avignon et le 106e R.I. Territorial de Bourgoin.

 

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 Jean Nardou, capitaine du 111e R.I. raconte :
" A 7h00, un bombardement très violent commence (grosses torpilles et engins de tranchées de toutes sortes) sur nos tranchées de première série et petits postes ; obus de gros calibres sur les deuxième séries et boyaux.
Vers 9h00 j'envoie à mon chef de bataillon la communication suivante par un planton : "Les tranchées sont détruites, les abris démolis ou bouchés ; le téléphone, le bureau sont en miettes, la poudrerie a sauté, mes papiers sont détruits, la situation me paraît très critique". Le bombardement a continué avec une intensité de plus  en plus grande et est devenu d'une violence inouïe après 15h00. A partir de ce moment , tout mouvement dans les tranchées et boyaux était impossible, tant le bombardement était grand. Un peu avant 16h00, les Allemands ont lancé des liquides enflammés sur plusieurs petits postes qu'ils ont également fait sauter à la mine et ont profité de la fumée noire et épaisse qui se dégageait pour s'approcher de nos tranchées qu'ils ont attaquées de revers et de face à l'aide de grenades, pendant que leur bombardement continuait."  (note de Olivier G.)

Joseph Long, brancardier au 111e  R.I. -atteint le lendemain en relevant les blessés et décédé le 22 mars- note dans son carnet: "Lundi 20 mars - beau temps. Forte canonnade. Le soir les boches attaquent le bois de Malancourt avec du liquide enflammé. Ils prennent le bois, deux bataillons du 111e prisonniers, presque tout le 258e, le général de brigade, les colonnels des deux régiments, tout l'état-major de la brigade... Tout compris environ 3000 hommes. Il y en a aussi du 106e et des artilleurs".  (note de Stéphanie A.)

Jean Rebufat du Génie de la 29e D.I., écrit dans une lettre énigmatique non censurée (!), le 23 mars : "que de choses j'aurai à vous raconter et de bien pénibles. Vous rappelez-vous les articles de Gervais sur Le Matin au début de la guerre, bien aujourd'hui, je sais de quoi il en retourne... Deux compagnies du 141e s'étaient débinées". Or le 141e n'est pas dans l'action, et c'est lui qui contre attaque le 22 ! (note de Jérôme P.) Archives du Var

Bilan 20 mars 1916

 

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Pour notre part, nous n'avons retrouvé dans les archives de la Croix Rouge, que 1143 prisonniers incarcérés  à Giessen et 919 à Darmstadt.

Scandale ! Les Provençaux se sont encore déballonnés ! Sempiternelle antienne. Le général Pétain rapporte à Poincaré "qu'il savait que le régiment qui tenait le bois d'Avocourt n'avait pas bon esprit, mais qu'il n'a pas voulu le déplacer pour ne pas donner une prime à la lâcheté."

Mais le chef de bataillon Caucanas du 111e qui était déjà à Dieuze, écrit le 19 avril : "il y a eu également erreur du commandant de la brigade, des modifications fâcheuses aux consignes données précédemment. Mais le commandement ne reconnaît jamais ses fautes. On rejette toujours tout sur ceux qui exécutent les ordres." (note Olivier G.)

Une fois encore on chargera les soldats du Midi (fraternisation ou défection) mais pas la hiérarchie Brumm (Brigade), Salins (Division), Alby (Corps), Pétain (Armée) (tactique, organisation, consignes, roulement, etc...)

Après cette malheureuse affaire, le 258e est dissous le 4 avril 1916 et le 111e R.I., le 28 juin. Son drapeau fut renvoyé comme une "estrasse" au dépôt d'Antibes.

 

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Merci à Olivier G et Philippe B pour cette image

 

Ostracisé, ce symbole attendra le 3 mai 1922, pour intégrer la place qui lui est due, aux Invalides,  à côté de tous les autres de 1914/18.

Eclaireur de Nice 4 mai 1922

 

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15 mars 2016

UN LIVRE EN SOUSCRIPTION

 

Un nouvel ouvrage aux Editions C'est-à-dire
Souvenirs de guerre de Joseph BARJAVEL du 23e B.C.P.

Originaire de Forcalquier, dans les Alpes de Haute-Provence, Joseph Barjavel, sergent au 23e bataillon de chasseurs alpins de Grasse a tenu une correspondance avec ses proches et emporté avec lui un petit carnet sur lequel il a écrit ses impressions du début de la guerre. Avec des mots justes, il raconte ....

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BON DE SOUSCRIPTION

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POUR EN SAVOIR PLUS : cad-editions@orange.fr

 

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21 février 2016

LA BATAILLE DE VERDUN

Souvenons-nous,
Bataille de Verdun:
21 février 1916- 19 décembre 1916
300 000 pertes

batailleVerdun_b

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12 février 2016

Un livre : PENSEZ A NOUS DANS VOS FETES DU COEUR

 

De MoniqueB

Titre :    PENSEZ A NOUS DANS VOS FETES DU COEUR !

             Un Corse au coeur de la grande guerre

Auteur :  Marie Guerrini

Editeur : Albiana, juin 2014

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pensezanous

Ce livre a été écrit pour lui…

Lui, c’est Philippe, poilu de 14 à 18, quatre ans de guerre, une jambe en moins, dix jours avant l’Armistice.

Toute sa vie il s’est tu. Il n’a jamais rien dit, ne s’est jamais plaint. La censure, celle de l’armée qui ordonnait de se taire, ça, c’était pendant la guerre. Après, après… C’est que, voyez-vous, ça ne se fait pas de se raconter, ce serait comme se plaindre. Pourtant avec sa jambe en moins et ses autres blessures, c’était difficile. C’est que, voyez-vous, ça ne se fait pas d’évoquer la mort des gens, ce serait comme se vanter d’avoir soi-même tué. Philippe, il a 90 ans. La mort pointe sa faux. Il ne la craint pas, n’a pas peur, la regarde arriver. Ce n’est pas difficile, il est comme ça, c’est tout, il ne regrette rien. Parce que, voyez-vous, « un homme ça s’empêche », c’est digne. Seulement le jeune homme qu’il fut, et qui a tout perdu, ne veut pas être oublié. Il revient, avec la force et la passion de la jeunesse, le bonheur de la vie de ce temps-là, avec ses projets et ses rêves, le feu dans le sang et l’amour aux lèvres. Avec retenue, avec lucidité, il dit ce que la guerre a fait de sa vie, de la vie de sa famille, de lui. Alors, écoutez-le, ne le censurez pas comme les généraux cacochymes. Lisez ce livre. Il ne raconte pas la guerre. Il dit comme c’est difficile, dans la tourmente, de simplement rester un homme. Il dit que c’est pourtant ça et seulement ça qui peut sauver le monde.
Écoutez la voix du 2e classe Philippe Leccia.

Les livres sur la guerre 1914-1918 sont légion, mais peu ont été écrits par une femme.

Marie Guerrini, qui a longtemps fréquenté notre forum du 15e corps, a mis tout son coeur dans ce premier roman  et nous présente la vie militaire de son grand-père avec beaucoup de sensibilité et de respect.

POUR EN SAVOIR PLUS :

Un très bel hommage sur cet ouvrage :

http://vivrelivre19.over-blog.com/2014/09/1914-1918-pensez-a-nous-dans-vos-fetes-du-coeur-roman-d-un-poilu-corse-marie-guerrini.html

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26 janvier 2016

Une conférence à Draguignan

Maurice Mistre, intarissable sur le sujet, propose une nouvelle conférence sur "les dommages collatéraux de l'affaire du 15e corps".

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11 novembre 2015

Une "allée du XVe corps d'armée" à La Turbie (06)

Le 11 novembre 2015, à 11h, une "allée du XVe Corps d'Armée" a été inaugurée à La Turbie (06).

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C'est la 19e ville  (17 dans le Midi et 2 en Lorraine) à avoir pris la décision d'honorer la mémoire des soldats de notre région, injustement discrédités lors des combats du 20 août 1914.

 

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Un panneau expliquant la "légende noire du XVe corps" permettra aux passants de connaître les détails de cette triste affaire.

 

 

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