…                    MARTINCOURT (3)  le bunker (suite)

 

Après avoir retiré les les poutres qui ferment ce couloir en pente, on se retrouve dans une série de pièces dont les plafonds sont blindés par des tôles et des poutres métalliques.

Les différentes pièces 9 à 10 m2 sont vides de tout équipement, mais sur les murs subsistent des scellements qui laissent à penser que des châlits y étaient fixés.

L'ouvrage est particulièrement soigné dans sa construction. 

Il est totalement intégré dans les parties enterrées du bâtiment. Seules les aérations sont visibles, elles sont disposées sur les anciens soupiraux des caves du « château ». 

La vue ci-dessous représente le carrefour des couloirs qui desservent les pièces.



martincourtblauckausb



En son centre au sol, une excavation, est-ce une amorce de puits ou  un réceptacle pour la récupération des eaux de ruissellement ?

 

Les armatures du plafond sont particulièrement importantes et devaient procurer une sécurité absolue à tout bombardement, même avec du gros calibre.

Cet abri n'est manifestement pas de 1914, mais plutôt de 1915.

Les écrits d' août 1914 sur Martincourt par la fille du régisseur, ne laissent aucun doute sur la propriété qui n'avait qu'une vocation agricole. En effet, je la cite :

"Papa essaya alors de vendre son bétail ; 46 têtes, ce qu'il réussit d'ailleurs. Dans la soirée, on les mena à Lagarde, toute sa fierté. Il ne restait que 7 vaches et douze veaux"

ou "le lundi matin, Schiffmann et les Polonais revinrent de Bensdorf. Alors papa nous communiqua son plan, à savoir : transmettre l'affaire à Schiffmann et s'enfuir.

Nous nous y opposâmes tous, car nous ne voulions pas quitter nos gens, mais quand nous entendîmes ses arguments, nous devions lui donner raison. On lui avait en effet livré secrètement que les Français l'arrêteraient immédiatement comme espion. Maintenant, il était convenu que nous partirions le 3 août."


A suivre...