24 novembre 2009
POEME-CHANSON : U ritratu
U RITRATU... LE PORTRAIT,
magnifique poème de F. Vincenti, mis en chanson,
qui raconte la triste histoire
du soldat Corse parti à la guerre en 1918,
dans son bel uniforme bleu,
en promettant à sa femme, de revenir...
Elle entend encore le bruit de son pas qui s'éloigne,
alors qu'il lui dit " Marie, ne t'en fais pas !"....
Mais il n'est jamais revenu...
Il ne reste de lui qu'un enfant,
une fille, qui n'a jamais connu son père...
Et Marie, qui est devenue une vieille dame,
regarde souvent le portrait sur le mur
de celui qu'elle n'a pu oublier
A tous les Toussaint, Jean-Dominique, Jérome ....
qui eux non plus ne sont pas revenus et
dont nous n'avons pas toujours le portrait....
Pour écouter la chanson>>> ICI
interprétée par Antoine Ciosi
U RITRATU
1
O cusi bellu ghjuvanottu, ch'hè sparidu a fior de l'età
E partutu, eramu in diciottu, cun prumessa di riturnà
Aghju in de l'arecchja a scarpata di u suldatu chi si ne và
U vegu falà per a chjappada dicendu: "O Mari' un ti ne fà !"
refrain
U ritratu nant'a muraglia, hè una vera calamità
Stringhje u core cum'a tanaglia di quella ch'un si pò scurdà
Cusi dice a vecchja Maria, quand'ella si mette a pensà
A u suldatu d'infanteria , inquadratu tant'anni fà
2
Eu mi ricord' una sera, m'a dettu pigliend' un caffè
Un vole finisce sta guerra, prestu credu tuccher' a me
E allora m'a fatu sposa, pocu tempu vogliu vene à di
U tempu di lascia una cosa,chi dica ch'ell'hè statu qui
refrain
3
E ingrandata a nostra flgliola, senza cunosce u so babbà
Di u ritratu nant' a cummoda, un si ne pò arricurdà
Se tu voli un santu destinu, per i to figlioli Ô Gèsu
A tenuta di pannu turchinu, fà ch'ell' un si vega mai più
refrain final
Cusi dice a vecchja Maria, quand'ella si mett'à pensà
A u suldatu d'infanteria, inquadratu tant' anni fà
E di poi a Vecchja Maria, u mandile ùn si caccia più
I zitelli a chjamanu "zia" dannu un fiore di ghjuventù
Merci à Sylvain G. pour la graphie
11 novembre 2009
Poème : AUX SOLDATS DU MIDI
de Marthe BOUSQUET
Février 1915
AUX SOLDATS DU MIDI
Enfants du beau soleil dans les tranchées boueuses
Sous une pluie de fer, beaux de tenacité
Votre exemple dépeint vos âmes courageuses
Vous mourrez noblement ! C'est la réalité
~°~
La France ne saurait partager sa tendresse
Qu'ils viennent du Midi ou du Septentrion
Tous ses fils sont partis dans la même allégresse
Elle sait ce que vaut la XVe région
~°~
Ils n'ont qu'un nom : Français, une seule vaillance,
L'héroïque pensée anime tous les coeurs
Lutter fougueusement dans l'ardente espérance
D'être de glorieux et superbes vainqueurs
~°~
Soldats qui me lirez là-bas sous la mitraille
Accueillez les espoirs que nous conservons tous
Votre effort soutenu gagnera la bataille
Soldats méridionaux, nous sommes fiers de vous
~°~
01 novembre 2009
POEME : Les honneurs devant les sépultures
de G. Matt de Ker
LES HONNEURS
DEVANT LES SEPULTURES
Clairons veuillez sonner "Aux Morts"
En ce très nouveau cimetière
Qu'entourent les tranchées ou forts
Concélébrant stars et lumières
Pour saluer tous les Poilus
Siègeant aux côtés de Jésus
~*~
Dormez en paix bien chers soldats
Et grand honneur de la fratrie
Vous remerciant pour ces combats
Dont se souviendra la Patrie
Qui vous devant sa liberté
A tous en dira la beauté
~*~
Les canons tonnent et sur le front
Nos assauts bravent la mitraille
Chacun s'est engagé à fond
Pour terminer cette bataille
Qui verra enfin trois couleurs
Flotter très haut couvrant de fleurs
Vos tombes
Et tous vos souvenirs
Texte inspiré de la prose
de l'Aumonier Payen
Secteur Coussey-Domrémy 1916
01 juin 2009
POEME : Nous allons partir...
de Jean Charles SAISSET
du 23e R.I.C.
Mort pour la France le 5 mai 1917 dans l'Aisne
à l'âge de 22 ans
********
Eclaireur de Nice du 2 juillet 1917
**0**
Nous allons partir à l'assaut
Pour la dernière fois peut être.
Puis... Ce sera le grand repos !
Lorsque vous recevrez ma lettre
N'oubliez pas que : "le petit"
Voit, malgré tout, la vie en rose,
Que s'il meurt... c'est pour son pays
Combattant pour la noble cause...
Mais si parfois j'étais blessé
Mortellement... que je succombe,
Vous ne pourriez ni m'embrasser,
Ni venir prier sur ma tombe...
Qu'importe ! Ne blasphémez pas,
La gloire sera ma vengeance
Et le jour où... "On les aura ! "
Criez pour moi : Vive la France !
Toi, Maman, cache ta douleur,
Souffre fièrement, crois et prie...
Pour moi, ce serait un Honneur
Que de mourir pour la Patrie !
**0**
22 février 2009
Poème : LES ENFANTS DE PROVENCE
Poème de C.F.
En l'honneur de Frédéric CHEVILLON
°
LES ENFANTS DE PROVENCE
Ils vont la tête haute et la chanson aux lèvres.
Leur âme en fleur frémit dans leur regard ardent.
Depuis dix mois leur sang connaît les nobles fièvres
Et là-haut dans l'Argonne ils meurent en riant.
-°-
Ils l'ont quittée, ô douce terre de Provence !
Au soleil, au ciel bleu, l'adieu fut sans regret
Puisqu'ils partaient sous les drapeaux de notre France
Et qu'un grave devoir ailleurs les appelait.
-°-
Pourtant quelqu'un un jour osa les méconnaître
Tous ces héros obscurs alignés sur le front.
Du fond d'un tranchée on vit alors paraître
Un marseillais tout prêt à relever l'affront.
-°-
Sous l'averse de feu, le képi sur l'oreille,
Il courut droit à l'ennemi, comme un lion.
Il criait : "Vive France !" et puis "Vive Marseille !"
Un obus l'arrêta ! Gloire à toi Chevillon.
-°-
25 décembre 2008
25 décembre - Poème de Noël
de Jean AICARD (*)
19 décembre 1914
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LETTRE DES ENFANTS AUX SOLDATS DU FRONT
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Nous, les enfants, les uns au logis maternel,
Les autres à l'école, où l'on est fier d'apprendre,
C'est nous qui vous offrons le cadeau rituel,
Frères, pères, qui vous battez pour nous défendre.
La France, en plein combat, sait garder un coeur tendre ;
Elle est le chevalier de l'amour éternel ;
C'est ce qu'au dur Germain feront, ce soir entendre,
Sous le feu des canons, vos chansons de Noël.
Nous n'avons pas mis, nous, chers absents, cette année,
Notre petit sabot devant la cheminée...
Vous souffrez : c'est à nous de vous faire un cadeau.
Noël ! Ce cri d'amour est un cri d'espérance :
Il faut vaincre ! Le monde a besoin d'une France,
Soldats ! Donnez, pour nous, un baiser au drapeau.
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(*)Jean AICARD 1848-1921, sa biographie
11 novembre 2008
Poème : VERDUN
de A. GUIDUCCI
Ajaccio, septembre 1920
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Un diaporama a été conçu à partir de ce poème.
Pour le recevoir, il faut "contacter l'auteur" à partir de la page d'accueil
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V E R D U N
J'ai vu pendant trois ans tomber les feuilles mortes
Sur la tombe ent'ouverte, ou dans le trou béant
J'ai vu lutter la vie avec le noir néant
Et du Kaiser grouiller les immondes cohortes...
Verdun ! Parmi tes forts dans la Woëvre lointaine
Dans tes ravins maudits et sur tes verts coteaux
Quand l'astre d'or coulait sur toi sa chaude haleine
J'ai vu sur nos soldats planer les vils corbeaux
°°0°°
J'ai vu les noirs obus foudroyer tes domaines
J'ai vu, quand la nuit l'ombre couvrait tes plaines
Nos soldats s'élancer à l'assaut en chantant.
J'ai vu le feu léchant des ruines, des poussières
J'ai vu la mort peupler de vastes cimetières
Et bien des front rougir par son sceptre sanglant.
J'ai vu tes arbres morts dressant au ciel immense
Leurs moignons suppliants, leurs tronçons mutilés.
Et quand le vent du nord, en ces lieux désolés,
Complétait ses forfaits, brisant leur résistance,
J'ai vu leurs troncs maudits secoués de frissons
Et leurs bras calcinés, faits de branches tremblantes
Tressaillir tristement, clamer leur épouvante...
Et j'entendais souvent gémir les noirs buissons !
°°0°°
Et puis parfois aussi, dans l'humide tranchée
S'écroulant sous l'acier des engins monstrueux
Quant au corps pantelant, l'âme semble arrachée
J'ai vu des bras humains se dresser vers les cieux !
°°0°°
J'ai vu des compagnies hâves et décharnées
S'incliner à genoux dans la plaine ou le bois
J'ai vu courber leurs fronts devant une humble croix
Alors que jaillissaient en leurs lèvres fanées
Des paroles de foi ! J'ai vu cela, tandis
Que des obus venant des horizons maudits
Affluaient sans répit en violentes rafales
Tandis que quelque part, des appels et des râles
Vibraient plaintivement dans le bruit infernal.
°°0°°
Maintenant se sont tus les sanglots importuns
Des funestes canons vomissant la mitraille,
Mais je verrai toujours, éclairant la bataille
Les tragiques lueurs de ton ciel, O Verdun !
°0°
01 novembre 2008
01 novembre 2008
En cette première nuit de novembre
Allumons la bougie devant chaque tombe
Pour faire de la nécropole endormie
Un bouquet de souvenir
N'oublions jamais
Nos héros de quatorze
Ni ceux des autres guerres
Qui sont morts pour nous, naguère.
05 octobre 2008
Poème : AUX MORTS DU 112e
Merci à Olivier Gaget, spécialiste du 112e RI
auteur de UN OFFICIER DU 15e C.A.
Carnets de route et lettres de guerre de Marcel Rostin (1914-1916)
Editions C'est-à-dire - 2008
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Poème de Ch. DREVET (*)
*
***
AUX MORTS DU 112e
Ah ! Sortez de la tombe immense où, pêle-mêle,
Vous dormez, tous mes morts de la guerre ! J'appelle :
Ceux de Moncourt, ceux de Dieuze, de Vassincourt,
Ceux du Mort-Homme, du Hermont, de Malancourt,
De la Gruerie et de la Haute-Chevauchée,
A qui la France, hélas, avec la mort penchée,
A mis pieusement un baiser sur le font.
Cet homme que voici (1) vous jette son affront.
Soldats, dites-lui donc si vous saviez vous battre
Et si vous aviez peur. Ô morts de Trois cent quatre,
De Beauséjour et de la Butte du Mesnil,
Voilà celui qui vous accuse, un homme vil,
Vieux pourtant, catarrheux, mais méchant et qui bave.
Certes, il ne vous vît pas; il était dans sa cave,
Lorsque vous traversiez sa rue en rangs pressés
Pour aller lui sauver sa ville. Ô mes blessés,
Vous a-t'il vus, ainsi que moi, dans la souffrance
Mourir heureux, pourvu que survive la France ?
Après tant de combats aux farouches assauts,
N'aviez-vous donc pas droit au suprême repos ?
Héros, vainqueurs du Poivre et de Vachereauville,
Pouviez-vous vous attendre à cette attaque vile ?
Ô vous, dont on ne doit parler qu'à deux genoux,
Voilà ce citoyen qui s'occupe de vous
Et prononce vos noms sans ôter sa calotte,
Et, tel un chiffonnier fourrageant dans sa hotte,
Ramasse un peu de boue et vise vos blasons.
Vivants vous ne craigniez ni peurs ni trahisons,
Et morts vous subiriez cette suprême injure !
Mais je suis le gardien de votre gloire pure,
Et je ne permets pas qu'on touche à vos lauriers,
Et je dis à cet homme, ô sublimes guerriers,
Bien qu'il soit un vieillard et bien qu'il soit mon hôte,
Que l'insulte, pour qui votre gloire est trop haute,
Que d'un geste sénile il essaye aujourd'hui,
Ne peut pas vous atteindre et retombe sur lui.
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(*)Ch. DREVET pourrait être Charles Marius DREVET, Médecin-Major 1ère classe du 112e RI
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Note de l'auteur :
(1)-Un vieux "robin", chez qui je logeais, a prétendu les accuser de lacheté.
02 août 2008
Poème : LE CLAIRON
De Léon BOURRIER
L'histoire d'une guerre au fil des jours se corse
Et l'on ne sait jamais quelle sera la fin ;
On était le deux août en mil neuf cent quatorze,
Un clairon quelque part ne sonnait pas en vain
-*-
Non, pas seulement un !
Plusieurs de ses semblables
Dans les bois d'alentours jetèrent un appel ;
- Ils vous visaient déjà, mères inconsolables,
Vos enfants pour partir ressortaient leur scalpel !
-*-
Des sons tristes fusaient dans la verte campagne ;
Plutôt drôles, bien sûr, avec leurs airs touchants ;
L'écho les renvoyait jusque sur la montagne,
Les oiseaux attendris en oubliaient leurs chants !
-*-
Des hommes, l'oeil hagard, s'en allaient à la guerre
- La forêt se souvient encor de l'ennemi -
Pour un temps court ; du moins le croyait-on naguère ;
Mais cela dura plus de quatre ans et demi !
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