Sur les traces des "Midis" du XVe Corps - guerre 1914-1918

soldats du Midi (de Nîmes à Menton, en passant par la Corse) diffamés après la bataille de Dieuze, le 20 août 1914

24 novembre 2009

POEME-CHANSON : U ritratu

U RITRATU... LE PORTRAIT,
magnifique poème de F. Vincenti, mis en chanson,
qui raconte la triste histoire
du soldat  Corse parti à la guerre en 1918,
dans son bel uniforme bleu, 
en promettant à sa femme, de revenir...
Elle entend encore le bruit de son pas qui s'éloigne,
alors qu'il lui dit " Marie, ne t'en fais pas !"....
Mais il n'est jamais revenu...

Il ne reste de lui qu'un enfant,
une fille, qui n'a jamais connu son père...
Et Marie, qui est devenue une vieille dame,
regarde souvent le portrait sur le mur
de celui qu'elle n'a pu oublier

A tous les Toussaint, Jean-Dominique, Jérome ....
                    qui eux non plus ne sont pas revenus et
                                        dont nous n'avons pas toujours le portrait....

Pour écouter la chanson>>> ICI
interprétée par Antoine Ciosi

U RITRATU

1
O cusi bellu ghjuvanottu, ch'hè sparidu a fior de l'età
E partutu, eramu in diciottu, cun prumessa di riturnà
Aghju in de l'arecchja a scarpata di u suldatu chi si ne và
U vegu falà per a chjappada dicendu: "O Mari' un ti ne fà !"

refrain
U ritratu nant'a muraglia, hè una vera calamità
Stringhje u core cum'a tanaglia di quella ch'un si pò scurdà
Cusi dice a vecchja Maria, quand'ella si mette a pensà
A u suldatu d'infanteria , inquadratu tant'anni fà

2
Eu mi ricord' una sera, m'a dettu pigliend' un caffè
Un vole finisce sta guerra, prestu credu tuccher' a me
E allora m'a fatu sposa, pocu tempu vogliu vene à di
U tempu di lascia una cosa,chi dica ch'ell'hè statu qui

refrain

3
E ingrandata a nostra flgliola, senza cunosce u so babbà
Di u ritratu nant' a cummoda, un si ne pò arricurdà
Se tu voli un santu destinu, per i to figlioli Ô Gèsu
A tenuta di pannu turchinu, fà ch'ell' un si vega mai più

refrain final
Cusi dice a vecchja Maria, quand'ella si mett'à pensà
A u suldatu d'infanteria, inquadratu tant' anni fà
E di poi a Vecchja Maria, u mandile ùn si caccia più
I zitelli a chjamanu "zia" dannu un fiore di ghjuventù

Merci à Sylvain G. pour la graphie

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11 novembre 2009

Poème : AUX SOLDATS DU MIDI

de Marthe BOUSQUET
Février 1915

fantassinMidi

AUX SOLDATS DU MIDI

Enfants du beau soleil dans les tranchées boueuses
Sous une pluie de fer, beaux de tenacité
Votre exemple dépeint vos âmes courageuses
Vous mourrez noblement ! C'est la réalité

~°~

La France ne saurait partager sa tendresse
Qu'ils viennent du Midi ou du Septentrion
Tous ses fils sont partis dans la même allégresse
Elle sait ce que vaut la XVe région

~°~

Ils n'ont qu'un nom : Français, une seule vaillance,
L'héroïque pensée anime tous les coeurs
Lutter fougueusement dans l'ardente espérance
D'être de glorieux et superbes vainqueurs

~°~

Soldats qui me lirez là-bas sous la mitraille
Accueillez les espoirs que nous conservons tous
Votre effort soutenu gagnera la bataille
Soldats méridionaux, nous sommes fiers de vous

~°~ 

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01 novembre 2009

POEME : Les honneurs devant les sépultures

de G. Matt de Ker

Copie_de_595_001

LES HONNEURS
DEVANT LES SEPULTURES

Clairons veuillez sonner "Aux Morts"
En ce  très nouveau cimetière
Qu'entourent les tranchées ou forts
Concélébrant stars et lumières
Pour saluer tous les Poilus
Siègeant aux côtés de Jésus

~*~ 

Dormez en paix bien chers soldats
Et grand honneur de la fratrie
Vous remerciant pour ces combats
Dont se souviendra la Patrie
Qui vous devant sa liberté
A tous en dira la beauté

~*~

Les canons tonnent et sur le front
Nos assauts bravent la mitraille
Chacun s'est engagé à fond
Pour terminer cette bataille
Qui verra enfin trois couleurs
Flotter très haut couvrant de fleurs

Vos tombes
Et tous vos souvenirs

Texte inspiré de la prose
de l'Aumonier Payen
Secteur Coussey-Domrémy 1916      

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01 juin 2009

POEME : Nous allons partir...

de Jean Charles SAISSET
du 23e R.I.C.
Mort pour la France le 5 mai 1917 dans l'Aisne
à l'âge de 22 ans

********

Eclaireur de Nice du 2 juillet 1917

Copie_de_ECL02JUIL1917_saisset

**0**

Nous allons partir à l'assaut

Pour la dernière fois peut être.

Puis... Ce sera le grand repos !

Lorsque vous recevrez ma lettre

N'oubliez pas que : "le petit"

Voit, malgré tout, la vie en rose,

Que s'il meurt... c'est pour son pays

Combattant pour la noble cause...

Mais si parfois j'étais blessé

Mortellement... que je succombe,

Vous ne pourriez ni m'embrasser,

Ni venir prier sur ma tombe...

Qu'importe ! Ne blasphémez pas,

La gloire sera ma vengeance

Et le jour où... "On les aura ! "

Criez pour moi : Vive la France !

Toi, Maman, cache ta douleur,

Souffre fièrement, crois et prie...

Pour moi, ce serait un Honneur

Que de mourir pour la Patrie !

**0**

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22 février 2009

Poème : LES ENFANTS DE PROVENCE

Poème de C.F.

En l'honneur de Frédéric CHEVILLON

°

LES ENFANTS DE PROVENCE

Ils vont la tête haute et la chanson aux lèvres.

Leur âme en fleur frémit dans leur regard ardent.

Depuis dix mois leur sang connaît les nobles fièvres

Et là-haut dans l'Argonne ils meurent en riant.

-°-

Ils l'ont quittée, ô douce terre de Provence !

Au soleil, au ciel bleu, l'adieu fut sans regret

Puisqu'ils partaient sous les drapeaux de notre France

Et qu'un grave devoir ailleurs les appelait.

-°-

Pourtant quelqu'un un jour osa les méconnaître

Tous ces héros obscurs alignés sur le front.

Du fond d'un tranchée on vit alors paraître

Un marseillais tout prêt à  relever l'affront.

-°-

Sous l'averse de feu, le képi sur l'oreille,

Il courut droit à l'ennemi, comme un lion.

Il criait : "Vive France !" et puis "Vive Marseille !"

Un obus l'arrêta ! Gloire à toi Chevillon.

-°-

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25 décembre 2008

25 décembre - Poème de Noël

de Jean AICARD (*)

19 décembre 1914

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LETTRE DES ENFANTS AUX SOLDATS DU FRONT

___

Nous, les enfants, les uns au logis maternel,

Les autres à l'école, où l'on est fier  d'apprendre,

C'est nous qui vous offrons le cadeau rituel,

Frères, pères, qui vous battez pour nous défendre.

La France, en plein combat, sait garder un coeur tendre ;

Elle est le chevalier de l'amour éternel ;

C'est ce qu'au dur Germain feront, ce soir entendre,

Sous le feu des canons, vos chansons de Noël.

Nous n'avons pas mis, nous, chers absents, cette année,

Notre petit sabot devant la cheminée...

Vous souffrez : c'est à nous de vous faire un cadeau.

Noël ! Ce cri d'amour est un cri d'espérance :

Il faut vaincre ! Le monde a besoin d'une France,

Soldats ! Donnez, pour nous, un baiser au drapeau.

---

(*)Jean AICARD 1848-1921, sa biographie

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11 novembre 2008

Poème : VERDUN

de A. GUIDUCCI

Ajaccio, septembre 1920

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Un  diaporama a été conçu à partir de ce poème.

Pour  le recevoir, il faut  "contacter l'auteur" à partir de la page d'accueil

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V E R D U N

J'ai vu pendant trois ans tomber les feuilles mortes

Sur la tombe ent'ouverte, ou dans le trou béant

J'ai vu lutter la vie avec le noir néant

Et du Kaiser grouiller les immondes cohortes...

Verdun ! Parmi tes forts dans la Woëvre lointaine

Dans tes ravins maudits et sur tes verts coteaux

Quand l'astre d'or coulait sur toi sa chaude haleine

J'ai vu sur nos soldats planer les vils corbeaux

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°°0°°

J'ai vu les noirs obus foudroyer tes domaines

J'ai vu, quand la nuit l'ombre couvrait tes plaines

Nos soldats s'élancer à l'assaut en chantant.

J'ai vu le feu léchant des ruines, des poussières

J'ai vu la mort peupler de vastes cimetières

Et bien des front rougir par son sceptre sanglant.

bataille_verdun_1

J'ai vu tes arbres morts dressant au ciel immense

Leurs moignons suppliants, leurs tronçons mutilés.

Et quand le vent du nord, en ces lieux désolés,

Complétait ses forfaits, brisant leur résistance,

J'ai vu leurs troncs maudits secoués de frissons

Et leurs bras calcinés, faits de branches tremblantes

Tressaillir tristement, clamer leur épouvante...

Et j'entendais souvent gémir les noirs buissons !

°°0°°

Et puis parfois aussi, dans l'humide tranchée

S'écroulant sous l'acier des engins monstrueux

Quant au corps pantelant, l'âme semble arrachée

J'ai vu des bras humains se dresser vers les cieux !

eparges

°°0°°

J'ai vu des compagnies hâves et décharnées

S'incliner à genoux dans la plaine ou le bois

J'ai vu courber leurs fronts devant une humble croix

Alors que jaillissaient en leurs lèvres fanées

TM_tombeMeuse2

Des paroles de foi ! J'ai vu cela, tandis

Que des obus venant des horizons maudits

Affluaient sans répit en violentes rafales

Tandis que quelque part, des appels et des râles

Vibraient plaintivement dans le bruit infernal.

°°0°°

Maintenant se sont tus les sanglots importuns

Des funestes canons vomissant la mitraille,

Mais je verrai toujours, éclairant la bataille

Les tragiques lueurs de ton ciel, O Verdun !

Copie_de_douaumont_verdun_poeme_w

°0°

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01 novembre 2008

01 novembre 2008

Copie_de_noublionspas

En cette première nuit de novembre

Allumons la bougie devant chaque tombe

Pour faire de la nécropole endormie

Un bouquet de souvenir

Copie__2__de_noublionspas

N'oublions jamais

Nos héros de quatorze

Ni ceux des autres guerres

Qui sont morts pour nous, naguère.

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05 octobre 2008

Poème : AUX MORTS DU 112e

Merci à Olivier Gaget, spécialiste du 112e RI

auteur de UN OFFICIER DU 15e C.A.

Carnets de route et lettres de guerre de Marcel Rostin (1914-1916)

Editions C'est-à-dire - 2008

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Poème de Ch. DREVET (*)

*

***

AUX MORTS DU 112e

Ah ! Sortez de la tombe immense où, pêle-mêle,

Vous dormez, tous mes morts de la guerre ! J'appelle :

Ceux de Moncourt, ceux de Dieuze, de Vassincourt,

Ceux du Mort-Homme, du Hermont, de Malancourt,

De la Gruerie et de la Haute-Chevauchée,

A qui la France, hélas, avec la mort penchée,

A mis pieusement un baiser sur le font.

Cet homme que voici (1) vous jette son affront.

Soldats, dites-lui donc si vous saviez vous battre

Et si vous aviez peur. Ô morts de Trois cent quatre,

De Beauséjour et de la Butte du Mesnil,

Voilà celui qui vous accuse, un homme vil,

Vieux pourtant, catarrheux, mais méchant et qui bave.

Certes, il ne vous vît pas; il était dans sa cave,

Lorsque vous traversiez sa rue en rangs pressés

Pour aller lui sauver sa ville. Ô mes blessés,

Vous a-t'il vus, ainsi que moi, dans la souffrance

Mourir heureux, pourvu que survive la France ?

Après tant de combats aux farouches assauts,

N'aviez-vous donc pas droit au suprême repos ?

Héros, vainqueurs du Poivre et de Vachereauville,

Pouviez-vous vous attendre à cette attaque vile ?

Ô vous, dont on ne doit parler qu'à deux genoux,

Voilà ce citoyen qui s'occupe de vous

Et prononce vos noms sans ôter sa calotte,

Et, tel un chiffonnier fourrageant dans sa hotte,

Ramasse un peu de boue et vise vos blasons.

Vivants vous ne craigniez ni peurs ni trahisons,

Et morts vous subiriez cette suprême injure !

Mais je suis le gardien de votre gloire pure,

Et je ne permets pas qu'on touche à vos lauriers,

Et je dis à cet homme, ô sublimes guerriers,

Bien qu'il soit un vieillard et bien qu'il soit mon hôte,

Que l'insulte, pour qui votre gloire est trop haute,

Que d'un geste sénile il essaye aujourd'hui,

Ne peut pas vous atteindre et retombe sur lui.

---

(*)Ch. DREVET pourrait être Charles Marius DREVET, Médecin-Major 1ère classe du 112e RI

_____________

Note de l'auteur :

(1)-Un vieux "robin", chez qui je logeais, a prétendu les accuser de lacheté.

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02 août 2008

Poème : LE CLAIRON

De Léon BOURRIER

LE CLAIRON                                                                     Copie_de_clairon8

L'histoire d'une guerre au fil des jours se corse

Et l'on ne sait jamais quelle sera la fin ;

On était le deux août en mil neuf cent quatorze,

Un clairon quelque part ne sonnait pas en vain

                                   -*-

Non, pas seulement un !

                        Plusieurs de ses semblables

Dans les bois d'alentours jetèrent un appel ;

- Ils vous visaient déjà, mères inconsolables,

Vos enfants pour partir ressortaient leur scalpel !

                                   -*-

Des sons tristes fusaient dans la verte campagne ;

Plutôt drôles, bien sûr, avec leurs airs touchants ;

L'écho les renvoyait jusque sur la montagne,

Les oiseaux attendris en oubliaient leurs chants !

                                   -*-

Des hommes, l'oeil hagard, s'en allaient à la guerre

- La forêt se souvient encor de l'ennemi -

Pour un temps court ; du moins le croyait-on naguère ;

Mais cela dura plus de quatre ans et demi !

                                    *

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