29 avril 2006
Martincourt ... ou les surprises d'Internet
Internet c'est magnifique! On doit s'attendre à toutes les surprises. Nous en avons eu une et de bonne taille!
Le blog des "Midis" a "accroché" un lecteur assez exceptionnel qui vient de se manifester auprès de Monique et moi-même. Il nous a apporté des éléments supplémentaires sur Martincourt.
Il s'agit de Bernd Kneuel... évidemment son nom ne vous dit rien pour l'instant ? Je vais vous mettre sur la voie, sa grand'tante était propriétaire du château de Martincourt en août 1914. J'ai même cité quelques lignes de son carnet de souvenirs dans un précédent article. Vous avez compris !
Bernd Kneuel au cours d'une recherche sur le net a pu prendre connaissance de l'existence de notre blog et des questions que nous nous posions sur les évènements d'août 1914. En particulier sur l'occupation du château par des troupes et son rôle dans la guerre. Au cours de l'échange de courriels, notre correspondant nous a fait parvenir une série de photographies de l'époque sur ce sujet brûlant (ou brûlé!).
Avec son accord, voici quelques clichés qui ne manqueront pas de vous intéresser. Mais, dès à présent nous pouvons confirmer que Martincourt n'était qu'une propriété agricole de 216 hectares de terres arables, d'une maison bourgeoise et d'un moulin situé au "Guet de Laxat".
Voici la première vue assez exceptionnelle où l'on peut voir les propriétaires de Martincourt sur la terrasse de leur maison.
Nous tenons de notre correspondant que la propriété a été achetée en 1899 par son arrière grand-père. Il nous confirme que le bâtiment n'a servi que de "station télégraphique" ou central téléphonique, ce que nous avions constaté lors de notre visite du site.
Cette vue représente le moulin au guet de Laxat
Celle-ci, les ruines des dépendances du château aprés les évènements du 11 août.
A suivre,
Michel BENOIT
21 octobre 2005
"Château de Martincourt (3) > Michel
… MARTINCOURT (3) le bunker (suite)
Après avoir retiré les les poutres qui ferment ce couloir en pente, on se retrouve dans une série de pièces dont les plafonds sont blindés par des tôles et des poutres métalliques.
Les différentes pièces 9 à 10 m2 sont vides de tout équipement, mais sur les murs subsistent des scellements qui laissent à penser que des châlits y étaient fixés.
L'ouvrage est particulièrement soigné dans sa construction.
Il est totalement intégré dans les parties enterrées du bâtiment. Seules les aérations sont visibles, elles sont disposées sur les anciens soupiraux des caves du « château ».
La vue ci-dessous représente le carrefour des couloirs qui desservent les pièces.
En son centre au sol, une excavation, est-ce une amorce de puits ou un réceptacle pour la récupération des eaux de ruissellement ?
Les armatures du plafond sont particulièrement importantes et devaient procurer une sécurité absolue à tout bombardement, même avec du gros calibre.
Cet abri n'est manifestement pas de 1914, mais plutôt de 1915.
Les écrits d' août 1914 sur Martincourt par la fille du régisseur, ne laissent aucun doute sur la propriété qui n'avait qu'une vocation agricole. En effet, je la cite :
"Papa essaya alors de vendre son bétail ; 46 têtes, ce qu'il réussit d'ailleurs. Dans la soirée, on les mena à Lagarde, toute sa fierté. Il ne restait que 7 vaches et douze veaux"
ou "le lundi matin, Schiffmann et les Polonais revinrent de Bensdorf. Alors papa nous communiqua son plan, à savoir : transmettre l'affaire à Schiffmann et s'enfuir.
Nous nous y opposâmes tous, car nous ne voulions pas quitter nos gens, mais quand nous entendîmes ses arguments, nous devions lui donner raison. On lui avait en effet livré secrètement que les Français l'arrêteraient immédiatement comme espion. Maintenant, il était convenu que nous partirions le 3 août."
A suivre...
22 septembre 2005
"Château" de Martincourt (2)>Michel
MARTINCOURT (2)
Le lendemain, nous voilà donc, tous les cinq, guidés par notre agriculteur, aux grilles du "château".
Je qualifierais personnellement cette importante bâtisse de "Maison bourgeoise".
Là, nous constatons que tout à bien changé par rapport aux multiples photographies d'époque.
Il n'y a pas eu de restauration, mais une adaptation des ruines à l'édification d'un bâtiment agricole. Ce n'est pas du plus bel effet.
Notre guide nous présente un curieux personnage, "le châtelain" propriétaire actuel, au demeurant fort accueillant avec les "historiens". Cependant il est sujet Allemand et ne s'exprime que dans sa langue maternelle. Michèle qui a conservé quelques notions d'allemand scolaire, fait l'interprète. Nous engageons péniblement un dialogue.
Il nous informe que le château a fait l'objet d'importantes transformations au cours du conflit. Les caves ont été transformées en un véritable fortin qui abritait une petite garnison et un central téléphonique.
Il nous propose la visite, ce que nous acceptons avec empressement.
Voici l'entrée de la redoute, une descente aux enfers par la fosse aux vidanges.
Notez la présence au fond, en gris d'une voiturette porte-munitions allemande (mais deuxième guerre mondiale !)
Après avoir retiré les poutres qui ferment ce couloir en pente, on se retouve dans une série de pièces dont les plafonds sont blindés par des tôles et des poutres métalliques.
A très bientôt pour la suite...
09 septembre 2005
"Château" de Martincourt (1)> Michel
MARTINCOURT
Vous avez découvert l'épopée de notre arrivée à Lagarde et la petite cérémonie qui a suivie. Le temps exécrable du dimanche, pluie et froid, ne nous a pas permis de faire comme nous le souhaitions, le tour du village pour pour y rechercher les différents emplacements des 40e RI, 58e RI et 19e RAC.
Aussi, nous avons attendu le mercredi pour faire une nouvelle incursion dans ce sympathique village. Nous y avons fait une ample moisson de photographies et de films, avec la complicité du soleil retrouvé. Je dois à ce sujet, vous faire part d'une anecdote cocasse!
Nos allées et venues dans le village ne sont pas passées inaperçues...Alors que nous étions Maurice, Thomas et moi en train de repérer le Bois Chanal,
nord-est du bois Chanal
nous avons été abordés par le propriétaire de la ferme à côté, intrigué que nos exclamations et évolutions.
" Vous faites des photos du village ?
Vous êtes du remembrement ?"
...Ouille ! Le point sensible....
"Non...c'est pour l'autoroute et la ligne TGV !"
....Pfff... sourire crispé...on le comprend.
"Non c'est une blague, on est du Midi...on est là pour l'histoire, celle de 1914."
Ouf l'atmosphère se détend, sa fourche était à portée de main...
et la conversation s'engage sur notre terrain de prédilection. Là, on constate encore une fois l'amalgame fait entre les deux conflits mondiaux. Cependant, notre interlocuteur nous dit qu'il connait le propriétaire du "château" de Martincourt et qu'il exploite la propriété contiguë. Sans lui forcer la main, il se propose de nous conduire et de nous faire visiter avec le propriétaire les restes de la bâtisse. Nous prenons rendez-vous pour le lendemain.
Nous avons discuté ferme toute la soirée sur "le pourquoi" de l'investissement de Lagarde, et le saccage de Martincourt. Le village de Lagarde n'étant pas, à franchement parler, un point stratégique primordial et le "château" un appât de premier choix, pour motiver le déplacement de deux bataillons et de l'artillerie. Quelle idée ou quel motif a bien pu pousser le Général Lescot à s'embarquer dans pareille aventure?
Nous en apprendrons peut-être un peu plus demain ?
Michel BENOIT, dit "Ardéchois"




