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                   Jules DEYME, de Lançon, Bouches du Rhône,
parcours de guerre 1914-1918

 Jules Deyme

Ce récit a été écrit par Pascal CHAUVY, son petit-fils
qui a réussi, en glanant dans les archives familiales et publiques, a reconstituer le parcours de ce grand-père qu'il a connu dans sa petite enfance et qu'il  a toujours admiré.
Nous le remercions d'avoir choisi le Blog des Midis pour le publier.

Première partie : 111e RI

Jules DEYME est né le 4 novembre 1887 à Lançon. Il exerçait la profession de cultivateur et était titulaire du certificat d'études primaires.
Il mesurait 1 mètre 61 avait les cheveux châtains et les yeux bleu clair.

Son parcours pendant la grande guerre a été établi à partir de son livret militaire, du "Détail des états de services et mutations diverses" relevé aux Archives Départementales des Bouches-du-Rhône et de ses citations.
Il est illustré de passages relevés sur Internet qui replacent notamment ces dernières dans leur contexte.
Je n'ai aucun renseignement sur son affectation au sein du 111e régiment d'infanterie.
Les extraits relatent les combats auxquels Jules Deyme a très probablement (111e) ou certainement(298e) participé.

A l'issue du service militaire effectué au 111e RI de 1907 au 25 octobre 1910, un certificat de bonne conduite lui a été accordé.
Sur son livret militaire : "a accompli comme ordonnance d'officier monté une période d'instruction du 11 juin au 8 juillet 1909. A obtenu la mention Bien".

111RI-Toulon
Il effectue une période d'exercices du 24 août au 14 septembre 1912 inclus.

Le 30 avril 1914, il épouse Célina Farnarier.

Il est rappelé à l'activité par décret de mobilisation générale du 1er août 1914 et arrive au corps le 2 août 1914.

1914. Bataille des frontières. Le 111e RI est engagé en Lorraine à Moncourt, au bois du Haut de la Croix, à Gelucourt, Dieuze et Bidestroff, puis à Verdun au bois des Forges, au Mort-Homme, à Béthincourt, à Raffécourt, dans la forêt de Hesse, à Avocourt et dans le bois de Malancourt.

"Le 111e RI a quitté Antibes le 9 août 1914. Le 11 août il débarque à Diarville (Meurthe et Moselle).
Le régiment est engagé le 14 août 1914 dans le combat de Moncourt, l'artillerie ennemie tire dans le flanc des troupes d'attaque et cause des pertes sensibles... C'est au cours de l'assaut de ce village que les hommes prennent conscience que la guerre ne sera pas l'affaire de corps à corps, mais de puissance de feu :
"Des fantassins ennemis, nul n'en vit en ce jour du 14, pas plus que d'artilleurs. D'où partaient ces balles qui fauchaient nos rangs ? Où s'étaient enfouies ces batteries dont les obus creusaient en bouillie les malheureux qu'ils atteignaient ? Rien. On ne voyait rien".

Le 19 août 1914, c'est la montée des 111e RI d' Antibes, 112e de Toulon et 141e de Marseille sur Bidestroff, sous un déluge d'obus et de balles... Le 111e RI a pour objectif la cote 230 au nord du moulin de Bidestroff, et longe le ruisseau nord du canal des Salines.
Sous le bombardement, les biffins se plaquent au sol, formant la tortue, leur barda sur leur tête  pour se protéger des marmites puis bondissent en avant.
Le 111e RI s'en va occuper la ferme Wolfert, à droite.
Le 20 août 1914, encouragée par un brouillard qui règne sur tout le champ de bataille, débute la grande contre-attaque allemande. Dès la pointe du jour, la fusillade et la canonnade recommencent.

En position sur 2 kilomètres entre Bidestroff et Wolfert, le 111e RI ne reçoit pas l'ordre de repli puisque ses agents de liaison envoyés aux nouvelles ne sont pas revenus. Cernés par l'ennemi, peu d'hommes réussissent à s'enfuir.

Après 3/4h de résistance, les débris du 111e RI se retirent du côté de Zommange qui est violemment bombardé par l'artillerie ennemie, puis  l'artillerie française. Le 24e BCA tente de résister. Ses hommes, à bout de force, retrouvant en chemin des fantassins égarés, se replient au sud de l'étang par Assenoncourt et Gélucourt. 
Toute la plaine de Dieuze est soumise à un feu formidable d'artillerie, d'infanterie et de mitrailleuses de l'ennemi qui est déjà au moulin de Bidestroff...
Le 111e RI dénombre 121 tués à Moncourt et 262 tués à Dieuze soit 383 morts.

 

1915. Le 111e reste à Verdun tout au long de l'année ; dans la forêt de Hesse, Avocourt, dans le bois de Malancourt et aux RIeux.

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1916. Bataille de Verdun. Les Rieux, bois de Malancourt.
C'est  dans ce lieu qu'une offensive allemande anéantit le 111e RI le 20 mars 1916.

En avril-juin, le 111e est à Carlspach en Alsace.  

Le régiment est dissous en juillet et ses soldats sont répartis dans les régiments de la 63e division : 216e, 298e et 305e RI. Le 111e a la particularité d'être le seul régiment d'infanterie d'active à avoir été dissous pendant la Grande Guerre. Les raisons de cette dissolution n'ont toujours pas été  éclaircies.

111RI-dessin-b

Jules Deyme passe ainsi au 298e RI le 7 juillet 1916 (ordre 19319 du 26 juin 1916 du général commandant en chef).

                                                                                                        ./... à suivre