24 mars 2009
LA BATAILLE DE LAGARDE 2/5
Par Maurice MISTRE
Récit reconstitué
LA BATAILLE DE LAGARDE 2eme partie
LES COMBATS DU 10-11 AOUT
Les consignes de Castelnau, commandant la IIe armée, sont d'éviter tout accrochage tant que la concentration du 15e corps n'est pas terminée.
Plusieurs patrouilles sont envoyées pour connaître le dispositif allemand :
"L'ennemi occupe le village de Lagarde ainsi que la cote 283 qu'il a organisée défensivement. On aperçoit une tranchée sur le versant ouest de 283. Le fond du ravin qui sépare cette position du mamelon est de Xures présente des éléments de haies, près desquels sont creusés quelques trous de tirailleurs. La route de Lagarde à Ommeray est également occupée par de l'infanterie à laquelle se sont adjoints des Hussards et des Chevau-Légers. L'effectif de l'infanterie ne peut pas être fixé d'une façon certaine, le développement des ouvrages permet de supposer qu'il peut être de deux compagnies. L'effectif des cavaliers est incertain. Il n'a pas été aperçu d'artillerie." 2)
Le village est situé dans la vallée du Sanon, en bordure du Canal de la Marne au Rhin. Deux compagnies du 138se RI Prussien y sont arrivées dans l'après midi du 10 août, mais se retirent vers 18h.
Le général Lescot, commandant la 2e Division de cavalerie de Lunéville, décide d'attaquer le village de Lagarde avec une brigade mixte constituée du 3e bataillon du 58e RI d'Avignon, du 2e bataillon du 40e RI d'Alès et du 1er groupe d'artillerie du 19e RA de Nîmes. Ce détachement est constitué en vue d'une opération "préparée en secret et organisée comme un coup de main."
Le 2e bataillon du 58e se porte à Coincourt avec des avant-postes à Moncourt et au bois du Haut de la Croix (7e et 8e cies).
Le 2e bataillon de chasseurs à pied du 20e CA tient les débouchés nord-est de la forêt de Parroy.
Le 1er groupe du 19e RA part d'Einville à 1h du matin pour Parroy. Le 2e bataillon du 40e RI quitte son bivouac d'Athienville et se porte lui aussi sur Parroy où il est rejoint par le 3e bataillon du 58e RI venant d'Hénaménil et Mouacourt. Dès 14h, l'ordre est donné de tenir les troupes prêtes à marcher à partir de 16h30. A 15h, à la mairie de Parroy, se réunissent le colonel Marillier, commandant la 59e Brigade d'Infanterie, le capitaine de la Charrière, chef d'Etat-Major de la 59e BI, le lieutenant-colonel Oddon du 40e RI, commandant le détachement, le commandant Bertrand du 11/40e RI, le commandant Cornilliat du III/58e RI, le commandant Adeler du 1er G/19e RA, le capitaine Calliès, commandant la 2e batterie. Le lieutenant Antoinat de l'Etat-Major de la 2e division de cavalerie expose le plan :
"Enlever Lagarde à la chute du jour. Pour cela deux bataillons d'infanterie (II/40e, III/58e) marcheront par les deux rives du canal de la Marne au Rhin. Le 19e RAC les appuiera... L'ordre est de ne pas dépasser Lagarde et de n'en occuper que les lisières N et E sans s'élever sur les crêtes en direction du bois Chanal. Les renseignements des jours précédents font connaître que des patrouilles ennemies circulent aux abords du château de Martincourt, en avant du poste français de Xures et des lisières est du bois du Haut de la Croix organisés défensivement et occupés par nous... Le village de Lagarde est signalé comme occupé fortement."
A 16h30, le détachement s'élance, le II/40e marche par le sud du canal de la Marne au Rhin, le III/58e par le nord.
Le II/40e a pour objectif : une baraque en bois située à environ 50m au sud du parc de Martincourt. Alors que sa patrouille de tête (6e Cie) atteint la bicoque à 18h15, elle est accueillie par 4 ou 5 coups de fusil tirés du parc que fouillent les éclaireurs.
La 6e compagnie encercle les bâtiments du château de Martincourt à 19h10, une section y penètre, les visite. Aucun soldat, mais seulement le fermier et sa famille d'origine prussienne. Le commandant les interroge et ne peut rien en tirer.
"Sur le seuil, le maître de la demeure, très chic, flanqué de nombreux domestiques en smoking-livrée clair, accueille nos soldats. On l'interroge sur la proximité possible de l'ennemi dans ces bois, là-bas, qui ferment l'horizon. Il rit de bon coeur "les Boches ? Partis ! Envolés ! Dans les bois ? Pas plus que sur la main ! "
Pressé par sa mission, il n'insiste pas, les laisse en liberté (ils se présenteront le lendemain matin, à Lagarde pour franchir les lignes et seront enfermés dans une cave comme suspects).
Quelques temps après, le château de Martincourt brûle. Les hautes flammes rougeoient le ciel et jettent une lueur faible mais impressionnante et sinistre sur cette marche silencieuse. Il est environ 19h30.
Le lieutenant Antoinat de l'E-M de la 2e DC à essayé de mettre le feu à Martincourt, mais vainement. Sous la conduite des gendarmes de Xures, les Français incendient les bâtiments agricoles qui sont réduits en cendres, avec tout le cheptel et les réserves de foin. Les habitants qui se sont cachés dans la cave pendant la mitraille, sont expulsés dans le parc où ils passent la nuit. Dans le château, tous les objets de valeur sont dérobés, les meilleures affaires emmenées de suite en voiture à Lunéville et on essaie de mettre le feu au salon au moyen d'essence. Le feu prend à différents endroits mais ne se propage pas. D'où la décision de démolir toute la maison. Les peintures sont découpées de leurs encadrements, les miroirs fracassés, les conserves vidées de leur contenu, bref toute la maison mise à sac. Ce geste est fortement critiqué.
La progression vers Lagarde continue. La 5e compagnie Salicetti du 40e RI patrouille avec la section du Lieutenant Bosquier sur la lisière de la forêt de Parroy ; sa tâche: marcher sur la corne nord du bois du Tillot que son peloton de droite fouillera. Ceci fait, elle se rabattra directement sur le clocher de Lagarde, et passera par le pont est. Les batteries 1 (capitaine Setze) et 3 (Capitaine Bondaud) du 19e RA, prennent position à la cote 276, à l'ouest de Xures et tirent vers 18h sur Lagarde dont on aperçoit le clocher et la cote 283 au nord-ouest.
A 19h30, au moment où la 5e compagnie parvient aux abords sud de Lagarde, éclate une première rafale allemande ; les balles claquent sec sur les arbres. Conduite par le capitaine Salicetti, la compagnie se dirige comme elle peut, au bruit, sur le village.
Les unités remontent sur le chemin de halage, impatientes de pénétrer dans ce village si facilement atteint. Il est 20h environ. De part et d'autre de l'entrée du pont ouest, grouillent les 6e et 7e compagnies et la première section de la 8e compagnie, lorsqu'une rafale d'obus de 75 éclate au-dessus d'elles. C'est la 2e batterie du capitaine Callies, établie à la lisière est de la forêt de Parroy, qui tire quelques salves pour aider l'infanterie. Mais le pont est barricadé, chariots, machines agricoles, herses, charrues, tout cela sur toute la longueur, entassé, enchevêtré, relié à profusion par des fils de fer barbelé.
Les fantassins franchissent avec beaucoup de mal la barricade et s'engagent dans le village. Ils s'y butent bientôt, vers la Mairie, à une fraction du 58e R.I. qui dans l'obscurité, les prend pour une troupe ennemie. Il faut toute l'énergie du capitaine Roussel pour empêcher une tuerie.
A 21h, le II/40e est réuni au nord du canal de la Marne au Rhin longeant Lagarde. Le sous-lieutenant Rasias, adjoint au chef de bataillon, trouve un petit drapeau français. Celui-ci est arboré à la fenêtre du 1er étage de la Mairie. Le capitaine Salicetti conduit sa 5e compagnie sur la place de l'église. Les maisons fouillées, il confie à la 4e section du Lt Davet la garde des issues nord avec le reste de la compagnie bivouaque sur la paille, en plein air et dans une vieille remise.
La 6e compagnie est ainsi répartie :
1ère section du s/Lt Flory dans la rue entre la Mairie et le pont ouest,
2e section (s/Lt Macé) garde le pont est avec la section de mitrailleuses (Lt Tuset),
3e section (Adj. Duley) couché le long du talus du canal,
4e section (s/Lt Trives) a pour mission la surveillance du pont ouest et du canal.
La 7e compagnie est regroupée en réserve devant la Mairie.
La 8e compagnie garde les lisières SE, est et NE :
la 1ère section (s/Lt Bellat) tient la route vers Bourdonnay,
les 2e (s/Lt Girard) et 3e (Adj. Gontard) s'installent sur la placette au sud de l'église,
la 4e section (s/Lt Gallis) surveille le canal.
Les soldats essaient de lier conversation avec la population. Le beau-père de l'instituteur de Lagarde, un vieux combattant de 1870, passe la nuit à causer avec les soldats de la 5e. Il manifeste, à la fois, sa joie et son appréhension de revoir les Français en Lorraine annexée, il dit au Lt Bosquier :
"Méfiez-vous, vous serez attaqués bientôt et par des forces supérieurs. Je ne crois pas que vous vous en sortiez. Les Allemands sont très près d'ici, vers Bourdonnay et dans les bois ; ils y sont très fortement organisés. Qu'êtes-vous venus faire ici ?"
Le 1erG/19e RA rentre bizarrement à 22h à Parroy ! La nuit est mise à profit par les fantassins, pour établir des nids de résistance et des barrages sur les routes conduisant au village. Le III/58e prend pour la nuit les dispositions suivantes :
La 9e compagnie (Cap. Rourissol) couvre le bataillon face à l'est et au NE. Ses sections, en ligne entre le cimetière et le ruisseau de Lagarde, le Chanteraine, creusent des tranchées.
La 10e compagnie (cap. Candau) bivouaque à environ 100m en arrière et à droite de la 9e compagnie.
La 11e compagnie (cap. Chaud) a 2 sections déployées au NO du cimetière, 1 autre au NE et 1 autre au SE.
La 12e compagnie (Cap. Carnoy) qui n'a que deux sections tient la lisière NO du village au carrefour Xures-Ommeray.
Mais l'attente passive et l'inquiétude sont favorables aux libations. Certains commandants de compagnie ont laissé leurs hommes pénétrer dans les maisons de Lagarde, dans la nuit, d'où quelques cas d'ivresse. A la pointe du jour, on fait le café dans trois compagnies du 40e RI. Malgré la fatigue, la faim, le froid de la nuit dans des vêtements mouillés, tout le monde se trouve au jour, en excellente forme. Le repli allemand n'est que tactique et cette même nuit, à Dieuze, les généraux décident de lancer une contre-attaque. En raison du dispositif des Français et des difficultés dues à la configuration du terrain, une attaque de nuit sur Lagarde est exclue car dangereuse.
En attendant le matin, les chasseurs allemands d'Aschaffenurg creusent des tranchées de tir. Une action commune est convenue entre l'infanterie et la cavalerie. Une batterie d'obusiers du 8e RA les appuiera en prenant position sur les hauteurs qui domine le village.
L'intention allemande, est d'attaquer de front, puis couvert par l'artillerie, d'assaillir Lagarde et ses occupants par le flanc. A 6h du matin, Castelnau, commandant la IIe armée, énervé, envoie à Espinasse, commandant le 15e corps, le message suivant :
"L'opération sur Lagarde fut organisée entièrement par l'Etat-Major de la 2e DC sans m'en référer. Je l'aurais interdite. Je ne l'appris que le 10 août vers 22h par un compte-rendu téléphonique reçu par mon chef d'Etat-Major (3. Je donnais aussitôt l'ordre de replier immédiatement les deux bataillons ainsi lancés en avant. Je pris moi-même le téléphone pour confirmer les instructions et mon chef d'Etat-Major me supplia d'accorder un délai pour deux motifs. En premier lieu les troupes entrées à Lagarde étaient exténuées et hors d'état d'enreprendre une nouvelle marche de nuit de trois heures environ. Elles venaient à peine d'achever leur installation et commençaient à se reposer. Ensuite un repli immédiat, après ce succès, les atteindrait dans leur moral. J'eus le tort d'accéder à cette demande, ce que je ne fis d'ailleurs que parce qu'on m'assura que les précautions les plus minutieuses étaient prises. Bref, j'accordais le delai demandé mais sous la condition expresse que le repli commençât le 11 à 4h, dernière limite. Vous savez que cet ordre na pas été exécuté puisqu'à 8h le mouvement n'était même pas amorcé et que l'attaque commença vers 9h. Je ne me suis jamais pardonné cette concession." 4)
Il n'y a que 4km qui séparent Lagarde de Xures, position de repli, donc moins de trois heures. Les marches et contre-marches ont été si nombreuses qu'une de plus aurait été bienvenue.
On le fera bien le 19 à Kerprich !
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2) le capitaine Rourissol au colonel Jaguin du 58e RI
3) Général Anthoine
4) Calliès (Carnet de guerre)
18 mars 2009
LA BATAILLE DE LAGARDE 1/5
Par Maurice MISTRE
Récit reconstitué
LA BATAILLE DE LAGARDE 1ère partie
LA VIE PRECEDANT LE COMBAT
Dans les jours qui précèdent la déclaration de guerre, en Lorraine annexée, à Lagarde, comme de part et d'autre de la frontière, l'opinion publique est partagée : les uns croient à la guerre, les autres non.
A Martincourt, un château-ferme appartenant à un prussien, situé à une portée de fusil de la frontière et de la forêt de Parroy, emploie, comme moissonneurs, des vétérans de l'armée allemande, parmi lesquels des sous-officiers, au nombre d'une trentaine. Ce sont des Polonais, plus exactement des Allemands annexés ou Prussiens orientaux, une partie de la Pologne formant la Prusse Orientale.
Ces vétérans circulent fréquemment et librement dans le pays français et notamment en forêt de Parroy. Ils seront, en cas de guerre, d'excellents guides à travers ces bois très marécageux, impraticables sans leur concours, à une armée d'invasion. En effet la forêt permet d'arriver en deux heures, à cheval, jusqu'à Lunéville, où sont en garnison la 2e division de cavalerie et le 2e bataillon de chasseurs.
Fin juillet, les bruits de guerre s'intensifient, les premières mesures sont prises pour parer à toute éventualité.
Le mardi 28 juillet, à Xures, à quelques centaines de mètres de Martincourt, des garde-frontières français, munis de cartouches à balles réelles, font le guet. Pour ne pas être en reste, le mercredi apparaissent autour de Martincourt, des sentinelles allemandes. Dans la nuit du 29 au 30 juillet, un détachement du 7e régiment de Dragons allemands arrive à Lagarde.
Le jeudi 30 juillet, les réservistes de Martincourt sont rappelés par un cycliste. Un premier incident se produit à la frontière : dans l'après-midi, deux officiers allemands (le capitaine Freichelt et le sous-lieutenant Von Faber, tués plus tard) appartenant au régiment de chevau-légers de Dieuze, parcourent 250m en territoire français. Un marinier pense qu'ils ne savent pas où ils se trouvent et le leur rappelle poliment. Ils lui rient au nez.
Au préposé de la navigation, M. Nicolas, qui intervient, ils crient :"Ferme ta gueule, sale tronche de Français." M. Nicolas soulève sa casquette et répond : "Félicitations pour votre bonne éducation, Messieurs !" De retour de leur "promenade frontalière encore pacifique" au château, avec trois voyageurs de passage, ils trinquent à la paix en tournant en dérision la chose.
Le vendredi 31 juillet, dans la soirée, on annonce à Lagarde que le bétail doit être gardé à l'étable, alors qu'à Xures il est encore laissé en liberté. La moisson, elle, continue. Les patrouilles allemandes se rendant à la frontière se multiplient. Discrètement, l'Allemagne mobilise, et la France le fera le lendemain !
Samedi 1er août, à 5h du matin, on se renseigne à Lagarde pour savoir si c'est la mobilisation, à quoi on répond par la négative, mais les réservistes ont été rappelés dans la nuit, subrepticement. Les voitures et le bétail sont réquisitionnés et doivent être livrés à Dieuze à 9h.
A 9h, les Polonais partent de Martincourt avec les chevaux qui seront vendus avec le bétail.
Le dimanche 2 août après-midi, à Coincourt, village français, à quelques kilomètres au nord ce Lagarde, alors que les Lorrains moissonnent, une patrouille de cavaliers allemands sort du bois de Moncourt à toute allure et fait une incursion en France. Un grave accrochage se produit à leur retour. La patrouille allemande qui était allée jusqu'à la Fourrasse revient au galop. Les dragons de Lunéville les interceptent. Deux cavaliers allemands sont tués par les douaniers de Coincourt. Ils seront inhumés, le lendemain, au cimetière d'Einville avec les honneurs militaires.
Le lendemain 3 août, l'Allemagne déclare la guerre à la France. Les premières escarmouches se produisent. De nombreuses patrouilles partent de Martincourt. Son propriétaire transmet son affaire à son régisseur Schiffmann et s'enfuit, craignant d'être arrêté immédiatement comme espion par les Français.
Mardi 4 août, un sous-lieutenant et quatre cavaliers français investissent Martincourt, ils fouillent toute la maison et emmène Schiffmann et quatre Polonais.
Mercredi 5 août, le 15e corps d'armée de Provence commence sa concentration : le 19e régiment d'artillerie et le 40e régiment d'infanterie quittent Nîmes. A Avignon à 20H50, c'est le 1er bataillon du 58e RI qui s'en va pour la Lorraine, les deux autres le rejoignent le lendemain.
Vendredi 7 août, ces premiers éléments du 15e corps débarquent à Vézelise. Le soir, le 1er bataillon du 40e RI cantonne à la ferme Leomont (Saffais), le 2e à Velle et Haussonville,le 3e à Vigneulles-Barbonville ; les 1er et 2e bataillons du 58e RI à Ferrières, le 3e à Saffais ; le 19e RAC est à Haroué. Ils sont mis à la disposition de la 2e division de cavalerie comme corps de couverture.
Les renseignements de l'Etat-Major de la 2e division de cavalerie indiquent que l'ennemi occupe par des éléments légers de cavalerie la ligne générale Vic, Moyenvic, Juvelize, Bourdonnay, Lagarde, le bois de la Garenne, Avricourt. Il a barricadé des localités en arrière de ce masque de cavalerie ; il occupe par des détachements d'infanterie Château-Salins, Marsal, les croupes au nord de Juvelize, de Marimont-Château, du bois de la Garenne.
Le 9 août, vers 6h, le 10e groupe cycliste est accroché par des éléments étrangers aux alentours de Lagarde. A 8h45, le chef de bataillon Boussat, commandant le 2e BCP écrit au général Lescot, commandant la 2e division de cavalerie et lui conseille : "d'organiser solidement le front Moncourt, bois de la Haute croix, Lagarde cote 283... L'ère des reconnaissances est close : il faut prendre carabines et fusils". 1)
Lescot prêtera une oreille attentive à cet avis !
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1) JMO 2e BCP
10 mars 2009
Un livre : EMILE CARRIERE, Un professeur dans les tranchées
Sorti en mars 2006
Titre : EMILE CARRIERE - Un professeur dans les tranchées 1914-1916
Carnets et correspondances
Edités et présentés par Daniel CARRIERE , son petit-fils
Editeur : L'Harmattan, Graveurs de Mémoire
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Emile Carrière et son groupe de renfort, quittent Nîmes le 24 août 1914, pour retrouver le 40e R.I. près de Mont-sur-Meurthe. Emile est affecté à la 6° Cie de ce régiment.
Dans ses carnets, il décrit le quotiden des soldats, le ravitaillement, ses impressions sur les villages traversés, les combats : Mogneville, Vassincourt, Esnes... tout ces lieux où les troupes du XVe corps d'armée ont vaillamment lutté...
Sommaire :Professeur agrégé de chimie, d'origine cévenole, Emile Carrière, a 32 ans en 1914 lorsqu'il est mobilisé comme soldat fantassin de 2ème classe sur le front de l'Est. Anticipant sur une possible disparition, il désire laisser à son épouse et à ses enfant le récit de la guerre vue des tranchées et des villes ou villages qu'il parcourt avec son régiment....
Carnets et lettres transcrits par un de ses petit-fils, Daniel Carrière et d'autres membres de sa famille, "afin de préserver ce fragment de la mémoire familiale... en en transmettre l'héritage".








