26 février 2009
ECLAIREUR DE NICE - 26 février 1915 - CHEVILLON (fin)
Suite au décès du sous-lieutenant CHEVILLON :
22 février 2009
Poème : LES ENFANTS DE PROVENCE
Poème de C.F.
En l'honneur de Frédéric CHEVILLON
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LES ENFANTS DE PROVENCE
Ils vont la tête haute et la chanson aux lèvres.
Leur âme en fleur frémit dans leur regard ardent.
Depuis dix mois leur sang connaît les nobles fièvres
Et là-haut dans l'Argonne ils meurent en riant.
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Ils l'ont quittée, ô douce terre de Provence !
Au soleil, au ciel bleu, l'adieu fut sans regret
Puisqu'ils partaient sous les drapeaux de notre France
Et qu'un grave devoir ailleurs les appelait.
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Pourtant quelqu'un un jour osa les méconnaître
Tous ces héros obscurs alignés sur le front.
Du fond d'un tranchée on vit alors paraître
Un marseillais tout prêt à relever l'affront.
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Sous l'averse de feu, le képi sur l'oreille,
Il courut droit à l'ennemi, comme un lion.
Il criait : "Vive France !" et puis "Vive Marseille !"
Un obus l'arrêta ! Gloire à toi Chevillon.
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21 février 2009
21 février - Hommage à Fréderic CHEVILLON
Fréderic CHEVILLON, sous-lieutenant au 132e R.I.,
Mort pour la France le 21 février 1915 aux Eparges (Meuse)
Né à Marseille le 12 janvier 1879
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L'ECLAIREUR DE NICE 23 février 1915
Tiré de l'éloge funèbre prononcé par le Président Paul Deschanel :
"...Député des Bouches-du-Rhône,... sa conduite héroïque, son enthousiasme juvénile, sa témérité devant le danger, sa mort digne des héros de l'antiquité illumine de gloire tout le département, il était bien la synthèse de l'âme latine et provençale, il était bien le symbole de tout ce midi, si vaillant, si spontanément généreux dont les fils ont fait si noblement leur devoir.
Fréderic Chevillon comme tant d'autres des ses collègues aurait pu se consacrer aux travaux parlementaires,il préféra faire son devoir devant l'ennemi et montrer au sénateur Gervais, de quelle façon mouraient pour la France et la République les soldats du XVe corps.
Dès le commencement de la guerre, il part comme simple soldat. Quelques jours après, avec trois camarades, il reconnaît un village ennemi à six kilomètres de nos lignes. Il est nommé caporal et cité à l'ordre du jour. -(voir A)
Promu sous-officier, puis officier, il est cité encore, mais cette fois, à l'ordre du jour de l'armée et proposé pour la légion d'Honneur : "Très belle attitude au feu. A fait preuve d'une bravoure, d'un calme et d'un sang froid indiscutables", dit le Journal Officiel."
Source : Livre d'Or des enfants de Cabannes guerre 1914-1918
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-(A) Le 1er août 1914, le député CHEVILLON s'engage comme simple soldat au 44e R.I.T. en même temps qu'André MAGINOT, député de la Meuse. Sur leur demande, ils sont affectés dans une des compagnie qui tient les avant-postes. Ils y retrouvent Léon ABRAMI, député du Pas-de-Calais. Tous les trois prennent part à de nombreuses reconnaissances chargées de renseigner le commandement sur les positions ennemies.
André MAGINOT est rapidement convaincu que la constitution d'un groupe de reconnaissance permanent, avec des éléments soigneusement choisis et un effectif suffisant pour qu'à tout moment une patrouille soit disponible, est une solution à mettre à l'épreuve.
La "patrouille Maginot" est rapidement formée. Elle comprend 20 soldats, sous les ordres de Maginot. Son siège est au village de Bezonvaux.
C'est le 26 août 1914 que la première sortie de la patrouille a lieu, chargée de reconnaître Maucourt et Mogeville, pour savoir si, suite à la prise d'Etain, les détachements de cavalerie ennemie n'avaient pas occupé ces villages : cette première mission est si bien remplie que Maginot, Chevillon et Abrami y gagnent leurs galons de caporaux.
A partir du 28 septembre 1914 on retrouve le nom du S/Lieutenant Chevillon sur l'ordre de bataille du 132e R.I..
Pour en savoir plus : http://www.pbase.com/vfortin/image/26244057
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L'ECLAIREUR DE NICE du 26 février 1915 relate l'hommage rendu au Député par ses condisciples.
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JMO du 132e R.I.- ETAT DES PERTES LE 21 FEVRIER 1915
14 février 2009
Louis MO - ECLAIREUR 14 février 1917
A la mémoire
de
Louis Jean MO - 112e R.I.
né à Nice, le 5 novembre 1893
MORT POUR LA FRANCE le 21 décembre 1916
L'ECLAIREUR DE NICE 14 février 1917
La tombe de Jean MO au cimetière militaire de Nice (Caucade)
Le jour ou cette photo a été prise, trois personnes de la famille de Jean MO se recueillaient devant sa tombe avec beaucoup de ferveur et ont parlé de lui avec beaucoup d'affection.
Il est très émouvant de constater que le souvenir de ce soldat mort il y a 92 ans est toujours présent dans le coeur de sa famille.
04 février 2009
Soldats du Midi et femmes lorraines
Etude de :
Maurice Mistre
Auteur de "La Légende Noire du 15e Corps"
SOLDATS DU MIDI ET FEMMES LORRAINES
Ils avaient 20 ans et sentaient le chêne vert et la farigoule, aqueli drolles, mais leur arrivée en Lorraine, dans ces contrées étrangères pour eux, dénote le peu d'intérêt pour la gent féminine et réciproquement ! Enfin c'est ce que l'on ne peut pas lire dans leurs carnets ! Ces femmes de Lorraine annexée devaient se méfier de ces soldats qui baragouinent en patois et lorsqu'ils parlent en français, le font fort et vite et avec un accent déplorable !
...sans compter les gestes.
Un caporal de la 11e compagnie du 58e R.I d'Avignon, dans Lagarde, le 10 août 1914, écrit:
"La porte s'ouvrit aussitôt et nous vîmes trois femmes à genoux, nous implorant de ne pas leur faire de mal. Elles causaient parfaitement le français.
Nous leur expliquâmes le but de notre intrusion dans leur demeure. Sans que nous ayons eu besoin de les interroger, la plus jeune nous déclara que malgré notre bombardement et notre avance, elles n'avaient pas voulu fuir, car elles avaient eu confiance en nous; elle ajouta "notre Grand-père était Français; nous sommes Allemandes par la force des choses, mais notre coeur est français."
Le 16 août, dans le même village, un sous-lieutenant de la 2e compagnie du 6e BCA de Nice, rajoute :
"Je rencontrai une bande de femmes en proie à une terreur folle. Réfugiées dans leurs caves depuis trois jours, elles avaient entendu, du fond de leur retraite, les échos du combat sanglant qui se déroulait dans le village. Assistant à la victoire successive des Allemands et des Français, elles ne savaient plus que penser ni que dire, et nous regardaient d'un oeil hagard, sans oser ouvrir la bouche".
Un adjudant du 3e RAL, le 18 août, à Bourdonnay, note leurs positions ambiguës :
"Il y avait une jeune femme dans cette maison qui pleurait constamment à chaudes larmes parce que son mari mobilisé, évidemment dans l'armée allemande serait obligé de se battre en premier contre nous car il paraît que nos barbares ennemis ont la bonne précaution de mettre au premier rang ceux de l'Alsace et de la Lorraine".
Confirmé le 19 août, par un brancardier du 58e RI, à Saint Médard :
"Je me rappelle la réponse de ces femmes à qui l'un de nous dit en riant : "Ils sont beaux, hein ! les Français. Vous êtes contents de les voir ?" - "Oh, oui, répondirent-elles ; mais vous aller tuer nos gars".
Et par ce soldat du 40e RI de Nîmes, à Marsal :
"Je revois encore à la fenêtre d'une grande et riche maison de Marsal, deux visages de femme, la mère et la fille sans doute, qui pleuraient de rage à la vue des pantalons rouges".
Cette attitude rend méfiant un infirmier de la 3e compagnie du 58e RI, à Blanche-Eglise :
"J'entre donc et demande du lait. Deux femmes, encore assez jeunes, s'empressent, à mon grand étonnement, de m'apporter un grand bol d'un pot de lait. Je déguste un premier bol et lui trouve un goût bizarre... une des deux femmes, en me versant un second bol, m'engage à le boire pour me réconforter ; malgré mes soupçons, je me laisse tenter. Puis, ce fut un troisième bol, c'est si bon du lait ! Quand on ne sait pas si on aura quelque chose à manger dans la journée et surtout si le temps ne manquera pas pour faire un repas, même des plus simples ! Mais mon étonnement devant l'amabilité de ces deux Lorraines devait se changer en véritable crainte lorsque le moment de payer venu, l'une d'elles me dit "ça fait 16 pfennigs" (4 sous) et, comme je m'étonnais que ce fut si bon marché, elle me dit "oh, nous ne compterons pas le 3ème bol ! " Je paye et sors sans commentaire, mais une fois en route, et réunissant tous ces faits, je trouvai bizarre cette insistance que ces femmes avaient mise à me faire boire ces trois bols de lait, ce mauvais goût qui dominait, ce prix modique qu'elles m'avaient fait payer et je pensai que, certainement, j'étais empoisonné... Par bonheur il n'en fut rien ! ...
En tous cas, cet épisode ne ralentit pas son baratin :
"Quelques jeunes filles, blondes comme toutes les Lorraines, nous apportent dans des paniers, des poires et des prunes qu'elles nous offrent gentiment pour calmer notre soif, aucun de nous ne se fait prier et, tout en mangeant, l'on entame la conversation sur un ton plein de gaieté. Cependant l'une d'entre elles a l'air triste et inquiet, elle ne sourit pas et, par sa mine triste et affligée, inspire la pitié ! ...
"Eh bien ! Mademoiselle, lui dis-je, vous ne souriez pas, vous n'avez pas l'air contente, n'êtes vous pas heureuse de l'arrivée des Français ?" "Et comment voulez-vous que je sois heureuse de l'arrivée des Français ? Que m'importe que ce soit les Français ou les Allemands qui soient victorieux !... Et comme je bondis d'indignation, elle poursuit, me calmant d'un geste résigné : "J'ai deux frères qui se battent pour la France et un pour l'Allemagne : ils viennent de s'entretuer. Pour qui donc voulez vous que je fasse des voeux ?..." Une autre jeune fille était dans un cas analogue, et je ne pus que déplorer cette fâcheuse situation.
Il continue son étude" de la psychologie féminine en territoire occupé ? libéré ? :
"... Je me rends aussitôt chez la marchande de miel : je trouve là une femme d'une quarantaine d'années, le regard haineux, qui tout en nous vendant son miel, murmure entre ses dents "J'avais bien juré tout de même, quand j'ai fait ce miel, que je n'en donnerais jamais aux soldats français !". Indigné, je lui demande la raison de ce serment inconcevable. "Mais, Monsieur, vous allez me tuer mon fils qui est dans les rangs de l'armée allemande". Evidemment, il n'y avait rien à dire contre ce sentiment maternel bien compréhensible, nous avions beau être Français et lui apporter la délivrance, nous n'en étions pas moins peut-être les bourreaux de son fils ! d'autant qu'à son avis, peu lui importait d'être française ou allemande, elle avait grandi sous le régime allemand et ne désirait aucunement devenir Française".
Pourtant la veille à Donnelay, un capitaine de la 2e batterie du 19e RA de Nîmes n'avait pas eu à se plaindre :
"Arrivés sur l'autre rive, les habitants de Mulcey nous font fête. Une femme demande à embrasser le premier officier français qui se présente, c'est moi et je m'exécute de bonne grâce : il peut être 17h".
Le capitaine d'artillerie, lui, poursuit sa virée dans Dieuze, le 20 août :
"C'est un riche propriétaire habitant une belle maison en face de l'hôtel de ville. Sa femme, grosse boulette de 45 ans, vive et alerte, nous sert. Ils sont très français et ne cachent ni leurs sympathies, ni leurs espoirs, ni leurs craintes au cas où les Allemands reviendraient. Lui a été Maire de Dieuze et révoqué en raison de ses sentiments francophiles; "S'ils reviennent, mon mari sera fusillé" dit la femme".
Il est vrai qu'ils n'étaient pas venus pour faire de l'ethnologie mais ils découvrirent l'anthropologie plus généralement , eux qui survécurent à la terrible boucherie inhumaine.
M.M















