Henri VillaRéal

HOMMAGE AU XVème CORPS

Silence aux bavards

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Il est un tas de gens qui d'après eux pratiquent

Le culte du drapeau et l'amour du pays,

Mais tout en demeurant à l'aise à leur logis,

Au lieu d'aller là-bas, que font-ils ? ils critiquent

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Certes, ils vous citeront la retraite de Dieuze,

Où d'après eux, nos fils auraient lâchement fui.

Ont-ils vu pour parler de façon si honteuse,

Faucher nos régiments par surprise ou trahis ?

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C'était à des canons vomissant la mitraille,

Qu'ils avaient à répondre, et non à des soldats,

Pourquoi donc osez-vous narrer cette bataille,

Puisque inapte ou prudent vous n'y assistiez pas.

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Harassés, tenaillés par une soif terrible,

Tombant à chaque instant vaincus par le sommeil

Et sans armes, servant de cible.

Etes-vous restés là sous le brûlant soleil ?

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Sur les Vosges l'hiver au milieu de la neige

Endurant les rigueurs du froid pendant la nuit,

Nos provençaux veillaient. Vous Messieurs les stratèges,

Vous étiez dans vos lits, loin des coups, loin du bruit.

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Plus tard on pourra voir sur des pages de gloire

Ce qu'ont fait sur le front les soldats du Midi,

Leur nom resplendira flamboyant dans l'Histoire

Et sera glorieux, bien que par vous sali.

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Nos frères et nos fils, les enfants de Provence

Furent et sont toujours  où tonnent les grands coups.

Avez-vous enduré quelques maux pour la France ?

Non ! et bien dans ce cas, un conseil :

Taisez-vous !